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Gartner : 55% des DSI testeront une alternative à VMware d’ici 2029
Par Reynald Fléchaux, publié le 25 septembre 2026
Si Gartner voit toujours VMware comme un leader du cloud hybride et de la virtualisation, le cabinet estime que les pratiques de l’éditeur sont en passe de faire fuir une partie de la base installée. A pas comptés toutefois.
Nouvelle alerte pour Broadcom. En ouverture de son Magic Quadrant consacré au cloud hybride (Distributed Hybrid Infrastructure en jargon Gartner), le cabinet d’études américain estime que, d’ici 2029, 55% des entreprises lanceront des expérimentations visant à remplacer leurs déploiements basés sur VMware par des infrastructures de type cloud hybride.
Selon Gartner, la part des entreprises déjà engagées dans cette sortie de VMware s’élève à 25% en 2026. Les prévisions de Gartner rejoignent celles d’une précédente étude, datant de mars dernier et menée par le cabinet Virtified auprès de 450 utilisateurs de VMware dans 14 pays. Celle-ci évaluait que la moitié de la base installée du spécialiste de la virtualisation entamerait sa sortie de VMware d’ici 2028.
Six ans après avoir racheté VMware pour 61 Md$, Broadcom pourrait ainsi voir plus de la moitié de la base installée du leader de la virtualisation lui tourner progressivement le dos. En cause évidemment, ses pratiques commerciales, marquées par une hausse drastique des prix et une logique de bundle qui pousse les DSI dans une logique de dépendance croissante à ses technologies.
Sortir de VMware, plateforme au cœur des infrastructures d’une large majorité des entreprises, reste toutefois un projet de longue haleine, souvent pluriannuel.
Coûts et support : VMware pointé du doigt
Si, dans son Magic Quadrant, consulté par The Register, Gartner classe toujours VMware en haut à gauche (parmi les leaders du domaine, donc), aux côtés d’AWS, Nutanix, Microsoft et Oracle, le cabinet glisse tout de même un commentaire peu amène sur l’éditeur, jugeant que ce dernier a suscité un « mécontentement croissant » des entreprises clientes du cabinet nord-américain, mécontentement qui concerne « la communication, les pratiques commerciales et les délais de support », autant de domaines où Gartner estime que VMware est en décalage par rapport aux pratiques des autres leaders du marché.
Le cabinet d’études a également dévoilé un second Magic Quadrant, consacré cette fois aux plateformes de virtualisation pour serveurs, ce qu’il n’avait plus fait depuis dix ans. Là encore classé parmi les leaders – sans surprise -, VMware essuie une nouvelle fois quelques critiques, pour la hausse des coûts induite par le passage à un modèle de licence par cœur de processeur et pour son manque de flexibilité lors des négociations de contrats.
Proxmox inadapté aux applications critiques selon Gartner
La filiale de Broadcom n’est pas seule à être égratignée par Gartner : autre fournisseur classé parmi les leaders du secteur, Nutanix propose, selon le cabinet d’études, des licences complexes et aux tarifs plus élevés que les autres leaders du domaine, tandis que Microsoft, présent également en haut à droite du Magic Quadrant, se voit critiqué pour la dispersion de ses consoles de gestion.
Vu comme un gage d’indépendance par certains DSI européens, Proxmox est classé par Gartner parmi les acteurs de niche. La solution de virtualisation Open Source, basée sur Linux KVM, bénéficie d’une option de support payant, assuré par la société autrichienne Proxmox Server Solutions. Malgré l’ouverture d’un support 24/7 annoncé pour le 19 octobre par cette dernière, Gartner souligne les limites de cette technologie pour la prise en charge d’applications critiques d’entreprise. À ce stade, les migrations de VMware vers Proxmox concernent essentiellement des hébergeurs, opérateurs, sociétés IT et PME, comme les hébergeurs Sdv et Squark en France.
La bonne surprise de ce classement est d’ailleurs l’entrée dans le camp des « acteurs de niche » du français VATES. Un français dans un Magic Quadrant ? Voilà qui n’est pas banal ! Et c’est déjà en soit une consécration pour cet éditeur. D’autant que Gartner n’a retenu que 17 fournisseurs sur la quarantaine qu’il suit sur ce marché. La plateforme VATES associe l’hyperviseur Open Source XCP-ng, basé sur Xen, à la console Xen Orchestra, qui intègre la sauvegarde des machines virtuelles. Gartner salue sa tarification forfaitaire par serveur physique, sans surcoût lié au nombre de cœurs ou de sockets : un argument de poids au moment où VMware facture au cœur. Le cabinet apprécie aussi les outils offerts aux équipes DevOps. Et comme pour Proxmox, la souveraineté figure bien évidemment parmi ses atouts phares. Gartner pointe toutefois « la faible diffusion » de XCP-ng, qui limite les certifications et le support des éditeurs de logiciels. Il relève aussi l’absence de véritable surallocation de la mémoire et une surallocation limitée des processeurs ce qui pourrait en théorie réduire le taux d’utilisation des serveurs et donc potentiellement alourdir la facture matérielle.
Début 2025, Gartner indiquait que, en fonction de la complexité du parc concerné, la sortie de VMware demanderait entre 18 mois et 4 ans aux DSI. Et nécessiterait des investissements conséquents, le cabinet d’étude évaluant le coût des services de migration dans une fourchette comprise entre 300 et 3000 dollars par VM, en fonction de la complexité applicative, de l’ampleur de la migration et des contraintes de disponibilité.
Photo : Niyi Adebimpe / Unsplash
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