De nombreuses entreprises ont amorcé leur transformation numérique, parfois à marche forcée en raison de la crise de la Covid-19. Mais l’évolution des technologies au cours des dix dernières années les met aujourd’hui face à un problème : que choisir entre « l’ancien monde », représenté par l’open source, et les nouvelles possibilités offertes par le logiciel en tant que service (SaaS) ?

Par David Talaga, directeur marketing produit, Talend

Il y a quelques années, la réponse aurait été simple : l’open source vivait ses heures de gloire, considéré comme un moteur d’innovation au service de la communauté, et la possibilité d’utiliser un logiciel sans l’avoir installé au préalable sur une machine semblait être une douce utopie.
Et pourtant, les choses se sont accélérées et de plus en plus d’entreprises et d’utilisateurs choisissent aujourd’hui la facilité et l’efficacité du SaaS.

Mais ces deux possibilités qui semblent opposées sur le principe le sont-elles réellement ? Et que doit-on aujourd’hui choisir afin de pouvoir continuer à innover, tout en donnant la possibilité au plus grand nombre d’utiliser les derniers gains apportés par la technologie ?

Déployé dans le cloud et s’adaptant de fait à toute infrastructure interne, le SaaS apporte d’autres avantages immédiats. À l’utilisateur, tout d’abord. Puisque les logiciels sont accessibles depuis n’importe quel ordinateur, et qu’ils ne sont plus dépendants du système informatique de l’entreprise, chacun est potentiellement à même de pouvoir l’installer et de l’utiliser sur son poste, même en mobilité.
De plus, le processus d’intégration devient « frictionless », pouvant se faire plus facilement et de manière plus rapide.
Ce modèle garantit également que tous les employés travaillent sur la même version, mise à jour par le prestataire.
Enfin, le SaaS peut également être intéressant d’un point de vue financier pour l’entreprise, le mode de paiement passant de l’achat d’une licence à la souscription d’un abonnement, et l’utilisation n’étant plus un investissement, mais un coût de fonctionnement.
De même, au niveau de la DSI, l’achat de machines coûteuses n’est plus nécessaire.

Avec sa mise en place rapide, ses paramétrages simples et intuitifs, la possibilité d’adapter les besoins métiers et les processus internes aux fonctionnalités existantes, l’hébergement, la sauvegarde et la sécurité gérés par l’éditeur, un export des données facile et une formule de location, on pourrait penser que le SaaS est définitivement positionné comme étant la nouvelle voie à suivre.

Les choses ne sont cependant pas si simples. En effet, l’open source, de son côté, était il y a quelques années encore synonyme d’innovation aussi bien que de facilité d’adoption. Si la facilité semble aujourd’hui se retrouver du côté du SaaS, une grande partie des innovations d’hier, d’aujourd’hui, et probablement de demain viennent encore de l’open source.
Apparu à la fin des années 1990, l’open source définit un logiciel développé selon les principes de l’OSI (Open source initiative), qui stipule, entre autres, que son code source doit être disponible sous sa forme complète, et écrit de façon à faciliter son interprétation.
Son utilisation reste aujourd’hui un fondement de l’industrie numérique à partir du moment où l’on s’intéresse au code.
Grâce à son adaptabilité, l’open source est la solution rêvée lorsque l’on veut mettre en commun ressources et capacités.

Si les entreprises se tournaient historiquement vers le logiciel libre pour des raisons de coûts, un tiers des utilisateurs professionnels se tournent vers l’open source car il leur donne accès aux dernières innovations (Étude Red Hat Open Source 2020).
La gestion du cloud, la sécurité, l’analyse, le stockage, mais aussi le big data, l’IA ou le machine learning sont presque entièrement construits sur des logiciels libres. Collaboration, enrichissement et transparence y sont les maîtres mots.
Collaboration et enrichissement, car c’est le principe même de l’open source que de permettre à n’importe quel développeur d’apporter sa pierre à l’édifice avec toute une communauté de semblables dédiés à l’amélioration technique comme fonctionnelle dudit logiciel.
Transparence car l’intégralité du code source est disponible aux yeux de tous. On repère ainsi plus rapidement les failles d’une application et on peut appliquer des correctifs de sécurité dans la foulée.
Enfin, dernier argument non négligeable également mis en exergue dans le rapport de Red Hat, le coût total de possession est inférieur lorsqu’on utilise l’open source, de la même manière que le coût de développement.

Les plus grands acteurs de l’IT, qui se sont souvent fait connaître par l’open source, monétisent aujourd’hui leurs produits via le SaaS, comme le font par exemple Spark avec Databricks, où l’utilisation industrielle et démocratisée se fait sur ce dernier, ou Stitch qui travaille en open source sur les connecteurs, afin de pouvoir proposer des versions non standard.
La distribution industrielle du produit open source passe aujourd’hui par le cloud. Mais ce n’est pas parce que l’on a un produit facile à utiliser dans le cloud, qu’on ne doit pas en partager le code avec des tiers. Si l’idée d’avoir un code ouvert est un élément important, ce n’est aujourd’hui plus l’argument principal tout en restant un différentiateur important.