Dell livre à ses partenaires des serveurs bien plus économiques en énergie, mais dont l’environnement logiciel reste précaire.

Des serveurs basés sur des puces de smartphone, tel est le nouveau type de machines que Dell entend bientôt proposer aux fournisseurs de clouds, pour réduire le coût des applications Saas qu’ils hébergent. Connus sous le nom interne de « Copper », ces serveurs ont la forme de lames que l’on insère dans le châssis 3U PowerEdge C5000.

Hors disques durs, chaque lame consomme 60 watts pour quatre processeurs ARM à 1,6 GHz de 4 cœurs chacun. On peut ainsi installer 12 lames dans le châssis et 13 châssis dans une étagère rack traditionnelle, pour un total de 2 496 cœurs et autant de serveurs virtuels. Chaque lame dispose par ailleurs de 32 Go de mémoire et de 4 disques durs.

Quarte fois moins d’énergie par serveur virtuel

A titre de comparaison, une armoire remplies de lames x86 chez Dell offre actuellement un maximum de 1 024 cœurs, lesquels consomment quatre fois plus d’énergie que les cœurs ARM. La solution à base de processeurs ARM consomme donc 33 % d’énergie en moins pour 2,4 fois plus de serveurs virtuels par étagère rack qu’une solution à base de processeurs x86.

En revanche, on ne peut pas encore comparer les coûts d’acquisition des deux configurations. Dell ne communique en effet pas le prix de ses serveurs Copper, car ceux-ci ne sont, pour l’instant, livrés qu’à des partenaires triés sur le volet, au titre de test. Aucune date de lancement commercial n’a été communiquée.

Tout le nécessaire… en version bêta

On ne fait pas tout avec des serveurs Copper. Processeur ARM oblige, ils reposent sur un système Linux et des logiciels open source. Parmi ceux-ci, la bonne vieille couche fonctionnelle LAMP, qui sert à exécuter des sites web commerciaux avec une base de données SQL. On trouve aussi la couche fonctionnelle plus moderne OpenStack. Celle-ci sert à exécuter en ligne des applications écrites en PHP et des bases de données Hadoop.

Problème : tous ces logiciels sont plus ou moins en version bêeta. Par exemple, il aura fallu attendre avril dernier pour que le Linux Ubuntu et OpenStack soient enfin publiés en version ARM. Il reste maintenant à valider qu’ils fonctionnent sans bogue et en environnement de production. Pire, l’hyperviseur KVM, le module qui sert à lancer et administrer les machines virtuelles, n’est toujours pas pleinement fonctionnel.

En novembre dernier, HP avait lui aussi fourni à ses partenaires des serveurs « RedStone » à base de processeurs ARM. Mais six mois plus tard, ils sont toujours en expérimentation.