Duracell réimagine sa logistique avec WMS Reflex

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Duracell refonde sa logistique mondiale avec WMS Reflex

Par Pierre Berlemont, publié le 21 juin 2022

Face aux nombreux rachats dont lui-même et ses fournisseurs ont fait l’objet, le numéro un des piles a fait appel à Hardis pour son WMS Reflex afin de moderniser sa logistique mondiale. Un choix audacieux sachant que celui-ci n’est pas présent mondialement et qu’il ne figure pas dans le magic quadrant de Gartner.

La société Duracell, premier fabricant mondial de piles, créé en 1940 par Samuel Ruben et Philip Rogers Mallory, a débuté comme fournisseur de composants électroniques et de batteries pour applications militaires. En 1960, l’entreprise invente les piles alcalines, pour appareils photo et caméras notamment, qui constituent à l’époque une vraie révolution. La dénomination Duracell est choisie en 1964, remplaçant ainsi la marque Mallory. En 1971, Duracell adopte son code couleurs (2/3 noir, 1/3 cuivre) reconnaissable par tous, et en 1974, sa mascotte, le petit lapin rose qui tape sur son tambour, fait son apparition à la télévision.

En 1996, Duracell est rachetée par la société Gillette, elle-même acquise par Procter & Gamble en 2005. Dix ans plus tard, Berkshire Hathaway, la holding de Warren Buffett, acquiert la société Duracell. Un changement important, puisqu’en intègrant cette holding, l’entreprise est retirée de la bourse et se retrouve totalement indépendante.

Aujourd’hui, Duracell commercialise donc des piles alcalines, des piles boutons, des power banks (petites batteries externes) et, dans le domaine du home energy storage, des batteries pour les maisons (pour stocker l’énergie solaire). Duracell emploie 3 000 personnes dans toutes les régions du Globe, a des hubs régionaux aux États-Unis, en Europe et en Asie, et des sites de production et de logistique aux États-Unis en propriété (fabrication, emballage), deux centres en Belgique (fabrication, emballage, distribution), et deux sites en Chine.

Alban Fleury DSI chez Duracell

Alban Fleury
directeur informatique Europe, Asie et Global BtoB de Duracell
« La holding de Warren Buffet n’a pratiquement vendu aucune de ses entreprises. Elle a une vision sur le long terme, ce qui est un avantage »

« Dans les années 80, nous avons développé en interne chez Procter & Gamble, avec des développeurs locaux, un WMS (Warehouse Management System) baptisé RTCIS, reposant sur un WMS du marché, celui de JDA. Dans les années 90, Procter & Gamble s’est rendu compte que cela ne faisait aucun sens de continuer à garder ces solutions, mais vu sa taille critique et le nombre de ses sites de production, ils ont réussi à passer sur la solution développée chez RedPrairie, qui était l’un des acteurs majeurs du WMS », explique Alban Fleury, directeur informatique Europe, Asie et Global BtoB de Duracell.

En 2012 RedPrairie fusionne avec JDA, et en 2018, décide d’arrêter le support du WMS de JDA. Duracell ayant adopté RTCIS, le WMS de Procter & Gamble, le fabricant de piles se retrouve du coup avec une société indépendante durant deux ans, et cette épée de Damoclès que représente l’arrêt du support.

Duracell s’attaque alors au changement de WMS. « Nous avons tout de même réussi à garder RTCIS, qui était certes extrêmement stable, mais il était impossible de le faire évoluer pour améliorer l’agilité de l’entreprise et sa transformation, puisque nous n’avions personne en interne », explique Alban Fleury. En plus, Duracell a massivement recours à l’outsourcing. Pour le reste de son système d’information, elle s’appuie principalement sur une instance de SAP. Le fabricant garde encore quelques vieux systèmes dans ses usines, le plus ancien étant le WMS.

