La nouvelle étude « Observatoire du Cloud » réalisée par IDC pour New Relic fait un état des lieux de l’adoption du Cloud en France. Si le cloud continue de fortement progresser dans l’hexagone, les entreprises françaises semblent plus orientées sur le « Cloud Also » que le « Cloud First »…

Le nouvel Observatoire du Cloud 2022 de New Relic et IDC s’appuie sur une enquête menée auprès de plus de 200 DSI et responsables IT du secteur public et privé. Sans surprise, il montre que le cloud (sous toutes ses formes, privé/hybride/public)  progresse en France, invitant les entreprises à se renouveler et se moderniser.

Selon l’étude, le cloud public devrait encore progresser en France de 21,6% par an en moyenne entre 2021 et 2024. Son adoption est d’abord motivée par la scalabilité des infrastructures (devenue clé dans un monde d’incertitudes), la modernisation des infrastructures (un besoin permanent) et la résilience des activités (un impératif pour assurer à moindre coût la continuité d’activité). L’accès à des services innovants n’arrive qu’en 4ème position, les aspects budgétaires étant plutôt relayés en fond de classement.

Par ailleurs, 35 % des entreprises françaises estiment ainsi que 5 à 20% de leur patrimoine applicatif aura migré dans le cloud public et pour 23 %, cette part sera comprise entre 20 et 50 %.

Cependant, ce cloud public n’est qu’une composante du SI pour la plupart des entreprises. La stratégie « Cloud First » n’est pas majoritaire et le « Cloud Also » domine le paysage.

Observatoire du cloud - la France à l'ère du Cloud Also

Observatoire du Cloud : Le Cloud Privé reste une prorité

Preuve en est, le cloud privé (autrement dit le cloud sur site avec des infrastructures plus agiles) est en voie de généralisation. Trois organisations sur quatre déclarent déjà exploiter un cloud privé ou avoir un projet en ce sens et la majorité des entreprises comptent augmenter leurs investissements en la matière pour les prochains 24 mois.

Observatoire du cloud -Le cloud privé a le vent en poupe

Et cet intérêt pour le cloud privé se démontre à d’autres niveaux. Typiquement, le « décommissionnement des datacenters internes » n’est pas dans les priorités du moment même s’il reste l’un des attraits cités du cloud public.

L’étude fait une différence entre « cloud privé sur site » et « cloud privé hébergé ». Et elle montre que les investissements dans le cloud privé hébergé vont augmenter notablement plus vite que ceux du cloud privé sur site : 56% des entreprises ayant opté pour un cloud privé hébergé vont augmenter leurs investissements dans ce cloud hébergé alors que 66% des entreprises avec un cloud privé sur site ne prévoit pas d’augmentation de leurs investissements dans les 24 prochains mois).

Au passage, on notera que la « sécurité des données » et les « risques de dépendance (Lock-In) » continuent encore et toujours d’être perçus comme les deux grands écueils, les deux principaux risques qui freinent une adoption plus marquée du cloud public.

Observatoire du Cloud : 1 entreprise sur 2 est contrainte par une réglementation spécifique

Autre information intéressante de cette étude, 48% des entreprises sont soumises à une réglementation spécifique, en dehors du RGPD. On notera d’ailleurs – et sans surprise – que dans le secteur public, le On-Prem demeure majoritaire alors que dans le secteur privé le On-Prem perd du terrain notamment en faveur du SaaS considéré comme le premier choix stratégique en matière de modernisation applicative. Reste que ce chiffre important montre une nouvelle fois que les politiques actuelles du gouvernement et de l’Europe pour renforcer l’adoption de solutions cloud « souveraines » sont une vraie opportunité à saisir pour les fournisseurs de cloud français et européens. Il ne tient qu’à eux de diversifier leurs offres et de se montrer compétitifs face aux géants américains, et ce malgré la différence de taille.

Observatoire du cloud - Les priorités du Secteur Privé versus Secteur Public

Observatoire du Cloud : le multicloud progresse mais a aussi ses réfractaires

Du côté des surprises ou des tendances françaises à contre-courant, on retiendra un chiffre : 40% des DSI français interrogés se montrent réfractaires au multicloud et mise sur un cloud unique ! Un choix qui s’explique d’abord par la simplicité d’exploitation d’une telle approche, la plus grande facilité à réunir les compétences au sein de la DSI et un monitoring simplifié.

En revanche, pour ceux qui ont opté pour une approche multicloud, les principales motivations résidaient dans la possibilité de choisir les solutions les plus adaptées à chaque BU, la résilience en cas de panne d’un cloud et l’accès à une offre plus riche.

Toutefois, ces entreprises multicloud, reconnaissent que le multicloud soulève des défis dont les trois principaux sont l’interopérabilité, la maîtrise des coûts de fonctionnement et l’importance des coûts de mise en œuvre. On s’étonnera toutefois de voir le monitoring des différents environnements arriver en dernière position. Peut-être parce que 70% des entreprises se disent justement plutôt satisfaites des outils de monitoring livrés par les prestataires Cloud.

Enfin on retiendra que 62% des DSI estiment que dans 5 ans, leurs systèmes d’information continueront majoritairement à reposer sur un équilibre entre cloud et infrastructure sur site !

 

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