Plus que trois ans avant que le départ à la retraite des spécialistes mainframes n’impacte significativement la capacité des entreprises à s’appuyer sur leur existant critique. Une urgence qui inquiète 93% des DSI selon une nouvelle enquête.

L’optimisme affiché par la dernière étude BMC quant à l’avenir des mainframes n’est pas partagé par tous. Une nouvelle enquête montre que 93% des DSI expriment de graves préoccupations concernant leur environnement mainframe, d’autant plus graves de 99% des DSI interrogés considèrent leurs applications sur ces grands systèmes comme importantes ou critiques pour leurs métiers.

L’étude signée par le cabinet Vanson Bourne est commanditée par l’éditeur LzLabs qui fournit une solution « SDM », Software Defined Mainframe, d’exécution des workloads mainframes dans le cloud ou sur x86. Elle est donc tout autant orientée que celle de BMC, mais dans une direction diamétralement opposée. La combinaison des deux études offre ainsi un double regard sur les préoccupations et attentes des DSI quant à leur existant « Mainframe ».

Ainsi, il apparaît que préoccupations des responsables interrogés viennent principalement de l’imminente crise de pénuries de compétences, les spécialistes du développement et de la maintenance des systèmes partant à la retraite sans pouvoir être remplacés par les générations plus jeunes qui se sont depuis longtemps détournées des IBM System Z et consorts. Deux tiers des décisionnaires IT déclarent ainsi que la perte des compétences « mainframe » dans leur organisation présente un risque important pour toute l’entreprise. Ils sont 49% à considérer comme un « problème urgent » la perte de compétences à même de prendre en charge l’évolution des applications mainframes existantes. Ils sont aussi 48% à considérer comme une urgence la pénurie de spécialistes d’exploitation de ces systèmes. Tous estiment à trois ans l’échéance à laquelle le départ à la retraite de leurs spécialistes impactera significativement leurs opérations.

Là où l’étude Vanson Bourne/LzLabs diffère profondément de celle de BMC, voire la contredit, c’est qu’elle établit que 95% des DSI interrogés voient de nombreux avantages à déplacer les applications hors du mainframe et que 69% considèrent que le mainframe restreint les capacités d’innovation des équipes IT !
L’étude BMC affirmait que 93% des responsables informatiques croyaient en un avenir à long terme du mainframe et que 59% des DSI voyaient dans leur mainframe une plateforme pour supporter la croissance de leur entreprise.

Bien évidemment, ces études commanditées par des éditeurs sont toujours biaisées dans leur approche. Mais elles pointent toujours du doigt sur certaines réalités. La publication courant novembre du « Arcati Mainframe Yearbook 2020 » devrait contribuer à compléter de façon plus objective le tableau dépeint par ces études quant à l’avenir à moyen terme des mainframes dans nos entreprises.

Source :
LzLabs : The future of mainframe applications remains a concern for IT leaders
BMC : The Next Wave of Mainframe Success: Insights from the 2019 Survey