Une nouvelle étude CyberSecurity Insiders montre le manque de préparation des entreprises à un télétravail sécurisé avant la crise pandémique et une volonté de poursuivre au moins partiellement les usages du travail à distance.

Menée par CyberSecurity Insiders auprès de 500 responsables d’entreprises et DSI, et financée par Bitglass, la nouvelle étude RemoteWork trace un premier portrait de l’accompagnement du télétravail durant la crise pandémique et de sa poursuite dans les mois à venir.

Sans surprise, la crise pandémique a totalement bouleversé les habitudes des entreprises en matière de travail à distance et leur perception du télétravail. Avant la crise, seulement 7% des entreprises avaient plus de la moitié de leurs collaborateurs en télétravail. Après la crise, 84% des entreprises avaient plus de la moitié de leurs collaborateurs en mode travail à distance.
De façon plus instructive, 38% des entreprises ont vu soit une amélioration de la productivité soit d’autres bénéfices clés et seulement 5% des entreprises ont constaté une perte marquée de la productivité de leurs collaborateurs placés en télétravail forcé par le confinement.
Dès lors, il n’est pas surprenant de constater que 84% des entreprises ont l’intention de poursuivre les pratiques de télétravail et d’augmenter leurs capacités en matière de sécurité et de bande passante pour supporter un tel mode de fonctionnement. 33% des entreprises ont même l’intention de placer en télétravail permanent certains postes autrefois uniquement pratiqués sur site.

Bien évidemment, cette transformation a été largement improvisée. 65% des entreprises ont dû autoriser un accès aux applications de l’entreprise depuis des ordinateurs personnels non supervisés.
Et si 67% des entreprises affirment qu’elles étaient techniquement préparées au moins un minimum avant l’épidémie pour concrétiser un télétravail de leurs collaboratrices et collaborateurs, seules 30% des entreprises s’estimaient en revanche bien préparées en matière de cybersécurité dans un tel contexte.

De même, seulement 4 entreprises sur 10 n’ont pas eu à étendre leurs capacités d’accès sécurisé. Autrement dit 6 entreprises sur 10 ont dû soit acquérir des licences supplémentaires, soit ajouter du matériel supplémentaire, soit s’équiper pour affronter et sécuriser une augmentation massive des usages distants.

Dans un même ordre d’idées, 63% des responsables interrogés reconnaissent que cet exode massif des collaborateurs vers le télétravail a eu un impact sur leur conformité notamment en matière de GDPR, les utilisateurs ayant parfois dû contourner les bonnes pratiques en matière d’accès aux données confidentielles pour pouvoir continuer de travailler.

Et concernant les défis à rapidement relever pour faire du télétravail une pratique durable et re-rentrer dans les clous en matière de sécurité et conformité, les responsables sont 59% à privilégier la formation et la sensibilisation des collaborateurs, 56% à trouver le moyen de contrôler et sécuriser l’usage des Wifi personnels et publics et 43% à mettre en place les solutions BYOD.

Bref le télétravail a globalement convaincu les entreprises autrefois très réticentes à l’idée et devrait donc perdurer probablement pas de façon exclusive et permanente (« il ne s’agit pas de remplacer un dogme par un autre dogme » rappelait récemment Satya Nadella, le CEO de Microsoft) mais de façon bien plus régulière et étendue qu’avant.