Pendant que Microsoft et Salesforce connaissent des déboires techniques, la France peine à lancer son projet de cloud public.

Année de mise à l’épreuve pour les clouds publics. Alors que les offres de cloud privés apparaissent de plus en plus comme de bonnes vieilles offres d’infogérance avec leurs tarifs à rallonge, les clouds publics d’Amazon, de Microsoft et de Salesforces suscitent l’intérêt des entreprises. Toutes les options sont comprises, et on y adhère d’un simple clic.

Mais les professionnels français se méfient de ces offres américaines au fonctionnement flou. Le salut devait venir d’un cloud public souverain sous la tutelle du gouvernement français, Andromède. Hélas, des discordes entre les intervenants auront retardé durant toute l’année le lancement d’Andromède.

Février : grande panne du cloud Microsoft Azure

Le cloud de Microsoft, Windows Azure, n’avait pas été conçu pour supporter les années bissextiles. Le 29 février, le système est devenu fou pendant plusieurs heures, fuseau horaire après fuseau horaire, car il ne savait plus interpréter la date du jour.

Azure refera parler de lui en juin. Mais cette fois-ci pour une bonne nouvelle : l’offre qui ne servait jusqu’alors qu’à exécuter des applications .Net en ligne, peut à présent exécuter des machines virtuelles, ce qui rend Azure aussi fonctionnel que son concurrent EC2, l’offre cloud d’Amazon.

Juillet : deux pannes successives du cloud Salesforce

D’abord trois heures d’interruption de service le 29 juin à cause d’un problème de disques défaillants, puis sept heures le 10 juillet à cause d’une panne électrique. Les clients de la côte Est des USA n’ont plus pu accéder à leurs données en ligne stockées dans le cloud de Salesforce, tandis que les clients européens ont subi des accès ralentis.

En septembre, le fournisseur tâchera de se relancer en embauchant à sa tête l’ex-numéro 2 de Renault, Patrick Pélata. Chef d’orchestre du lancement de la Twingo, Patrick Pélata avait été démissionné du constructeur automobile lors des affaires de faux espionnage industriel.

Septembre : Lancement des deux grands cloud souverains français

Numergy est conçu par SFR et Bull. Cloudwatt par Orange et Thalès. Les deux projets ont été financés par le gouvernement à hauteur de 75 millions d’euros chacun. La promesse de ces deux solutions est d’offrir autant de fonctions et de ressources en ligne que le cloud public du géant Amazon, tout en garantissant aux industries et aux services publics qu’aucune données ne sortira de France. Problème, aucune des deux solutions ne sera opérationnelle avant de longs mois.

La polémique est née du fait que personne n’a compris pourquoi le gouvernement a financé deux projets, alors qu’un seul, Andromède, était prévu. Initialement, Orange devait porter Andromède avec Dassault Systèmes, mais ce dernier s’est retiré brutalement au Noël 2011, pour créer un projet concurrent avec SFR en février dernier. L’Etat, magnanime, accepte alors de financer aussi le nouveau projet de Dassault Systèmes. Peine perdue, Dassault Systèmes se retire aussi du second projet en avril.