CyberAix : TPE et PME face au défi cyber collectif

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À Aix-les-Bains, la cybersécurité à l’heure de la coopération territoriale

Par Julia Guinamard, publié le 18 mai 2026

Les intervenants experts de la 4e édition de CyberAix ont permis de renforcer la sensibilisation des TPE et PME du territoire aux enjeux de la cyber. En ligne de mire, le partage de l’information et des moyens.

Et si la cybersécurité ne relevait plus seulement d’efforts individuels, mais d’une véritable dynamique collective ? Quand les menaces s’intensifient, la mutualisation des moyens, des expertises et des retours d’expérience apparaît comme un levier structurant, en particulier pour les organisations les moins armées.
Dans cette perspective, le Centre culturel et des congrès d’Aix-les-Bains (73) a accueilli, jeudi 23 avril, la 4e édition du salon CyberAix.
Quelque 200 personnes ont fait le déplacement. L’événement était également retransmis en direct dans 13 campus de My Digital School. Deux tables rondes et une conférence plénière ont permis de sensibiliser les participants aux enjeux de la cybersécurité, de la protection des données et de la souveraineté.

Ces interventions ont été animées par dix experts, dont le RSSI de Groupama, Patrick Prosper, et le colonel Frédéric Avy, chargé de la stratégie au commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace.

Créé il y a quatre ans par l’IHEDN, un établissement public d’expertise et de sensibilisation en matière de défense placé sous la tutelle du Premier ministre, CyberAix visait à l’origine les PME et TPE. « Il leur manquait À Aix-les-Bains, la cybersécurité à l’heure de la coopération territoriale Les intervenants experts de la 4e édition de CyberAix ont permis de renforcer la sensibilisation des TPE et PME du territoire aux enjeux de la cyber. En ligne de mire, le partage de l’information et des moyens. un événement cyber. Elles restent encore trop éloignées de ce sujet, n’ayant souvent pas les moyens d’investir dans du conseil », indique Rosène Charpine, présidente de l’association Dauphiné-Savoie des auditeurs de l’IHEDN et du Comité de pilotage de CyberAix.

Lors de sa première édition, le salon avait rassemblé un public plus large que celui attendu, notamment des étudiants, révélant un besoin transversal de sensibilisation. La formule a donc été adaptée, comme en témoigne le partenariat avec My Digital School, tout en conservant les principes de gratuité et de démocratisation. Cette ouverture permet une diffusion plus horizontale des connaissances.

Consultant en cybersécurité sur Annecy, Lorenzo Giustino apprécie la « création d’une synergie régionale, très efficace pour sensibiliser les PME et TPE ».
Surtout dans un contexte réglementaire en mutation, notamment avec la directive NIS 2. « NIS 1 s’est axée sur six secteurs et seules de grosses structures ont dû s’y conformer. Mais il y a encore beaucoup de sous-traitants qui ne sont pas armés contre les cybermenaces. Les vulnérabilités perdurent donc. Avec NIS 2, un écosystème élargi va devoir s’adapter », a rappelé lors d’une table ronde Sébastien Salito, expert cyber et gérant d’Expinfo.
Pour autant, la contrainte réglementaire ne saurait suffire à elle seule à élever le niveau de sécurité. « Qu’on soit une petite ou une grande entreprise, il ne faut pas attendre les lois », a insisté le RSSI de Groupama, rappelant au passage l’existence de réseaux comme le Cesin, dont l’objectif est précisément de favoriser une montée en maturité collective des organisations.


3 QUESTIONS À François Fumu Tamuzo, DSI d’Aix-les-Bains

Quels sont vos objectifs avec CyberAix ?

Au-delà du volet de sensibilisation, j’aimerais que CyberAix initie une réflexion sur la mutualisation. L’IT et la cybersécurité sont des périmètres onéreux pour les petits acteurs, PME ou communes. Les projets sont alors freinés alors qu’ils pourraient être mutualisés.

Quels champs pourraient être concernés ?

Il y a les infrastructures, l’hébergement, mais aussi des compétences, comme les postes de RSSI et de DPO. Je pense également aux processus de remédiation et aux cellules de crise. Voire à ceux d’exploitation et de production, mais cela demande une plus grande harmonisation des systèmes.

Pourquoi la mutualisation n’a pas encore émergé sur votre territoire ?

Il y a une vraie barrière politique. Chacun joue dans son coin, sous ses couleurs. Cette défiance est paradoxale puisque dans le même temps, les communes font confiance à des acteurs américains qu’elles ne connaissent pas vraiment.


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