Paris accueillera dès 2016 « le plus grand incubateur du monde ». Un nouveau temple pour startups financé à hauteur de 90 ou 95% par Xaviel Niel.

Dernière manifestation d’une vision libérale à l’américaine où les milliardaires de la high tech investissent dans l’innovation future et l’éducation, le projet de « méga incubateur numérique » financé majoritairement par Xaviel Niel a franchi une étape cruciale hier, mardi 24 septembre 2013. C’est en effet la première de cet incubateur qui a été posée dans la halle Freyssinet du XIIIe arrondissement parisien, concomitamment à la signature du protocole entre l’impulseur du projet, Xavier Niel, la Caisse des Dépôts et la mairie de Paris.

Projet tripartite

l’incubateur avec Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la Caisse des dépôts, qui participera au financement du projet à hauteur de 5 à 10%, « symbolisant la présence de la puissance publique dans ce projet ».
Le fondateur de Free et actionnaire du Monde financera personnellement le reste du projet chiffré à 150 millions d’euros. Il a précisé que « toutes les bonnes volontés sont les bienvenues » pour investir dans ce projet – « et j’espère qu’il y en aura ». « J’ai eu la chance de gagner beaucoup d’argent dans ces métiers du numérique, et j’ai envie d’aider les jeunes à se lancer dans ces métiers », a-t-il indiqué pour expliquer sa démarche.

La mairie de Paris, qui rachète la halle Freyssinet et ses alentours immédiats à la SNCF et revendra le bâtiment au consortium Niel/Caisse des dépôts pour 70 millions d’euros, a également signé le protocole. « Ce sont eux (M. Niel et M. Jouyet) les contractants, qui se marient aujourd’hui… Mais je suis leur témoin », s’est amusé le maire de Paris Bertrand Delanoë.

Le projet architectural de 30.000 m³ a été dévoilé par son architecte Jean-Michel Wilmotte. L’histoire ferroviaire du lieu sera rappelée par la présence de containers qui abriteront des bureaux et salles de réunion. Des espaces seront réservés au « coworking » et à un « fablab » – lieu mutualisé où sont mis à disposition des outils innovants très couteux, comme des imprimantes 3D. Au total, un millier de start-up seront regroupées dans ce lieu qui comprendra également un restaurant, et dont 1 200 m2 seront occupés par des acteurs publics, comme la BPI.

 

Les alentours de la halle, classée monument historique, seront aménagés par la mairie de Paris. Un ensemble de 200 à 250 logements devrait être réalisé en vis-à-vis de l’incubateur. « On attend un retour en matière d’emploi et sur l’économie parisienne », a indiqué la première adjointe au maire et candidate PS aux municipales Anne Hidalgo. L’adjoint au maire chargé de l’innovation Jean-Louis Missika a lui souligné que « ce projet va permettre d’attirer des créateurs d’entreprises internationaux », exprimant son souhait que « sorte de cet endroit le Google ou le Facebook français ». Le permis de construire devrait être déposé à la fin du mois de novembre, les acteurs du projet espérant commencer les travaux – qui vont durer 24 mois – en juin 2014.