Data / IA
Femmes CDO : l’IA entre dans le réel
Par Jade Berre, publié le 29 mai 2026
Enjeux data et IA, passage à l’échelle, cas d’usage concrets et transformation des organisations : lors du dîner “Femmes dans la Data”, organisé par IT for Business à Paris, onze dirigeantes data ont partagé leurs retours d’expérience. Un échange sans détour, où une conviction s’impose : en 2026, l’IA n’est plus un sujet d’exploration, mais d’exécution.
Introduite par la présentation du livre de Mick Levy, “IA MANIA : sortez de la fascination, entrez dans la transformation”, la discussion s’est rapidement ancrée dans le réel. Pour ces CDO, Head of Data, AI et Directrices Data, l’enjeu n’est plus de comprendre l’intelligence artificielle, mais de l’intégrer dans les processus métiers, avec ses contraintes et ses limites. Derrière les promesses, les questions restent très concrètes : quels usages déployer, quelle valeur créer, comment maîtriser les biais, la qualité et gouvernance des données ou encore l’impact énergétique.
Au fil des échanges, un point inattendu émerge : dans certains contextes, les utilisateurs se confient plus facilement à une IA qu’à un interlocuteur humain. Moins de jugement, plus de disponibilité, une forme de neutralité qui transforme la relation aux services. L’IA devient alors un outil de projection, voire d’introspection, obligeant les organisations à repenser en profondeur l’expérience client, la personnalisation mais également l’accompagnement des équipes.
Accélérer la compréhension, pas seulement l’exécution
Dans le secteur du luxe, une invitée souligne un effet très concret : l’IA accélère la compréhension des processus internes. Elle réduit le temps entre l’identification d’un problème et sa résolution, notamment grâce à des assistants alimentés par les données d’usage ou à un pilotage plus fin en temps réel. L’IA ne se limite plus à automatiser, elle contribue à faire monter en compétence les équipes et à mieux diffuser la connaissance dans l’organisation.
Mais le principal point de tension reste le passage à l’échelle. Le débat autour des POC illustre les divergences : faut-il sélectionner strictement les projets ou multiplier les expérimentations pour progresser ? Une réalité s’impose néanmoins, partagée par l’ensemble des participantes : L’innovation implique d’accepter une part d’imperfection. Attendre des données parfaitement structurées ou un retour sur investissement immédiat revient, dans bien des cas, à freiner l’initiative.
De nouvelles alliances dans l’organisation
Autre enseignement clé : la collaboration entre DSI et CDO devient incontournable. La data ne peut plus être silotée, elle doit circuler entre les métiers et l’IT pour créer de la valeur.
Dans ce contexte, la notion de “conduite du changement” évolue vers une logique de management, où l’enjeu est moins d’accompagner ponctuellement que d’inscrire durablement ces transformations dans les pratiques.
Le sujet de la féminisation des métiers IT, pourtant à l’origine du dîner, s’est naturellement effacé au profit des enjeux métier. Non pas qu’il soit absent, mais il n’est pas structurant dans l’action. Ce qui ressort avant tout, c’est l’importance de la diversité des profils et des points de vue. Dans un environnement incertain, cette pluralité devient un levier direct de performance collective.
Au-delà des différences de parcours et de secteurs d’activité, ces dirigeantes partagent une même approche : avancer, tester, ajuster, sans attendre un cadre parfait même si un socle data solide reste bien sûr l’impératif. L’IA n’est plus un horizon lointain, mais une réalité en construction, où la capacité à agir prime sur la recherche de maîtrise absolue.
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