Windows 11, l’OS qui a oublié l’utilisateur, peut-il être réparé ?

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Microsoft peut-elle vraiment « réparer » Windows 11 ?

Par Laurent Delattre, publié le 26 mars 2026

À force de pousser l’IA, les comptes Microsoft et les mauvais choix d’interface, Windows 11 a fini par casser quelque chose de plus grave que l’expérience utilisateur, la confiance. Les récentes promesses du nouveau patron de la division Windows, Pavan Davuluri, arrivent au moment où Apple, Google et Linux sentent enfin l’ouverture. Redmond doit prouver qu’il sait encore réparer son OS.

Windows peut-il être réparé ? La firme de Redmond en est-elle seulement capable ? La question mérite d’être posée alors que le nouveau patron de la division Windows, Pavan Pavuluri, vient de publier une lettre ouverte pleine de promesses. Microsoft n’avait plus évoqué aussi publiquement les problèmes récurrents de son système depuis fort longtemps, au moins depuis la sortie de Windows 10.

On le sait tous, Windows 11 souffre de nombreux défauts irritants et d’une image déficiente, aussi bien dans le grand public que dans le monde professionnel.
Pourquoi ? Parce que, comme pour Windows Vista, comme pour Windows 8, Microsoft a, avec Windows 11, une nouvelle fois, non seulement cherché à imposer une prétendue modernité et à « passer en force » au détriment des habitudes de travail des utilisateurs, mais a aussi œuvré à d’abord servir ses propres intérêts – et ceux de ses partenaires – plutôt que ceux de ses utilisateurs. Certaines leçons sont apparemment difficiles à intégrer…

Windows 11, un système en souffrance

Cela fait des années que Windows accumule les griefs. Des bugs quasi systématiques qui s’étalent sur les forums et réseaux sociaux à chaque mise à jour Windows Update (même si peu d’utilisateurs sont touchés), des plantages liés aux pilotes (certes moins nombreux qu’à l’époque Windows XP mais toujours existants), un Explorateur de fichiers devenu très poussif, une consommation mémoire très excessive, des reboots forcés lors des mises à jour, une barre des tâches figée en bas de l’écran sans possibilité de la déplacer (alors que c’était possible depuis Windows 95), une recherche lente et peu fiable… La liste est longue et la patience des utilisateurs à bout.

À cela s’ajoute ce que beaucoup désignent désormais sous le terme d’« enshittification » (que l’on peut traduire par « emmerdification ») : depuis Windows 10, Microsoft a progressivement transformé son système d’exploitation en surface de conversion commerciale pour ses propres services. Publicités déguisées pour OneDrive et Microsoft 365 dans les notifications, compte Microsoft obligatoire à l’installation, écrans promotionnels à répétition lors du premier démarrage (le fameux OOBE), widgets intrusifs servant plus de pubs que d’infos utiles… Avant même de pouvoir utiliser un PC qu’il vient d’acheter, l’utilisateur doit traverser un parcours du combattant conçu pour le pousser vers l’écosystème cloud de Microsoft. Windows n’est plus seulement un système d’exploitation : il est devenu un canal d’acquisition client pour tous les services de la firme.

Et cette dérive s’est encore aggravée avec l’IA. Depuis l’arrivée de Copilot, Microsoft a littéralement infiltré son assistant IA partout dans le système. Un bouton Copilot dans le Bloc-notes, dans l’Outil Capture, dans Photos, dans les Widgets, sur une touche dédiée du clavier, dans la barre des tâches… L’intégration a été à ce point précipitée et envahissante que le surnom « Microslop » est devenu le « même » le plus populaire de ce début d’année 2026 sur les réseaux sociaux. À force de vouloir faire de Windows un vecteur de promotion de l’IA générative, Microsoft a perdu de vue l’essentiel : la stabilité et la simplicité de ce qui reste le socle du PC et de nos activités numériques au quotidien.

Un tabou enfin brisé ?

