Répondre aux exigences des utilisateurs professionnels et grand public n’est pas simple. Pour rester dans la course, les entreprises doivent savoir innover ni trop tard, ni trop rapidement, ni trop peu.

Afin de fidéliser le grand public et en vue d’une adoption au sein des entreprises, les acteurs du monde mobile, qu’ils soient constructeurs ou éditeurs, doivent sans cesse innover sous peine d’être dépassés fonctionnellement, distancés par la concurrence et, à terme, disparaître.

Mais cette course à l’innovation perpétuelle ne risque-t-elle pas d’en laisser certains sur le bord de la route ?

L’innovation, une marque de fabrique pour certaines entreprises

Depuis très longtemps, et encore à l’heure actuelle, des entreprises comme Apple ou Google sont perçues comme des entreprises à la pointe de l’innovation. Elles proposent des services, des logiciels ou des matériels introuvables ailleurs. Apple a ainsi su faire émerger de nouveaux marchés et de nouveaux usages quotidiens. Les succès de l’iPhone, de l’iPad et de l’App Store sont là pour en témoigner. L’histoire est la même avec Google, au travers de son moteur de recherche et de son système d’exploitation Android, l’OS mobile le plus utilisé au monde aujourd’hui. Ces deux sociétés ont fait de l’innovation leur marque de fabrique, et sont donc condamnés à proposer toujours plus de nouveaux concepts pour satisfaire le grand public et les professionnels.

Renouveler, et pas simplement faire évoluer

Mais l’innovation perpétuelle n’est pas simple. De nombreux acteurs se limitent à faire évoluer leurs bonnes idées initiales au lieu de se renouveler. Apple n’innove plus vraiment depuis les dernières versions de l’iPhone et d’iOS. Ce n’est pas le fait de proposer un appareil photo plus évolué, un processeur plus puissant ou de changer de système de cartographie qui peut satisfaire l’utilisateur en attente constante de nouveautés.

Attention toutefois à ne pas perdre l’utilisateur

A l’inverse, être trop innovant trop rapidement a également son revers de médaille. L’utilisateur se sent parfois perdu quand on change un système où il avait ses repères depuis de nombreuses années. C’est, par exemple, le cas de Microsoft avec Windows 8, qui a voulu radicalement changer son interface en abandonnant le traditionnel Menu démarrer introduit avec Windows 95 tout en adoptant le concept Modern UI, pensé avant tout pour les périphériques tactiles. Ce changement radical pour les utilisateurs classiques – qui n’ont pas de tablettes tactiles et travaillent encore au clavier et à la souris – a de quoi être déroutant au premier abord et risque d’en rebuter plus d’un. Pas facile de faire adopter le nouveau système d’exploitation de la firme dans ces conditions.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

Pour juger de l’intérêt que les utilisateurs portent à une plate-forme mobile, les chiffres de ventes et les parts de marchés sont généralement très éloquents et faciles à analyser. Par exemple, BlackBerry (de RIM) a très longtemps été leader incontesté dans le monde de l’entreprise. Mais il est en perte de vitesse constante depuis quelques années au profit de concurrents jugés plus intéressants et plus innovants. Celles-ci ont su rattraper leur retard initial en termes de fonctionnalités pour finir par distancer l’ancien leader du marché. Pour tenter d’inverser cette tendance, BlackBerry a beaucoup investi et vient de sortir une tablette Playbook, de nouveaux modèles de smartphones ainsi qu’un nouvel OS. Mais n’était-ce pas trop tard pour lancer de gros investissements en R&D et trouver de nouvelles idées quand vous sentez que vous êtes dépassés et que la concurrence est déjà en train de mettre en œuvre ses nouvelles innovations ?

L’innovation ne viendrait elle pas des utilisateurs eux-mêmes ?

Quand on regarde tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux, les blogs, les sites Internet, etc. les utilisateurs (clients actuels ou futurs) proposent sans cesse des idées de ce qu’ils voudraient voir dans la prochaine génération mobile.

On peut donc légitimement se poser la question de savoir si, finalement, l’innovation, ce n’est pas tout simplement être à l’écoute des idées et des besoins des utilisateurs.

Stéphane Cordonnier

Stéphane Cordonnier