Emploi IT : l’embellie arrive, l’IA complique l’entrée des juniors

RH

Légère embellie sur le front du marché de l’emploi IT

Par Xavier Biseul, publié le 06 mai 2026

Les recrutements dans la tech semblent remonter après deux années de disette. La reprise reste toutefois modérée et les développeurs juniors font les frais de l’adoption des outils de génération de code.

S’il est encore trop tôt pour crier victoire, des signaux plus ou moins forts laissent augurer d’une reprise sur le marché de l’emploi IT. Après le trou d’air de 2024 – avec une contraction de 18 % des recrutements de cadres selon l’Apec –, et une année 2025 presque aussi morose, 2026 se présente sous un meilleur jour. Ce qui confirmerait les prévisions de croissance de Numeum. En décembre, le syndicat professionnel tablait sur une hausse de 4,3 % du marché des services IT pour 2026.

Selon une étude du cabinet de recrutement Robert Half, 42 % des recruteurs prévoyaient ainsi de créer des postes en CDI dans la tech au premier semestre, soit trois points de plus par rapport au semestre précédent. Sans surprise, on retrouve dans le top cinq des professionnels les plus recherchés ceux évoluant dans la cybersécurité, le cloud, le management de projet, la business intelligence et le développement logiciel.

« Depuis le début de l’année, le marché de l’emploi IT connaît une certaine dynamique et le nombre de missions qui nous sont confiées est en hausse, constate Quentin de Beaufort, directeur du recrutement pour les fonctions IT, digital & sales chez Robert Half. Des projets un temps retardés sont relancés. »

« Pour autant, la frilosité reste grande tant chez les recruteurs que les candidats, tempère l’expert. Dans le contexte économique et géopolitique actuel, ces derniers ne souhaitent pas se retrouver en période d’essai. »

Tendance révélatrice de cette prudence, un nombre croissant de salariés sur le départ seraient attentifs à une contre-proposition de leur employeur, en mode « retenez-moi ou je pars ».

« S’il y a un rebond cette année, nous ne serons pas sur une croissance à deux chiffres », juge son confrère Christophe Jumel, senior manager practice IT chez Expectra. Ce dernier pointe, par ailleurs, des disparités selon l’âge des candidats. « Ces derniers mois, la situation est plus compliquée pour les jeunes diplômés et les profils juniors. »

Les développeurs débutants souffrent notamment de l’adoption croissante des outils de vibe coding, effectuant les tâches simples de codage et les tests de premier niveau, qui leur étaient jusqu’alors dévolus. Ces « dev » juniors subissent, par ailleurs, une forte concurrence, une même offre pouvant attirer des centaines de candidatures.

Cela fait des années que l’on entend parler de pénurie de développeurs web, rappelle la nouvelle société ALT qui fait la promotion d’un « CV technique ». Pour répondre à cette problématique, les formations courtes se sont multipliées. Les reconversions aussi.

Résultat : en quelques années, le nombre de juniors à la recherche de leur première expérience a explosé, saturant le marché de développeurs juniors sans expérience. » CQFD.


Cinq métiers clés en forte tension selon Robert Half

* Expert cybersécurité, recherché pour la protection des actifs stratégiques (SOC, pentest, gestion des identités)

* Ingénieur DevOps / Cloud, intervenant sur les infrastructures des hyperscalers (AWS, Azure, GCP) et l’automatisation (CI/CD), essentiels à l’industrialisation

* Data engineer / Data scientist, au coeur des projets d’IA et de business intelligence

* Chef de projet IT / PMO, doté d’une double compétence tech et métier pour piloter des projets complexes

* Développeur (backend / full-stack). « La demande reste massive pour alimenter le développement applicatif sur des technologies modernes »


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