Depuis cinq années, l’ancien DSI de Casino – après des passages chez Total et Air France – s’est mis en quête de missions, temporaires mais passionnantes. DSI de transition, une posture qui demande autant de disponibilité en temps… qu’en esprit !

Ce qui frappe, dès les premiers échanges avec Jean-Luc Galzi, c’est son souci de valoriser un capital de savoirfaire accumulé depuis près de 40 ans dans les directions informatiques de plusieurs grands groupes français. Dès le début de sa carrière, il s’est démarqué par sa volonté farouche de se fabriquer, pour ses 40 ans et au-delà, un CV qui le rendrait vendable, même devenu DSI senior.

« J’ai une formation académique aux Ponts et Chaussées, explique-t-il. Je l’ai complétée par un Master en sciences obtenu au MIT, ce qui m’a permis de donner très vite une dimension business et internationale à ce CV ».
Ses premiers postes confirment la tendance : responsable d’une unité de production dès 25 ans chez Total, puis Air France pendant 14 ans, dont trois passés à lancer le consortium Amadeus, pour une première immersion, bien avant la globalisation des équipes informatiques, dans une organisation multiculturelle.

En 1997, c’est le grand saut. Il devient d’abord CIO du PMU puis rejoint deux ans après le groupe Casino à Saint-Etienne en tant que DSI.
« Après des années, un peu engoncé dans des univers très réglementés, la grande distribution cochait toutes les cases pour moi qui recherchais la réactivité, le droit de tenter et de me tromper. J’ai vécu pendant huit ans la vitesse, la pertinence économique, l’audace, sur des projets de logistique, d’approvisionnement ou encore de traçabilité ».

Après une première expérience de conseil indépendant en 2008 et un dernier job de patron des applications chez Schneider Electric, il décide en 2014 de sauter le pas et de quitter définitivement le salariat comme manager de transition.
« J’ai fini par comprendre que je voulais pouvoir prendre des risques, pour créer de la valeur. Or si vous êtes toujours à vouloir protéger vos acquis dans un CDI, vous n’osez plus bouger. Au contraire, les entreprises qui me sollicitent aujourd’hui veulent du changement et que je le porte ».

Jean-Luc Galzi prévient : il faut aussi se montrer disponible, et notamment être mobile : « je réside dans le sud de la France, mais toutes mes missions se déroulent en région parisienne, généralement sur 6 mois avec de fréquentes prolongations. Il faut donc s’organiser ». Mais il confesse aussi un état d’esprit différent dans son rapport au temps et à l’argent : « je recherche un équilibre qui ne m’incite pas à courir après les enchaînements de mission ».
Car il a désormais fait le choix… d’être patient. Pour trouver sa prochaine mission, il utilise ses réseaux personnels, qui s’étoffent forcément avec l’expérience. Il est également référencé chez deux des grands cabinets de conseils en management de transition sur la place, à savoir Robert Walters et Valtus. « Il y a un jeu d’offres et de demandes, qui s’ajuste également par les tarifs demandés ».

Est-il bien payé au fait ? « Oui mais si l’on considère l’exigence de valeur ajoutée, c’est normal. Le DSI en place est menacé s’il transforme, moi je suis payé pour cela. C’est un contexte favorable pour un créatif ».

Quant à son image personnelle dans les entreprises qu’il rejoint pour ses missions, elle lui importe finalement peu par rapport à son souci de la valeur créée. « Il faut vite lever les ambiguïtés, car les équipes sont promptes à voir un faux nez dans votre venue, celui d’un remplacement à venir du DSI en place par exemple. Or ce n’est pas le cas. Il faut ensuite expliquer que l’insécurité du contexte n’est pas de votre fait, mais que vous êtes là pour la résorber. Une fois ces deux points éclaircis, la légitimité s’acquiert sur le terrain, par l’action ». Et de conclure sur une image médicale : « je ne cherche pas spécialement la reconnaissance personnelle et les effusions. Je suis un peu dans la situation du chirurgien, d’autant plus efficace qu’il garde de la distance ».

La Mini BIO de Jean-Luc Galzi

Depuis 2014 : DSI de transition (Galzi Consulting), référencé chez Robert Walters et Valtus. Missions dans des entreprises de tailles et de statuts – cotée, private equity, …
2009 – 2014 : SVP Applications Services, Schneider Electric
2008 – 2009 : Conseil indépendant
1999 – 2007 : CIO, Groupe Casino
1997 – 1999 : CIO, PMU
1983 – 1997 : Air France, Direction de projets IT et de transformation (Amadeus entre 1987 et 1990)
1980 – 1983 : Ingénieur de Production, Total

Formation
Ponts et Chaussées (1978) et MIT (Master of Sciences, 1978)

Portrait de Jean-Luc Galzi, DSI de transition référencé chez Robert Walters et Valtus. Portrait réalisé par François Jeanne