En tant que société américaine, Duracell a d’abord cherché dans le fameux magic quadrant de Gartner les éditeurs du carré en haut à droite (celui des leaders), comme le pratiquent souvent les entreprises outre-Atlantique. Manhattan, SAP et la dernière version de JDA figurent dans cette catégorie. « Nous avons procédé à des appels d’offres et avons examiné les différentes fonctionnalités… Et moi, au niveau de la Belgique, j’ai mis mon veto parce que les fonctions de base n’étaient pas capables de supporter la transformation logistique que nous étions en train d’opérer », affirme Alban Fleury.

Le responsable fait alors un peu de forcing pour avoir au moins un autre challenger dans la comparaison qui soit un WMS peut-être non global, pas forcément référencé par le Gartner, mais qui ait le potentiel d’être présent mondialement.

Hardis Reflex se présente ainsi comme un bon challenger, avec comme principal atout la possibilité de réaliser un véritable core model, avec un jeu de fonctionnalités applicables un peu partout. Dans les faits, Reflex est implanté depuis de nombreuses années, s’avère stable et est largement employé par les prestataires logistiques.

Reste que le WMS choisi engendre quelques challenges : Hardis est présent uniquement en Europe, et pour une collaboration avec une société américaine dont les plus grands sites de production sont aux États-Unis, il faut une présence sur le continent américain. Dans de nombreux pays hors d’Europe, il n’existe pas d’accord avec des partenaires locaux pour les implémentations. Reflex n’est donc pas forcément implémenté directement. Des logisticiens ont dû alors développé des compétences en interne pour déployer eux-mêmes cette solution dans d’autres régions du monde. Autre problématique : la langue. Pas de version chinoise, indispensable pour s’installer en Chine.Dernier challenge : le support s’opère essentiellement en France et en français.

Pour répondre à ces différents défis, Duracell a travaillé avec l’équipe dirigeante de Hardis à la mise en place d’un plan qui a permis d’avancer. « En premier lieu, nous avons demandé à Hardis de trouver un partenaire logistique aux États-Unis. Le choix s’est porté sur ITOrizon, un intégrateur très efficace au niveau compréhension métier et redesign de process », indique Alban Fleury. Par chance, cette société est basée dans la région d’Atlanta, où se situent également les trois sites du fabricant de piles.

Duracell commence par faire l’implémentation sur les deux sites européens, celui de Belgique étant le plus complexe ‒ Duracell souhaitait en effet se lancer dans l’envoi de colis, et non de simples palettes. Ce travail est finalisé en février 2019. Environ 90% des process fonctionnent alors dans les autres usines. Le partenariat avec ITOrizon a permis de sécuriser la solution et d’ajouter les 10% de fonctionnalités manquantes. Duracell en profite pour réorganiser son activité en Amérique du Nord, avec la création d’un seul et immense entrepôt d’emballage et de distribution, les deux autres sites étant désormais dévolus à la production uniquement.

Le WMS a depuis été traduit en chinois, même si la Chine, qui répresente un très gros marché pour le fabricant, exploite encore l’ancien WMS pour cause de Covid.

Duracell doit encore travailler au niveau de l’architecture des serveurs nécessaires pour faire tourner Reflex : il faut compter entre huit et dix serveurs sur site. L’idée serait d’avoir une instance de développement et une unité de test dans le cloud, la version production du WMS restant on-premise.

UNE INTERFACE ACCESSIBLE PAR TOUS

Les utilisateurs apprécient Reflex pour sa simplicité d’utilisation. Ils trouvent l’interface utilisateur évidemment bien meilleure que l’ancien WMS, mais aussi que la solution de SAP. C’est un élément primordial car les ventes de piles sont cycliques, la période avant Noël représentant un fort pic d’activité qui implique de recruter temporairement de nombreux employés. Ceux-ci doivent prendre en main rapidement le WMS. Certains saisonniers ne viennent ainsi que deux ou trois jours. Duracell a constaté une nette différence pour leur formation. L’entreprise a également mis en place des AGV (Automated guided véhicles) en Belgique, pour déplacer les palettes automatiquement, ce qui n’aurait pas été possible sans Reflex.

 


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