Pourtant, le problème des pilotes défectueux et des mises à jour problématiques n’est pas nouveau. Par le passé, Microsoft a souvent cherché à corriger ces soucis et n’hésitait pas à en parler publiquement. Mais ces sujets sont devenus tabous depuis l’ère Windows 10.
La dernière fois que Microsoft a un tant soit peu abordé la question, c’est après le méga-plantage mondial provoqué par CrowdStrike en juillet 2024. Ce jour-là, une mise à jour défectueuse du client XDR Falcon a rendu plus de 8,5 millions de PC Windows inopérationnels à travers le monde, paralysant des aéroports, des banques, des hôpitaux. Si CrowdStrike était le responsable direct, l’incident a mis en lumière la fragilité structurelle de Windows face aux écrans bleus et aux pannes au démarrage. Cet épisode a provoqué une mini-crise interne chez Microsoft, engendrant l’annonce puis le développement de Windows QMR (Quick Machine Recovery), une fonctionnalité d’auto-réparation (« self-healing ») permettant à un PC incapable de démarrer de se connecter automatiquement au cloud via l’environnement de récupération Windows (WinRE) pour télécharger et appliquer un correctif ciblé, sans intervention physique d’un technicien. QMR, disponible depuis l’été 2025 sur Windows 11 24H2, constitue l’un des premiers résultats concrets de la Windows Resiliency Initiative lancée à Ignite 2024.

Mais depuis le début de l’année 2026, quelque chose semble avoir changé. Tout au moins en façade. Pavan Davuluri, le nouveau vice-président exécutif en charge de Windows et des Devices, a par deux fois adressé directement le sujet de la fiabilité et de l’image de Windows 11. D’abord fin janvier, dans un aveu surprenant : « Nous devons améliorer Windows d’une manière qui ait du sens pour les gens ». Puis, cette semaine, dans un long billet de blog intitulé « Our commitment to Windows quality », adressé aux Windows Insiders. L’homme s’y présente « en tant qu’ingénieur » et énumère une série d’engagements concrets. Forcément, venant de Microsoft, on se demande encore si c’est de la « comm’ » ou une prise de conscience. Rappelons qu’en novembre 2025, un billet du même Pavan Davuluri faisant la promotion d’un Windows comme d’un « agentic OS » avait cumulé 1,5 million de vues… et une avalanche très médiatisée de commentaires négatifs. Avec une idée phare : commencez donc déjà par réparer Windows avant de nous refourguer votre IA dont on ne veut pas !

Onze chantiers, un vrai plan… et un angle mort

Dans son nouveau billet, Pavan Davuluri articule sa feuille de route autour de trois piliers (performance, fiabilité, “craft” comprenez finitions) et de onze chantiers précis.

Côté performance, Microsoft promet une amélioration des performances système, des interactions applicatives plus fluides et réactives (via l’adoption généralisée de WinUI 3), un travail majeur d’optimisation de l’explorateur de fichiers (lancement plus rapide, navigation plus fluide, copies de fichiers accélérées), et une meilleure expérience WSL (la surcouche de compatibilité Linux au cœur de Windows). Microsoft promet aussi de réduire l’empreinte mémoire de base du système et de maintenir de meilleures performances même sous charge.

Sur le volet Fiabilité, l’éditeur s’engage à renforcer le programme Windows Insider (avec des builds de meilleure qualité et une meilleure transparence), à fortifier la fiabilité du système, des pilotes et des applications, à améliorer l’expérience Windows Update (possibilité de redémarrer ou d’éteindre sans installer les mises à jour, pauses plus longues, moins de redémarrages forcés) et à améliorer l’authentification biométrique Windows Hello. L’idée étant notamment d’insuffler dans Windows 11 grand public des améliorations sur les mises à jour jusqu’ici réservées à Windows Enterprise et Windows Server.

Sur le volet Finition (Craft), Microsoft annonce le retour tant attendu de la personnalisation de la barre des tâches (positions verticale, haute, latérale), une expérience utilisateur « plus focalisée, avec moins de distractions » (comprendre ici une intégration plus réfléchie de l’IA et moins de points d’entrée Copilot dans les applications comme le Bloc-notes, l’Outil Capture, Photos et les Widgets) et une amélioration de l’expérience de recherche.

