Une nouvelle idylle dans les nuages : Microsoft et Oracle annoncent, un peu à la surprise générale, un nouveau partenariat pour améliorer l’interopérabilité de leurs plateformes cloud.

« Même si nos entreprises sont souvent en compétition, nombreux sont nos clients qui combinent déjà nos produits respectifs et leur rendre la vie plus facile ne peut que se révéler bénéfique… ». C’est en ces mots que Scott Guthrie, le patron de la division Azure, décrit le surprenant partenariat entre deux ennemis de longue date : Microsoft et Oracle. « C’est le début d’une magnifique amitié » renchérit même Don Johnson, Executive VP d’Oracle.

Pour une surprise, c’est une surprise! Microsoft et Oracle ont rarement été partenaires dans quoi que ce soit. Ils s’affrontent durement sur le marché des bases des données et des logiciels d’entreprise, et Oracle Cloud essaye coûte que coûte de se faire une place sur un marché toujours très largement dominé par AWS et Azure, Google étant le seul à progresser significativement parmi les poursuivants.

Le 5 juin, les deux rivaux ont pourtant bien annoncé un partenariat majeur, difficilement prévisible et pourtant relativement logique. L’idée est de faciliter au maximum la création d’applications hébergées dans un des clouds (Azure ou Oracle Cloud) mais utilisant les services hébergés dans l’autre, quelles que soient les combinaisons mises en œuvre par les clients. Le premier scénario qui vient en tête est l’utilisation des services Power BI ou cognitifs d’Azure à partir de données stockées sur Oracle Autonomous Database (exclusivement disponible sous Oracle Cloud). Autre scénario possible, l’hébergement de produits Oracle comme E-Business Suite ou Oracle JD Edwards dans Azure connectés à Oracle Database hébergé dans Oracle Cloud.

L’objectif premier de cet accord est de simplifier et optimiser la réalisation de tels scénarios. Et par la même occasion d’inviter toujours davantage leurs clients à migrer leurs workloads dans le cloud en éliminant certaines barrières techniques. Pour cela, Microsoft et Oracle sont en train non seulement de déployer des connectivités directes entre leurs datacenters mais également de mettre en oeuvre une interopérabilité des mécanismes d’identification pour notamment permettre de se connecter à n’importe quel service des deux clouds avec un seul et même login.

Scott Guthrie constate qu’à l’instar des partenariats déjà signés entre Azure et NetApp ou Azure et VMware, de telles initiatives multiplient généralement les options pour les clients sans pour autant cannibaliser les produits des deux partenaires. Toutes les parties sont gagnantes, y compris les clients. « Quand on met le client au centre, la conversation devient réellement plus facile » rétorque Scott Guthrie quand on lui fait remarquer que le dialogue entre les deux éditeurs n’a jamais été facile.

Au final, voici une union surprise mais pas surprenante qui devrait rassurer bien des DSI et ouvrir de nouvelles opportunités.