Les freelances qui savent orchestrer l’IA prennent l’avantage sur ceux qui savent seulement coder

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Freelances : les compétences IA se diffusent dans toute l’organisation

Par Xavier Biseul, publié le 03 août 2026

Passée la phase d’expérimentation, les projets IA entrent dans celle de l’industrialisation. Cette arrivée à maturité modifie en profondeur le profil des freelances recherchés. Tous les experts, même non tech, sont concernés.

Chaque année, le rapport Tech Trends de Malt apporte de précieux enseignements sur les tendances technologiques en cours. Il s’appuie sur l’analyse des interactions de plus d’un million de freelances et des plus de 90 000 entreprises utilisatrices de la plateforme d’intermédiation. L’édition 2026 apporte une confirmation. L’engouement pour l’IA des deux dernières années laisse désormais place à une phase d’industrialisation.

« Les compétences en IA, autrefois demandées surtout aux data scientists, ont désormais irrigué l’ensemble des secteurs et des catégories de métiers. Elles ne se cantonnent plus exclusivement au domaine de la tech, mais s’imposent en marketing, en design graphique et dans le conseil en management », avance le rapport. Résultat : ces compétences sont citées comme obligatoires ou déterminantes dans 22 % des briefs non-tech.

« La valeur ne réside plus seulement dans le savoir-faire en écriture de code, mais dans la capacité à piloter des systèmes intelligents. » Du coup, la demande des freelances qui mettent en avant des compétences historiquement dominantes (JavaScript, Python et Java) a reculé de 20 à 30 % en un an. À l’inverse, les indépendants qui valorisent leur capacité à déployer et orchestrer les LLM à des fins de production ont le vent en poupe.

On demande experts en agentique

La demande pour les experts du RAG, permettant de contextualiser l’usage des LLM, continue de progresser. Pour autant, ce sont les experts en IA agentique, capables de construire des systèmes autonomes dans un contexte métier, qui sont les nouvelles stars du marché. Sur Malt, la demande a été multipliée par soixante en l’espace d’un an, illustrant le passage d’une « IA centrée sur la réponse à des requêtes » à une « IA capable d’exécuter des tâches ».

Autre tendance forte : la démocratisation des outils low-code (n8n, Zapier, Make) qui ne sont plus dédiés aux seuls « citizen developers ». Les projets pour la plateforme n8n ont ainsi augmenté de 1 390 % l’an dernier !

« 71 % de ces utilisateurs sont des profils techniques seniors, qui y voient un moyen de contourner les goulots d’étranglement professionnels traditionnels », note le rapport.

Des super-connecteurs branchés

De manière plus générale, les entreprises cherchent ce que le rapport appelle des « super-connecteurs ». Ces freelances associent une expertise métier, dans le marketing ou la stratégie commerciale par exemple, à une maîtrise technique de l’automatisation et de l’orchestration en low-code.

Par ailleurs, si le mot-clé « souveraineté » a bondi de 83 % dans les briefs de projets, les trois hyperscalers américains continent à dominer le classement dédié au cloud. AWS se place loin devant, mais Google Cloud grapille quelques points. En termes de technologies, Kubernetes reste en tête, suivie par Terraform et OpenStack (+36 %). Tandis qu’avec l’envolée des coûts liés à la puissance de calcul dédiée à l’IA (instances GPU), l’approche FinOps retrouve un certain intérêt.

Dans le domaine toujours dynamique de la cybersécurité, plus de la moitié des projets concernent la gouvernance, la réglementation et la conformité (GRC), pour répondre aux exigences réglementaires avec l’arrivée différée de NIS 2 et l’entrée en vigueur progressive du règlement européen sur l’IA (EU AI Act). Enfin, notons que les entreprises plébiscitent les CTO ou les CDO à temps partagé, capables de leur apporter une vision stratégique de haut niveau.

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