L’angle mort de l’enshittification

Le plan semble réel, concret, et vise enfin le cœur de l’expérience utilisateur plutôt qu’une surcouche cosmétique. Le problème est que ce plan n’adresse pas tout. Il traite la qualité d’exécution, mais pas complètement la qualité d’intention. Or le ressentiment autour de Windows 11 ne vient pas seulement de sa lenteur, de ses bugs ou de ses mises à jour ratées. Il vient aussi de la sensation diffuse que Windows est devenu, depuis Windows 10, une surface de captation : captation d’attention, captation de comptes Microsoft, captation de télémétrie, captation de conversion vers Edge, Bing, OneDrive, Microsoft 365 et, plus récemment, Copilot.

C’est ici qu’intervient la notion d’enshittification ou de pourrissement purement mercantile d’un produit. Le terme, popularisé par Cory Doctorow, décrit la spirale par laquelle une plateforme séduit d’abord ses utilisateurs, privilégie ensuite ses clients commerciaux, puis finit par essorer les deux pour maximiser la valeur actionnariale. En gros, d’abord la plateforme est bonne pour l’utilisateur, ensuite elle maltraite l’utilisateur pour servir ses clients business, puis elle maltraite aussi ces derniers pour tout remonter à l’actionnaire. Le mot traduit une “spirale descendante” où plateformes, utilisateurs et partenaires deviennent des commodités recevant toujours moins de valeur mais enfermant de plus en plus l’utilisateur dans l’écosystème. Apple et Google n’échappent pas à cette pratique.

Mais Windows est devenu l’un des symboles de ce phénomène : depuis Windows 10, Microsoft a davantage cherché à faire de Windows une surface de conversion commerciale vers ses services cloud qu’à solidifier ce qui reste le socle fondamental du PC. L’enshittification n’est pas un accident : c’est une stratégie. Et le billet de Pava, Davuluri, malgré ses bonnes intentions affichées, ne remet pas en cause cette stratégie. Il la tempère, tout au plus.

Des décennies d’inconstance stratégique

Ces engagements sont peut-être le signe d’un changement de perspective. Mais ils s’inscrivent dans un historique d’inconstance qui rend tout optimisme prématuré. Depuis deux décennies, Microsoft n’a cessé de changer de cap stratégique autour de Windows. Côté développeurs, la valse des frameworks et des modèles de programmation a été véritablement déroutante : DCOM, ActiveX, WPF, Silverlight, UWP, WinUI… Chaque génération a été promue comme l’avenir avant d’être abandonnée ou marginalisée. Un ancien cadre de Microsoft a d’ailleurs expliqué récemment pourquoi la stratégie d’interface graphique de Windows est « un tel bazar », pointant l’empilement de couches technologiques jamais achevées. Le résultat : une plateforme devenue difficilement accessible pour les développeurs, un manque de cohérence visuelle flagrant (des éléments d’interface datant de Windows XP cohabitent encore avec le design Fluent de Windows 11) et une communauté de développeurs qui a largement migré vers le web ou vers d’autres plateformes.

Côté produit, le bilan n’est guère plus rassurant. À la sortie de Windows 10, l’éditeur a multiplié les outils multimédias et créatifs (Paint 3D, Story Remix, Mixed Reality Portal) pour finalement les abandonner un à un. Puis il a donné l’impression de totalement se désintéresser de son système, promettant même que Windows 10 serait « le dernier Windows », avant que la crise COVID ne fasse de nouveau exploser les ventes de PC. Microsoft a alors imaginé puis abandonné Windows 10X, puis lancé Windows 11 dans la précipitation, puis préparé et abandonné Windows 12, puis inventé les PC Copilot+ et voulu mettre Copilot partout dans Windows 11. Chaque pivot stratégique a été présenté comme une révolution avant d’être silencieusement enterré. Les rumeurs (démenties) autour d’un Windows 12 encore plus centré sur l’IA ont encore provoqué un tollé début mars 2026, soulignant la défiance profonde des utilisateurs.

