La dernière étude du CNCF (Cloud Native Computing Foundation) confirme l’immense succès de Kubernetes devenu un standard de fait des infrastructures d’entreprise en l’espace de quelques mois.

Cinquante huit pourcent d’augmentation! C’est le bond surprenant réalisé par le taux d’adoption de Kubernetes en production fin 2019. Dans sa dernière étude, la Cloud Native Computing Foundation note que 78% des responsables IT interrogés confirment désormais utiliser l’orchestrateur de containers en production. De façon très logique, cette adoption de Kubernetes suit l’adoption des containers : selon l’étude, 84% des entreprises interrogées utilisent aujourd’hui des containers en production.

Au fil des mois, Kubernetes s’est imposé comme la plateforme universelle pour exécuter des containers dans un univers IT de plus en plus hybride et de plus en plus multicloud. Freinée au départ par sa complexité intrinsèque, l’adoption de l’orchestrateur issu de Google n’a fait que s’accélérer grâce à des implémentations simplifiées et l’intégration de Kubernetes au cœur des offres de Nutanix (Karbon) et de VMware (vSphere 7, ex-projet Pacific).

Ainsi, Kubernetes a été déployé :
* « on-premises » chez 64% des entreprises qui ont répondu,
* sur un opérateur de « cloud public unique » chez 42% des répondants,
* dans de multiples clouds publics chez 31% des répondants
* et même sur du Edge Computing dans 10% des cas.

L’étude rappelle qu’il existe près de 110 outils, services et plateformes pour gérer les conteneurs mais 89% d’entre eux s’appuient sur Kubernetes. Parmi les plus populaires ont retrouve sans surprise Amazon EKS, Google GKE, Azure AKS, Kubeadm, Red Hat OpenShift mais aussi les outils de Docker (Desktop et EE/CE).

Si ces chiffres de mise en production paraissent exceptionnels, c’est aussi parce que Kubernetes est une technologie très jeune. Une adoption aussi rapide d’une telle brique d’infrastructure a rarement été constatée par le passé. D’ailleurs, plus de la moitié des répondants opèrent moins de 10 clusters Kubernetes et 60% exécutent moins de la moitié de leurs workloads containerisés sous Kubernetes.
On est encore en pleine phase d’adoption progressive. Car des freins subsistent. À commencer par la nécessité de changer la culture des développeurs, le manque de maîtrise autour de la sécurité de cet environnement, la complexité intrinsèque de la plateforme, etc.

Toutefois l’adoption de Kubernetes traîne dans son sillage celle d’autres technologies complémentaires. Typiquement, les Services Mesh – cette surcouche qui permet de documenter et contrôler les interactions entre les microservices – ont eux aussi le vent en poupe. Si Consul est aujourd’hui le plus déployé, Istio s’affirme comme la grande vedette des prochaines années avec Linkerd.

Autre technologie dont le succès est croissant : le Serverless au travers des solutions « Functions as a Service ». 41% des entreprises interrogées y font désormais appel.
L’étude décorrèle les offres des hyperscalers des offres installables sur son propre cloud.
Dans le premier cas, c’est sans surprise AWS Lambda qui est le plus utilisé et de loin, devant Google Cloud Functions et Azure Functions.
Dans le second, le vainqueur se nomme Knative suivi de OpenFaaS et Kubeless.

Bref, Kubernetes s’installe durablement. L’orchestrateur est en passe de profondément transformer le visage des infrastructures informatiques imposant les containers mais aussi dans son sillage d’autres technologies de déploiement, de développement et même de stockage.


Source :
Deployments are getting larger as cloud native adoption becomes mainstream