Gouvernance
François Fumu-Tamuzo (Aix-les-Bains) : Entre lignes de touches et lignes de code, le match d’un DSI venu du handball
Par Laurent Delattre, publié le 03 octobre 2025
De la rigueur du handball de haut niveau aux exigences des systèmes d’information publics, François Fumu-Tamuzo a construit une carrière marquée par le collectif, la résilience et une vision pragmatique de la transformation numérique. Portrait d’un DSI qui conjugue passion, expérience et sens de l’intérêt général au service de la ville d’Aix-les-Bains.
Portrait de François Fumu-Tamuzo, DSI de la ville d’Aix-les-Bains (73)
C’est à un long voyage ponctué de nombreuses étapes dans des collectivités territoriales que François Fumu-Tamuzo, aujourd’hui DSI d’Aix-les-Bains en Savoie, nous convie. Un voyage qui, au début de sa carrière en 1984, a épousé la géographie des équipes de l’élite du handball français. À l’époque en effet, il évolue dans ses plus grands clubs. Et comme ce sport ne permet alors pas d’en vivre, même à ses meilleurs joueurs, il finit par développer une compétence d’analyste programmeur en faisant ses gammes sur Mapics d’IBM.
Son statut d’international lui ouvre des portes dans des villes qui aimeraient voir leur équipe rejoindre l’élite. « Ce n’était pas des passe-droits, précise-t-il, mais plutôt des contrats négociés, comme contractuel, qui me permettaient de concilier le sport et un vrai métier ».
D’abord responsable du service informatique chez Tactil, partenaire du club de Chambéry, il devient une première fois DSI dans l’Essonne au début des années 1990, puis à Sceaux. « C’était le début de la montée en puissance des DSI dans ces collectivités, avec des problèmes de recrutement liés aux salaires peu attractifs par rapport au privé ».
Il va tout de même réussir à chaque fois à rassembler des équipes (tiens tiens !), en formant des agents à ces nouveaux métiers, notamment celui de chef de projet.
Après un passage de cinq ans dans des entreprises industrielles, il s’inspire de ces expériences lorsqu’il rejoint la ville d’Élancourt à nouveau comme DSI. Il entreprend en effet en parallèle un master en logistique des grands systèmes, persuadé que les collectivités ont tout à gagner à intégrer ces approches liées aux coûts globaux (TCO) du cycle de vie des composants de leurs SI.
Son Tour de France continue à Béziers puis à Limoges (Communauté d’agglomération), avant qu’il ne rejoigne en 2021 son poste actuel de DSI d’Aix-les-Bains.
Dans cette ville de 30 000 habitants, avec une équipe d’une douzaine de personnes, il commence par colmater des brèches en s’interdisant le modèle économique de l’infogérance. Il prend en compte la particularité de la ville, très proche des utilisateurs et de ses usagers avec des SLA qui n’ont rien à envier aux boîtes privées. Et il reprend la main, lançant un nouveau schéma directeur en 2024.
Allant toujours de l’avant, il va même rebondir après une cyberattaque subie par la ville, pour initier un PRA en bonne et due forme avec deux datacenters en miroir, quasiment une première pour une collectivité de cette taille moyenne. Le sens de la contre-attaque, quand on a joué au plus haut niveau, ne se perd pas…
Pas de vacances cet été
Je donne la priorité à mes chefs de projet pour leurs congés. Ma mission, comme contractuel, est d’assurer la continuité de service. Alors je reste sur le pont pour la mise en place des logiciels et des services importants pour la rentrée et la petite enfance, la gestion des assemblées et le Wi-Fi.
Public ou privé
Les deux. En 40 ans de carrière, j’ai aussi bien travaillé pour des industriels que dans des collectivités territoriales de toutes tailles. Cette double vision est intéressante quand vous voulez légitimer des messages nouveaux, par exemple autour de la cyber et de la résilience dans le public.
CyberAix
Je suis membre du Comité de pilotage. C’est une fierté, celle d’avoir pu réunir, autour de la collectivité, de nombreux acteurs économiques du territoire, pour partager les bonnes pratiques en matière de cyber et préparer des ripostes communes.
Le handball
J’ai arrêté la compétition à 35 ans et compris que je ne pourrai pas rester dans ce sport pour en vivre. Cette passion m’habite encore. J’ai pu la vivre au plus haut niveau, comme international universitaire, puis comme partenaire des plus grands comme Stéphane Stoecklin ou Joël Abati.
Un livre qui vous a marqué récemment
Le philosophe qui n’était pas sage de Laurent Gounelle. Une allégorie sur les méfaits de notre société de consommation, et l’individualisme qui la gangrène.

Parcours de
François Fumu-Tamuzo
Depuis 2021 :
DSI de la ville d’Aix-les-Bains (73)
–
2016 – 2021 :
DSI de l’Agglomération de Limoges (87), après un passage d’un an à la DSI de Bobigny (93)
–
2010 – 2015 :
DSI à Béziers (34)
–
2004 – 2010 :
DSI ville d’Élancourt (78)
–
1999 – 2004 :
Responsable du service informatique chez Harting
–
1990 – 1997 :
Premiers postes de DSI pour les mairies de Saint-Michelsur- Orge (91), puis pour la ville de Sceaux (92)
–
1984 – 1990 :
Divers postes (Analyste-programmeur) dans l’industrie
–*–
FORMATION
Master logistique des grands systèmes (Supelec, 2007)
Diplômes d’analyste-programmeur technique conversationnelle (Université de Lille, 1986) et d’ACSI (Analyste concepteur des systèmes d’information)
À LIRE AUSSI :