La menace d’un marché en recomposition

Ce qui fait peut-être craindre le pire mais porte aussi les espoirs de la communauté Windows, c’est le timing de cette annonce. Comme si Microsoft venait enfin de réaliser qu’il y a désormais urgence. Car le paysage concurrentiel est en train de se reconfigurer à grande vitesse. Et Windows n’est plus en position de force.

Apple, avec le MacBook Neo à 699 € (599 € pour les étudiants), est en passe de s’emparer d’un marché qui a toujours été la chasse gardée de Windows : l’entrée de gamme à bas coût. Ce MacBook propulsé par une puce A18 Pro d’iPhone, lancé le 11 mars 2026, est déjà en rupture de stock. Tim Cook a affirmé sur X que le Mac venait de connaître sa « meilleure semaine de lancement de tous les temps » auprès des nouveaux clients Mac. Lors de l’annonce de ses derniers résultats financiers, Nick Wu, directeur financier d’ASUS, a décrit la sortie du MacBook Neo comme un « choc pour l’ensemble du marché ». Pour la première fois, Apple dit au grand public : « un Mac peut coûter le prix d’un PC pour petits budgets ». Et cette idée, une fois installée dans les esprits, sera très difficile à déloger.

Parallèlement, on sait aussi que Google prépare un Android PC qui pourrait tout changer. Sous le nom de code « AluminiumOS », Google fusionne ChromeOS et Android en une plateforme desktop unifiée. Sameer Samat, président de l’écosystème Android, a confirmé un lancement en 2026 et Qualcomm est partenaire. L’idée : prendre l’expérience ChromeOS éprouvée et la reconstruire sur les fondations d’Android, avec Gemini intégré en natif. Si Google réussit là où ChromeOS n’a jamais percé au-delà de l’éducation, Windows aura un concurrent sérieux sur le marché des PC grand public doté d’un riche écosystème applicatif et d’une expérience unifiée PC/Smartphone/Tablette dont Microsoft a longtemps rêvé mais échoué à concrétiser.

Et n’oublions pas Linux, qui a déjà conquis le cloud et l’IA et qui devient de plus en plus visible sur le desktop (notamment porté par des projets comme les stations DGX Spark de NVidia et les Raspberri Pi). De nombreuses distributions (Linux Mint, Zorin OS, Pop!_OS, etc.) proposent désormais des interfaces calquées sur l’expérience Windows, et sont même capables de faire tourner les applications Windows grâce à Wine 11 et Proton. L’exode des utilisateurs déçus de Windows 11 vers Linux s’accélère (certes doucement), porté par un effet « ras-le-bol » que Microsoft a lui-même alimenté.

Cerise sur le gâteau de cette convergence de menaces : le marché du PC se prépare à une année noire. Selon Omdia et IDC, les expéditions mondiales de PC devraient chuter de 12 % en 2026, sous l’effet de la flambée des prix mémoire et stockage (+60 % au premier trimestre). Les PC Windows, qui représentent 83 % des expéditions, supporteront l’essentiel du choc. Le segment des PC à moins de 500 $ devrait s’effondrer de 28 %. Les PC sub-500 $ pourraient même « disparaître d’ici 2028 » selon Gartner. C’est précisément dans ce contexte de crise que le MacBook Neo devient une menace existentielle pour Windows : au moment où les fabricants de Copilot+ PC Windows doivent monter leurs prix, Apple fait l’inverse !

Que peut faire Microsoft pour réparer Windows ?

Réparer Windows, ce n’est pas seulement accélérer l’explorateur de fichier ou calmer Windows Update : c’est aussi redonner un cap lisible à l’OS, à ses API, à ses frameworks, à sa philosophie. Microsoft doit remette de l’ordre, de la vision et se réinterroger sur le sens d’un système d’exploitation PC en 2026. Plusieurs chantiers sont essentiels.

D’abord, arrêter l’enshittification. Cela implique de supprimer les publicités déguisées, de rendre le compte Microsoft optionnel à l’installation, de simplifier le premier démarrage (OOBE) et de cesser de traiter l’utilisateur comme un client captif. Le système d’exploitation doit redevenir un outil au service de l’utilisateur, pas un entonnoir marketing. On doute vraiment que Microsoft en soit capable. Même si la pression règlementaire européenne (DMA, RGPD, AI Act,…) est un levier pour obliger la firme américaine. Windows doit redevenir un environnement de travail, pas un tunnel marketing vers des services adjacents.

