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Emmanuelle Courtet (Alliance du numérique) « Notre groupement fonctionne sur la base de la collaboration entre pairs »

Par Vincent Verhaeghe, publié le 04 février 2026

Nommée en septembre 2025 à la direction générale du groupement, Emmanuelle Courtet nous décrit sa vision stratégique pour les années à venir et comment un groupement aide aujourd’hui les revendeurs à se développer.


Entretien avec Emmanuelle Courtet, directrice générale d’Alliance du Numérique


Vous avez fait la majeure partie de votre carrière dans le secteur de la franchise. Qu’est-ce qui vous a motivée à rejoindre le groupement Alliance du Numérique ?

Après 25 ans à conseiller des réseaux de franchisés, j’avais envie d’être aux commandes d’un projet à temps plein, de « mettre les mains dans le cambouis » plutôt que de rester en simple spectatrice. Le secteur IT m’a immédiatement attirée : il évolue très vite et joue un rôle central pour la performance des organisations, ce qui représente un vrai challenge.

Ce qui m’a séduite dans Alliance du Numérique, c’est surtout son organisation en réseau d’indépendants, fondée sur des valeurs fortes : entraide, partage et convivialité. Les dirigeants eux-mêmes sont des entrepreneurs qui placent l’humain au cœur de leur stratégie, et c’est exactement ma vision du management et de l’accompagnement.

Vous avez pris la fonction de directrice générale, et c’est une création de poste chez ADN. Quels sont vos missions et les principaux enjeux que vous avez identifiés à votre arrivée ?

Mon rôle est de structurer un réseau en pleine croissance. Alliance du Numérique est passé en huit ans d’une quinzaine de membres fondateurs à 115, ce qui crée une complexité organisationnelle que la gouvernance initiale, partagée entre les associés eux-mêmes dirigeants d’entreprise, avait du mal à gérer.

Ma mission principale consiste à consolider les fondations du réseau, renforcer sa performance opérationnelle et financière, et développer de nouveaux services pour les adhérents. Concrètement, cela inclut la mise en place d’outils d’analyse et de pilotage comme par exemple un ERP commun que nous mettons actuellement en place et la gestion à temps plein de l’équipe dédiée. L’objectif final est d’améliorer la qualité de service et de donner aux adhérents les moyens de se concentrer sur leur développement commercial.

Comment décririez-vous la spécificité d’un groupement par rapport à une franchise ?

Contrairement à la franchise, qui repose sur une relation descendante avec un franchiseur imposant le modèle et les standards, un groupement comme Alliance du Numérique fonctionne sur la collaboration entre pairs. Tous les membres sont sur un pied d’égalité : il n’y a pas de hiérarchie centralisée ni de dépendance financière directe. Cela crée une organisation beaucoup plus horizontale, conviviale et collaborative.

Chaque adhérent apporte son expertise et bénéficie du retour d’expérience des autres. Ainsi certains vont développer des briques télécoms ou audiovisuels et partagent leurs expériences. Ce fonctionnement permet de tirer parti de la diversité des membres, qu’ils soient généralistes B2B, spécialistes, ou MSP, et de développer ensemble des pratiques et des outils qui profitent à tout le réseau. Par ailleurs les adhérents travaillent très souvent ensemble, que ce soit sur des projets communs qui mettent en jeu différentes expertises, ou même quand il s’agit de dépêcher un technicien dans une zone qui n’est pas forcément couverte par un adhérent.

Qu’est-ce qui motive aujourd’hui un revendeur à rejoindre Alliance du Numérique ?

Au départ, beaucoup viennent pour la mutualisation des conditions commerciales et des partenariats avec constructeurs, éditeurs et grossistes. Ainsi 80 % des remises de fin d’année consenties par les marques avec qui nous travaillons sont redistribuées aux membres, alors que l’adhésion annuelle ne coûte que 3000 € (ndlr : 2400 € la première année).

Mais très vite, ils découvrent la richesse de l’entraide et du partage. Les membres apprécient particulièrement les groupes de travail sur des sujets comme la cybersécurité ou la transition vers le modèle MSP, où chacun apporte ses bonnes pratiques. Ils peuvent ainsi surmonter l’isolement du dirigeant de PME, échanger sur des problématiques concrètes, et bénéficier de livrables et d’outils prêts à l’emploi. Par exemple, nous avons développé des outils pour comparer les prix en temps réel chez les grossistes et un service de support technique de premier niveau pour certaines solutions comme Acronis ou Epson dont nous sommes aussi distributeur.

Enfin, quelle est votre vision pour le développement futur du groupement, notamment dans le contexte de l’intelligence artificielle ?

Notre objectif pour 2026 est une croissance maîtrisée et stratégique, notamment en comblant les zones blanches où nous ne sommes pas encore présents. C’est d’ailleurs une des raisons de notre présence sur IT Partners. Nous voulons continuer à renforcer l’organisation interne, améliorer les services aux adhérents et maintenir un esprit collaboratif.

Concernant l’intelligence artificielle, c’est déjà un sujet central pour le réseau, à la fois pour nos usages internes et pour l’offre proposée aux clients finaux. Nous réfléchissons à la manière dont l’IA peut améliorer les process, sécuriser les interventions et apporter de nouvelles opportunités de services pour les adhérents.


Propos recueillis par Vincent Verhaeghe


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