Fruit d’une collaboration entre le monde académique et celui de l’entreprise, un nouveau guide présente une liste quasi exhaustive des questions à se poser et des bonnes pratiques à mettre en œuvre pour une IT plus écologique est disponible depuis.

« En 2019, l’idée a émergé de créer un document recensant et décrivant les bonnes pratiques d’écoconception pour les logiciels et les services numériques et ce, à toutes les étapes de leur développement. Il s’agit globalement d’aider à structurer l’écoconception », décrit Vincent Courboulay, Maître de conférences en informatique et Chargé de mission numérique responsable à L’Université de La Rochelle.

Dans la foulée, une association 1901 baptisée Institut du Numérique Responsable est créée et plus d’une centaine d’intervenants issus de grandes entreprises et experts, de la Dinum, du Cigref et de la CDC s’impliquent dans des travaux de recensement, d’évaluation et de formalisation des critères à prendre en compte.

Responsable scientifique pour l’association, Vincent Courboulay décrit : « Chaque étape d’un projet, de la stratégie à l’hébergement en passant par les spécifications, l’UX-UI, les front et back-end, l’architecture et l’hébergement a été détaillée ». Exemple, au stade de la stratégie, le critère « L’ensemble des produits et services sont-ils indispensables en ligne ? » pose la question de cette nécessité et d’une alternative hors ligne qui peut être moins coûteuse sur le plan environnemental. Autre illustration dans l’étape de contenus, et toujours dans le même esprit, « l’information portée par la vidéo peut être remplacée par une alternative (infographie…) ? », interroge le guide. Pour l’hébergement, il s’agit de savoir si l’eau utilisée provient du réseau d’eau potable.

Baptisé GR491, ce guide de « référence de conception responsable de services numériques », disponible en ligne en français et en anglais, propose 57 recommandations et 491 critères.

BIENTÔT UNE NORME AFNOR

Ce « topo » sera prochainement proposé à l’Afnor pour servir de support, avec d’autres, aux travaux d’un groupe qui fournira en mars ou avril prochain un Afnor Spec. Un groupe piloté par Vincent Courboulay : « Cette Spec n’est pas une norme à proprement parler comme une ISO, mais une préconisation. Le but est de proposer un outil dans un délai beaucoup plus court qu’une norme classique, qui nécessite souvent deux à trois ans de travaux », explique celui-ci.

À terme, une réglementation européenne sur le sujet pourrait émerger.