Le Projet Olympus permettra d’ici à la fin de l’année de déployer simplement une infrastructure IaaS, sur la base de technologies issues de la Nasa.

Citrix aura bientôt un kit pour construire un cloud IaaS, Pour l’heure connu sous le nom de Projet Olympus, ce logiciel transforme un centre de données vierge en une infrastructure capable de lancer des serveurs et du stockage virtuels à la demande. « En clair, il s’agit du nécessaire pour recréer un Amazon EC2 à demeure. Sont visés les grandes entreprises, bien sûr, mais aussi, surtout, les hébergeurs, dont le nombre ne cesse d’exploser en Europe comme aux USA pour proposer toujours plus d’offres de cloud publics et privés », indique Gord Mangione, vice-président en charge des centres de données chez Citrix.

Préinstallé sur de futurs racks de Dell et de Rackspace, Projet Olympus sera une solution basique. Pour être pleinement opérationnelle, il faudra l’accompagner de modules tiers. Citrix cite la console d’administration de RightScale, le système de cloisonnage et d’antivirus Deep Security de Trend Micro et même les plateformes applicatives de GigaSpaces et Engine Yard. Celles-ci serviront à exécuter dans le cloud Citrix des applications Java, Python ou Ruby capables de répartir leurs charges de travail sur plusieurs machines virtuelles.

Le projet Olympus devrait être commercialisé d’ici à la fin de l’année.

Un projet Open Source déjà connu

En réalité, le Projet Olympus ne sera qu’un packaging d’OpenStack, le kit open source que la Nasa et Rackspace ont lancé l’année dernière. Citrix y ajoute essentiellement son hyperviseur, XenServer, et des connecteurs vers ses solutions de bureau distant.

Outre Cisco, Intel et Dell, la liste des autres développeurs d’OpenStack comprend un concurrent de Citrix, Canonical. Ce dernier, éditeur du Linux Ubuntu, fournit déjà un kit pour déployer automatiquement une infrastructure cloud IaaS. Sa solution, Ubuntu Enterprise Cloud (UEC), est déjà proposée avec les racks Dell. Elle reposait initialement sur le moteur open source Eucalyptus, mais Canonical a décidé de basculer sur OpenStack au début de ce mois de mai. Problème, avec OpenStack, les entreprises ont perdu la possibilité de déplacer des machines virtuelles entre un cloud UEC et l’EC2 d’Amazon.

« L’incompatibilité au niveau des machines virtuelles entre deux offres de cloud n’est pas si importante, car ce que les entreprises attendent, c’est surtout de pouvoir migrer leurs applications et leurs données entre différents clouds », commente Gord Mangione.

Pas vraiment d’interopérabilité prévue

Justement, Citrix aura profité de son salon Synergy pour lancer NetScaler Cloud Bridge, un module qui place les applications stockées en cloud sur le même réseau virtuel que le centre de données local. Il devient par exemple possible d’enregistrer les données d’un CRM local dans la base de données d’un ERP en ligne. NetScaler Cloud Bridge se charge par ailleurs de chiffrer tous les échanges.

En revanche, NetScaler Cloud Bridge, contrairement à ce que son nom suggère, ne permet pas d’avoir un cloud hybride, où les machines virtuelles passent d’un cloud privé à un cloud public selon les charges de travail nécessaires et les ressources disponibles.

Gord Mangione élude le problème : « les technologies open source comme celles d’OpenStack ont l’ambition de proposer des standards librement utilisables par tous les fournisseurs. S’ils les utilisent tous, alors tous les clouds IaaS deviendront interopérables. »

Il n’empêche, les principaux fournisseurs d’infrastructure en cloud que souhaitent concurrencer Citrix et Canonical sont Microsoft et VMware. Et leurs technologies sont tout sauf Open Source.