Gouvernance
IA et Digital Omnibus : le DPO, nouveau pivot stratégique des entreprises en 2026
Par La rédaction, publié le 03 février 2026
2026, c’est le moment où l’AI Act force les organisations à regarder leurs algorithmes IA en face. Une nouvelle réalité qui s’accompagne de la simplification attendue du RGPD avec le Digital Omnibus. le DPO devient le point de convergence entre tech, juridique et produit pour livrer une conformité « by design ». Il devient l’interface critique entre CTO, métiers et compliance pour industrialiser traçabilité, transparence et confiance. Décryptage…
Parole de DPO / Par Guillemette Songy, Privacy Officer chez Adequacy
Nous arrivons à un tournant historique pour la gouvernance numérique européenne. Si 2018 fut l’année de la prise de conscience avec le RGPD, 2026 sera celle de la maturité systémique. Face à l’entrée en application de l’AI Act et aux évolutions majeures portées par le Digital Omnibus, le rôle du Délégué à la Protection des Données (DPO) change radicalement de dimension. Il ne s’agit plus seulement de protéger la vie privée, mais de piloter l’éthique et la performance d’un patrimoine data devenu le cœur battant des entreprises.
Du gardien des données au stratège de l’IA
L’arrivée de l’AI Act impose une nouvelle grille de lecture. Désormais, le DPO doit sortir de sa zone de confort strictement juridique pour devenir un expert de la classification des risques algorithmiques. Identifier les systèmes à « haut risque », garantir la qualité des données d’entraînement et assurer une traçabilité totale ne sont plus des options techniques : ce sont les nouveaux piliers de la valeur de marque.
Dans ce contexte, le DPO devient le pivot central entre la direction technique (CTO), le juridique et les métiers. Sa mission ? Transformer la contrainte réglementaire en un avantage concurrentiel. Une entreprise capable de prouver la loyauté de ses algorithmes et la transparence de ses modèles gagnera la bataille de la confiance, là où d’autres s’enliseront dans l’opacité.
Le Digital Omnibus : simplifier pour mieux régner ?
Le projet « Digital Omnibus » promet d’harmoniser et de simplifier les strates législatives (RGPD, ePrivacy, IA Act). Si l’intention est louable, elle place le DPO face à un défi d’agilité sans précédent. L’intégration du « compliance by design » doit devenir un réflexe industriel.
L’enjeu de 2026 est clair : passer d’une conformité de réaction à une conformité d’anticipation. Cela passe par une documentation exhaustive et une cartographie des flux de données qui ne souffrent aucune approximation. Le DPO de demain est un « DPO augmenté » : un profil hybride, à l’aise avec les architectures cloud, les enjeux de cybersécurité et la souveraineté numérique.
Vers une éthique numérique créatrice de valeur
En conclusion, la mutation du DPO est le reflet d’un changement de paradigme global. Les organisations qui réussiront en 2026 seront celles qui auront compris que la protection des données n’est pas un frein à l’innovation, mais son socle. En garantissant l’équité, la transparence et la sécurité, le DPO ne se contente plus d’éviter des sanctions (pouvant atteindre 7 % du chiffre d’affaires mondial)… Il sécurise l’actif le plus précieux de l’organisation : sa crédibilité.
L’heure n’est plus à la simple gestion de registres, mais à l’incarnation d’une culture de la donnée responsable. En 2026, le DPO ne sera plus un centre de coût, mais le chef d’orchestre d’une transformation numérique durable.
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