Ensuite, investir massivement dans la qualité. Il n’y a pas de franche mention dans le billet de Davuluri sur un réengagement de l’équipe d’assurance qualité, dont l’absence se fait cruellement sentir depuis sa suppression. Chaque mise à jour cumulative semble introduire de nouvelles régressions. La promesse de builds Insider de meilleure qualité ne suffira pas à résoudre ce problème structurel. Microsoft doit veiller à sanctuariser le socle : performance, fiabilité des pilotes, mises à jour prévisibles, zéro régression notamment dans les fonctionnalités de base que sont la barre des tâches et l’explorateur de fichiers…

Puis, renouer avec l’écosystème des développeurs. La plateforme Windows a besoin d’une stratégie d’interface cohérente et durable. Car un OS incohérent dans ses couches applicatives finit toujours par devenir incohérent à l’écran.

Enfin, stabiliser la vision. Microsoft doit cesser de zigzaguer entre les stratégies et se poser la question fondamentale : qu’est-ce qu’un système d’exploitation PC en 2026 ? Un espace de travail fiable, performant et respectueux de l’utilisateur. Pas un terrain d’expérimentation pour les dernières modes technologiques. L’IA a sa place dans Windows, mais elle doit être au service de la productivité, pas une vitrine. La bonne nouvelle, c’est que les investissements de Microsoft dans WSL montrent que l’entreprise est capable d’excellence et même d’ouverture quand elle le décide. Certains commencent à se dire – y compris au sein même de Microsoft et chez les partenaires – que l’avenir de Windows doit passer par une version simplifiée (débarrassée de l’historique pesant) et open source du système, une sorte de « community edition » de Windows qui servirait de tremplin à sa modernisation. Un peu comme l’a fait la firme avec « .NET »…

Microsoft peut-elle vraiment réparer Windows ?

La réponse est nuancée. Techniquement, oui, Microsoft en a les moyens. L’entreprise reste un géant de l’ingénierie logicielle, elle dispose de ressources considérables, et des initiatives comme QMR ou WSL prouvent qu’elle sait encore produire de l’excellence. Les engagements de Pavan Davuluri vont dans le bon sens et certains, comme le retour de la barre des tâches mobile ou la réduction des points d’entrée Copilot, répondent à des irritants réels.

Mais le problème n’est pas technique : il est culturel et stratégique. Réparer Windows suppose de remettre en cause un modèle économique où le système d’exploitation est devenu un vecteur de revenus publicitaires et de conversion vers les services cloud. Cela suppose de résister à la pression interne des équipes produit (qui veulent pousser Copilot, Microsoft 365 et OneDrive à chaque écran) et de la CFO Amy Hood (figure clé de la stratégie financière de l’ère récente). Cela suppose surtout une vision à long terme, dont Microsoft est totalement incapable sur son OS depuis Windows 7.

Dit autrement, la vraie question n’est pas de savoir si Microsoft peut réparer Windows. C’est de savoir si elle le veut réellement, au prix de renoncer à une partie de ses revenus et de ses ambitions commerciales immédiates. La réparation de Windows ne pourra réellement commencer que le jour où Redmond traitera de nouveau son système comme une fin en soi, et non comme un entonnoir commercial. Un système d’exploitation ne devrait jamais donner le sentiment de travailler d’abord pour son éditeur !

Le problème pour Microsoft, c’est qu’il n’est vraiment plus certain que les utilisateurs, eux, auront encore la patience d’attendre. D’ailleurs pourquoi l’auraient-ils ? Le Macbook Neo leur tend les bras, les Android PC ne tarderont pas à leur cligner de l’œil, Linux devient peu à peu crédible sur Desktop. Dans l’histoire du PC, les positions dominantes ne s’effondrent jamais d’un coup : elles s’érodent, irritant après irritant, renoncement après renoncement, jusqu’au jour où l’utilisateur cesse simplement d’y croire. Ce jour n’est, peut-être, plus très loin…

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