Très investi sur le sujet du cloud de confiance et de la modernisation des métiers, Vincent Niebel prône des démarches permettant d’exploiter le potentiel du numérique de manière responsable. Portrait d’un DSI engagé dans le service public.

Comme beaucoup d’autres, Vincent Niebel s’intéresse jeune à la technologie en général et à l’informatique en particulier, « entre autres pour développer des jeux en Pascal entre midi et deux », se rappelle-t-il en souriant. Plus original, la physique, « au sens des particules », le fascine. Côté études, il opte pour Polytechnique, puis Telecom Paris.

Pour son entrée dans le monde du travail en 2000, il fait le choix de porter un projet du ministère de l’Intérieur, mêlant forts enjeux de transformation et nouvelles technologies : « À l’époque, les appels 17 Police Secours étaient répartis sur tous les commissariats et reposaient sur une réception téléphonique résiliente, mais limitée fonctionnellement. Le but était de centraliser les appels au niveau départemental, d’enrichir les métiers avec l’identification de l’appelant, sa localisation, des outils cartographiques et de faire le lien avec les équipes de terrain… Bref, de numériser ce processus au cœur des enjeux de sécurité grâce aux nouvelles technologies (ToIP, GPS) et au nouveau réseau mobile du ministère », décrit Vincent Niebel.
Il restera quatre années sur ces sujets avant de prendre en charge la gestion des projets et applications informatiques de la police au sein de la DSI.

Ces premières expériences lui ont donné à la fois le goût du terrain, des métiers et celui du service public. Alors, quand l’occasion se présente, il prend le poste de DSI de la Préfecture de Police de Paris, « l’une des grandes maisons du ministère ». Il ajoute : « Cela a été une période passionnante : moderniser les salles de commandement, déployer le projet 1  000 caméras… »

En 2013, Vincent Niebel a envie de découvrir autre chose. Partir dans le privé ou une autre administration ? Une nouvelle opportunité le retient. « Le ministère était en pleine réorganisation, avec notamment l’arrivée de la Gendarmerie et de la Sécurité routière », rappelle-t-il. C’est l’occasion pour lui d’ajouter la corde de gouvernance stratégique à son arc, dans un contexte très politique. « On m’a demandé d’organiser la gouvernance de la fonction IT, de définir la stratégie numérique ministérielle, de contrôler les projets et de coordonner les activités des collègues de cultures très différentes », expliquet-il. Un apprentissage réussi.

En 2017, il devient DSI du ministère, une première pour un ingénieur depuis plus de 20 ans pour un poste sensible. Après avoir transformé la DSI en direction du numérique en 2020, l’opportunité de passer chez EDF s’ouvre, et il l’accepte : « Un groupe qui parle à ma fibre d’ingénieur et à mon sens du service public », appuie Vincent Niebel. Qui met aujourd’hui toute son énergie sur « la construction d’un système énergétique neutre en CO2 et la transition énergétique grâce aux opportunités offertes par les technologies comme l’IA ou la blockchain, le numérique et bien sûr la donnée, enjeu central », conclut-il.

MON CHEVAL DE BATAILLE > Globalement, il s’agit de tirer pleinement parti de toutes les opportunités offertes par le numérique, de manière responsable. Des démarches déjà initiées au sein du groupe EDF avec, par exemple, Exaion, une nouvelle filiale qui propose des services de Blockchain-as-a-Service responsables ou Archipels, qui certifie des documents au sein d’une blockchain (factures) pour les utiliser comme certificat de domicile.

MON ENGAGEMENT DU MOMENT >J’ai l’honneur de piloter le groupe de travail du Cigref sur le cloud de confiance. Notre objectif est de définir un référentiel des exigences caractérisant ce type de cloud aux yeux des membres du Cigref, et de le mettre à disposition des acteurs édictant des labels ou certifications (Gouvernement, Gaia-x, ENISA…) afin d’en harmoniser les définitions. Ce référentiel s’articule autour de trois valeurs : la sécurité (SecNumcloud de l’ANSSI), l’immunité aux lois extraterritoriales et la maîtrise de la dépendance (réversibilité et transparence). Tous ces sujets me tiennent particulièrement à cœur.

COMMENT JE FAIS MA VEILLE > J’ai une approche multiforme : rencontre avec des industriels, revue de presse, échanges avec des start-up… Il s’agit aussi pour moi d’apprendre et de poursuivre la découverte des métiers d’EDF. Ces derniers, comme l’ensemble du secteur énergétique, vivent actuellement une transformation profonde (nucléaire, énergies renouvelables, équilibrage offre/ demande, par exemple).

PARCOURS DE VINCENT NIEBEL

Depuis 2020, DSI Groupe – EDF
  2000-2020, Ministère de l’Intérieur
       2020, directeur du numérique
  2017-2020, DSIC
  2016-2017, DSIC adjoint
  2013-2016, Gouvernance ministérielle des SI
  2009-2013, DSI de la Préfecture de police de Paris
       2008, chef de service des SIC
       2007, adjoint au sous-directeur des études et projets
  2004-2006, chef du département d’affaires « Sécurité »
  2000-2003, chef de projets radio/télécom/informatique

FORMATION
• École Polytechnique
• Télécom Paris