Suite au scandale de surveillance américain, le président d’Atos milite, avec d’autres patrons de l’informatique, pour un nouveau cadre législatif de traitement des données personnelles.

Permettre une circulation libre des données au sein des états européens, mais empêcher toute fuite vers les autres pays, voilà ce que proposera Thierry Breton, président d’Atos, vendredi prochain au président François Hollande, puis la semaine suivante à la chancelière allemande Angela Merkel, dans le cadre d’une consultation sur la protection des données personnelles en Europe. Il est aidé dans cette démarche par Jim Hagemann Snabe, président de l’éditeur SAP, ainsi que trente autres patrons de l’informatique. « Les données, c’est de l’or numérique. Leur exploitation va créer de l’énergie, des emplois, etc. Il faut que l’Europe protège les données de ses compatriotes. Comme on le fait pour Schengen, il y aura la liberté totale des données d’un pays à un autre. Pour l’extérieur de l’Europe, il faut que ces données soient stockées et traitées sur le territoire européen, pour pouvoir les contrôler », a expliqué Thierry Breton sur les ondes d’Europe 1, ce matin.

Avec l’affaire Prism, la protection des données personnelles est repassée au premier plan des préoccupations, tant pour les citoyens européens, que pour les entreprises. L’idée d’une meilleure protection des infrastructures et des données européennes refait donc surface, et de nombreuses sociétés de l’informatique essayent maintenant de saisir la balle au bond. En Allemagne, par exemple, plusieurs fournisseurs de services email ont récemment noué un partenariat technologique pour sécuriser davantage les flux de communications. A première vue, la proposition de Thierry Breton et Jim Snabe semble intéressante, mais il faudrait en connaître les détails pour réellement pouvoir l’apprécier.

Au niveau européen, il existe déjà une directive relative à la protection de données personnelles depuis 1995. Début 2012, la Commission européenne en a proposé une vaste réforme, pour renforcer encore plus les droits des citoyens. Son adoption est en cours. En juillet, Angela Merkel – qui est actuellement en campagne électorale – a proposé un cadre législatif plus strict concernant le traitement des données personnelles par les entreprises, avec à la clé une harmonisation des règles entre les 28 pays membres.   

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Prism: l’Europe veut « sanctuariser » les données privées de ses citoyens, le 19/07/2013
Données personnelles : le conseil de l’Europe propose d’augmenter les contrôles, le 12/06/2013

Source :

L’interview de Thierry Breton