Fruit de la collaboration entre CentraleSupélec et l’IRT SystemX, CircularIT vise à la fois à promouvoir la valorisation des appareils numériques en fin de vie et à aider entreprises et administrations via des applications de simulation et de BI à mettre en œuvre une stratégie d’économie circulaire.

L’économie numérique et les enjeux de l’économie circulaire sont étroitement liés. « Le cloud n’est pas virtuel et nécessite quantité de serveurs. Mesurer ses impacts est important, vu que les machines contiennent des métaux tels que l’acier et le cuivre ainsi que des terres rares. Environ 80 % de l’impact environnemental du cloud est dû au matériel lui-même », estime Raphaël Guastavi, chef du service Écoconception et Recyclage de l’Ademe.

Il est donc important d’améliorer la collecte et le recyclage. Sur un peu plus d’un milliard d’équipements électriques et électroniques présents sur le marché français, 50 % sont collectés en fin de vie. Il faudrait atteindre 65 %. Certains constructeurs en sont bien conscients. Par exemple, dans son centre de valorisation européen de Glasgow, HP reconditionne 88 % des actifs informatiques de ses clients.

Annoncée début mai, l’alliance CircularIT entre CentraleSupélec et SystemX travaille sur ce sujet, en réunissant fournisseurs et chercheurs, afin de mettre au point des indicateurs environnementaux, par exemple sur le cycle de vie d’un ordinateur, à l’image des étiquettes indiquant la consommation électrique des appareils électroménagers.

Autant le numérique pollue, autant il peut participer à l’économie circulaire sur plusieurs axes, grâce à des algorithmes d’optimisation (itinéraire de ramassage des ordures, par exemple). Il permet aussi de mesurer les impacts directs et indirects des différentes solutions, tout comme les effets « rebonds » : par exemple, recycler le verre semble une bonne idée, mais il faut aussi tenir compte de la pollution engendrée par les tournées des camions de ramassage, le tri nécessaire dans les centres de valorisation, etc.

Sur un autre plan, la maintenance prédictive enrichie par l’IA permet d’anticiper les pannes et donc d’allonger la durée de vie des machines. Les jumeaux numériques facilitent, eux, la conception de produits voire de datacenters écoresponsables en optimisant en amont l’efficacité énergétique. Parmi les autres applications à l’économie circulaire, le traçage et l’IoT constituent également des atouts. « Le numérique constitue donc un accélérateur de l’économie circulaire », soutient Raphaël Guastavi.

L’alliance CircularIT a plusieurs objectifs, en premier lieu d’accompagner les régions et les industriels avec une approche circulaire systémique, en les aidant grâce au numérique. Cette collaboration entre CentraleSupélec et l’IRT SystemX n’est pas la première. Le projet scientifique Anthropolis, créé il y a sept ans, s’attache à innover sur les nouvelles mobilités, à savoir les véhicules autonomes, les améliorations à apporter au niveau des transports publics (optimisation des lignes de bus) en France (notamment dans le Grand Paris) comme à l’étranger (Pékin, Casablanca).

L’alliance CircularIT s’organise autour de deux pôles, pour une durée de cinq ans:

Le pôle A se consacre à la recherche en amont, à la formation et aux développements de modèles numériques, d’outils de diagnostic et de test. Les premiers à adhérer sont Manitou, la communauté d’agglomération Paris-Saclay et son Syndicat intercommunal des ordures ménagères (SIOM).

Le pôle B est plus orienté recherche industrielle et développera des solutions de green IT à partir de cas d’usages et des résultats issus des travaux du pôle A. « BI Consulting et la RATP ont manifesté leur intérêt pour y participer », indique Amira Ben Hamida, responsable R&D d’IRT System X.

 


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