C’est une idée fausse répandue : la crise profiterait à l’offshore IT. Pour­tant, il n’y a au­cune raison pour que les prestataires des pays à bas coût n’en pâtissent pas eux aussi.

C’est une idée fausse répandue : la crise profiterait à l’offshore IT. Pour­tant, celle de 2008-2009 l’a montré : il n’y a au­cune raison pour que les prestataires situés dans les pays à bas coût salariaux ne pâtissent pas, eux aussi, de l’arrêt ou du gel des grands projets. La moins bonne santé relative des sociétés de services indiennes tend à le confirmer. La demande atone en Europe et aux Etats-­Unis pé­nalise ainsi depuis quel­ques mois leur rentabilité. La cause ? Le taux de salariés en inter­contrat – les ingénieurs entre deux missions – aurait augmenté de sept points de­puis le début de l’année chez Infosys, TCS ou encore Wipro, selon des analystes ré­cemment interviewés par le quotidien indien The Economic Times. Certes, les crois­sances prévues par les SSII indiennes cette année sont encore très élevées. Les 20 % de TCS ou de Wipro font pâlir les SSII occidentales. Mais toutes font état du climat d’incertitude et d’une « accé­lé­ration de la demande moins rapide que prévue » pour le court terme.

Le cas le plus inquiétant est ce­lui d’Infosys qui lance un avertissement sur résul­tats : le groupe a revu à la baisse ses objectifs pour l’exer­cice en cours, et ne compte plus que sur 5 % de crois­sance annuelle. D’autres signes montrent que tout n’est plus rose pour les sociétés du sous-continent. Si les SSII in­diennes se retrouvent avec des ingénieurs inactifs, c’est parce qu’elles ont réembauché massivement localement aux Etats-Unis : d’abord dans la perspec­tive d’une reprise de la de­mande, mais aussi contraintes et for­cées en raison de l’augmentation des refus de visas aux ingénieurs indiens sur le territoire américain. Le modèle grâce auquel elles ont prospéré bat de l’aile.

A plus long terme, gageons qu’elles seront confrontées à une concurrence de plus en plus féroce de la part des grandes SSII occidentales : Accenture, Capgemini ou IBM qui ont largement investi en Inde. Or, ceux-ci présentent l’avantage d’une plus grande proximité vis-à-vis les entreprises européennes et nord-américaines.