La société ferroviaire va reprendre le contrôle à 100 % de Noviaserv, la coentreprise chargée de moderniser le recours à la sous-traitance informatique.

L’issue des discussions entre IBM et la SNCF est désormais connue. Le groupe ferroviaire et le constructeur ne sont pas parvenus à un accord concernant la renégociation du contrat initialement signé en 2010. Le directeur de la DSI-T (la principale direction informatique du groupe), Gilles Albertus, l’a annoncé dans un message électronique adressé ce matin à l’ensemble du personnel. En conséquence, le groupe ferroviaire met fin au contrat qui le liait au numéro un de l’informatique par le biais d’une coentreprise, détenue à 51 % par la SNCF et à 49 % par IBM.

Depuis l’été dernier, la SNCF et son partenaire IBM avaient entamé des négociations afin de reconsidérer le cadre contractuel. En interne, il se murmurait en effet que le volume de sous-traitance piloté par IBM était en deçà de 50 % de ce qui était attendu initialement. Face à ces difficultés contractuelles, le groupe ferroviaire avait présenté, le 28 juillet dernier, un protocole d’accord au conseil d’administration prenant acte de l’inapplicabilité du contrat initial et posant les bases d’une refondation, dont la contractualisation devait intervenir au 30 octobre dernier.

La transformation se poursuit

Pour autant, la SNCF veut poursuivre sa stratégie de transformation en solo. « La SNCF via Stelsia [structure commerciale créée pour passer des commandes à la coentreprise – NDLR] prendra le contrôle à 100 % de Noviaserv. L’écosystème constitué de ces deux entités, qui avait pour objectif d’accélérer l’extension des centres de services, demeure le moteur de transformation », réaffirme Gilles Albertus dans son message. La filiale commune, Noviaserv, a pour mission de gérer la pléthore de sous-traitants de la société de chemin de fer en rationalisant l’achat des prestations d’assistance technique et la gestion des appels d’offres des projets au forfait. Elle a notamment pour objectif de déployer des centres de services, seul moyen pour le groupe de passer à un mode de sous-traitance plus « industriel ». Cette rationalisation devait générer 290 millions d’euros d’économies en six ans.

Dès à présent s’engage donc la phase de réversibilité. « A cette occasion, une plus grande présence de collaborateurs SNCF sera nécessaire au sein de l’écosystème Stelsia/Noviaserv qui proposera des postes aux personnels du groupe », précise Gilles Albertus. La filiale commune emploie en effet presque exclusivement, à l’exception de son directeur général, du personnel issu d’IBM. « IBM reste un des grands fournisseurs de SNCF et continuera d’être un des acteurs importants de l’évolution de nos systèmes d’information », tient néanmoins à préciser le DSI.

Ce projet a fait l’objet depuis presque deux ans d’un vent de contestation en interne qui n’est jamais véritablement retombé. La vive opposition des informaticiens, inquiets d’une possible mainmise d’IBM sur l’informatique de la SNCF et d’un recours massif à l’ offshore, a considérablement fragilisé le projet.