Le Wi-Fi à très haut débit, en cours de normalisation à l’IEEE, mobilise l’industrie des réseaux. Tour d’horizon de la technologie et de son potentiel.

Evolution des réseaux Wi-Fi vers le très haut débit, la future norme IEEE 802.11ac offrira des vitesses de transfert plus élevées (jusqu’à 1,3 gigabit/s et même plusieurs gigabit/s en théorie) que celles permises par l’actuelle norme 802.11n à haut débit. Prévue pour être rétrocompatible avec les réseaux Wi-Fi 802.11n existants, elle devrait se traduire par une première vague de produits commerciaux courant 2012, développés à partir des premières spécifications, en attendant que la future norme soit ratifiée par l’IEEE, en 2013.

1. Quelles spécifications, pour quelles performances ?

La prochaine norme pour les réseaux Wi-Fi à très haut débit a pour nom 802.11ac. Elle est en cours de définition à l’IEEE et prévoit l’usage de canaux de communication plus larges, de 80 et 160 MHz (contre 40 MHz pour le 802.11n), ce qui offre des taux de transfert allant jusqu’à 433 Mbit/s par antenne (contre 150 Mbit/s en 802.11n, par antenne). La promesse de la transmission au gigabit/s résulte d’un débit agrégé, issu de la transmission via des antennes multiples, de plusieurs (jusqu’à huit) flux spatiaux simultanés de données (un par antenne), contre quatre flux maximum en 802.11n. Le débit réel sera donc dépendant du nombre d’antennes utilisées de chaque côté de la transmission sans fil (client et borne Wi-Fi). Une connexion individuelle entre un point d’accès multi-antennes et un client doté d’une seule antenne pourra atteindre 433 Mbit/s avec un canal à 80 MHz ou beaucoup plus avec un canal à 160 MHz. Un point d’accès radio 802.11ac pourra émettre simultanément des flux de données à 433 Mbit/s ou 867 Mbit/s chacun, vers plusieurs clients. La future norme recourt aussi à la technologie dite de beamforming (littéralement : constitution de faisceaux) qui permet de cibler précisément les ondes à transmettre en direction des équipements desservis au lieu d’arroser la zone où ils se trouvent. Les spécifications n’ont été définies que dans la seule bande de fréquences 5 GHz, beaucoup moins sollicitée que la bande 2,4 GHz, mais avec une portée a priori inférieure.

Aujourd’hui, le groupe de travail ad hoc, au sein de l’IEEE, a achevé les spécifications dans la version 1.3. Une version 2.0  pourrait voir le jour courant 2012, avec pour objectif la ratification d’une norme courant 2013, au mieux. La lenteur du processus de normalisation devrait être compensée par l’action de l’alliance Wi-Fi. Pour la norme précédente 802.11n, cette association, réunissant les industriels américains du réseau, avait décerné un « label d’interopérabilité » aux produits conformes aux spécifiations 2.0 définies par l’IEEE, très proches de la norme définitive. Une fois la norme ratifiée en 2009, l’association a délivré un label 802.11n aux produits s’appuyant sur les spécifications normalisées. L’histoire pourrait bégayer avec un premier label d’interopérabilité 802.11ac (courant 2012 ?) pour valider les produits développés sur les spécifications actuelles.

Lors du salon CES 2012 de Las Vegas, Trendnet a présenté un premier routeur sans fil 802.11ac