Secu
Le Forum InCyber 2026 ouvre ses portes demain
Par Laurent Delattre, publié le 30 mars 2026
Le Forum InCyber 2026 place les dépendances numériques au cœur de la réflexion cyber. Pour les DSI et les RSSI, l’enjeu n’est plus seulement de bloquer les attaques, mais d’identifier les points d’appui externes qui conditionnent résilience, continuité et liberté d’action. Autant de sujets qui animeront keynotes, tables rondes, ateliers mais aussi nos émissions diffusées à même le show !
Le Forum InCyber revient, et cette 18e édition a choisi ce qui est le thème phare du moment… et, celui-ci n’est pas l’IA ! Du 31 mars au 2 avril 2026, à Lille Grand Palais, le rendez-vous européen de la cybersécurité place au centre du débat une question devenue impossible à contourner : « Maîtriser nos dépendances numériques ? »
Un intitulé qui sonne presque comme une alerte stratégique. Parce qu’en 2026, la cybersécurité ne se résume plus à bloquer des attaques. Elle consiste aussi à savoir de quoi, de qui et à quel point nos organisations dépendent vraiment.
Et c’est précisément ce qui rend cette édition particulièrement intéressante pour les DSI et les RSSI. Cette 18e édition du Forum InCyber ne va pas nous parler d’une souveraineté théorique et, on l’espère, éviter les grands récits abstraits sur l’autonomie numérique. Son directeur Guillaume Tissier l’assume d’ailleurs clairement : le sujet n’est pas la dépendance en soi, mais l’excès de dépendance, celui qui finit par devenir un levier de pression commerciale, politique, technologique ou opérationnelle. Le choix de ce thème est bien évidemment directement lié au contexte géopolitique, à la prise de conscience européenne née du comportement de Donald Trump mais au risque de voir ces dépendances encore renforcées par l’essor de l’IA.
Nos dépendances sont devenues des surfaces d’attaque
Vu sous cet angle, le thème de l’édition 2026 tombe juste. Très juste, même. Car la dépendance numérique, aujourd’hui, ce n’est pas seulement la dépendance à un cloud, à un éditeur, à un équipementier ou à une chaîne d’approvisionnement logicielle. C’est aussi la dépendance à des briques de sécurité exposées, à des services tiers omniprésents, à des infrastructures interconnectées dont la compromission peut produire des effets en cascade.
Le dernier panorama de l’ANSSI montre bien que la pression reste élevée : en 2025, l’agence a traité 3 586 événements de sécurité, dont 1 366 incidents confirmés, avec une concentration forte sur l’éducation et la recherche, les ministères et collectivités, la santé et les télécommunications. Elle rappelle que la dépendance numérique n’est plus seulement un sujet de stratégie industrielle. C’est un sujet de surface d’attaque, de continuité d’activité et de pilotage du risque.
Parallèlement, le rapport 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr apporte un second éclairage, plus proche du terrain, presque plus brutal encore. La plateforme a dépassé les 504 000 demandes d’assistance en 2025, en hausse de 20 %, tout en franchissant les 5,1 millions de visiteurs annuels.
L’hameçonnage représente à lui seul un tiers des assistances tous publics confondus. Mais côté entreprises et associations, le signal le plus marquant est ailleurs : le piratage de compte devient le premier motif d’assistance, devant l’hameçonnage, tandis que la fraude au virement grimpe fortement. Pour les collectivités et administrations, le piratage de compte passe lui aussi en tête des demandes. Ce basculement est révélateur. Il dit quelque chose de très concret de notre moment cyber. Les organisations ne sont pas seulement attaquées par des malwares spectaculaires. Elles sont prises dans une économie de la compromission discrète, opportuniste, industrielle, qui exploite les comptes, les habitudes, les tiers de confiance, les fuites de données, les messageries et les workflows financiers. En clair, la dépendance numérique se niche aussi dans les usages ordinaires. Dans le compte Microsoft 365 mal protégé. Dans la boîte mail qui sert de pivot à tout. Dans le prestataire connecté au SI. Dans le service cloud tellement central qu’il devient un point de fragilité systémique.
Pour les RSSI, reprendre la main n’est plus une option
Pour les DSI et les RSSI, ce sujet des dépendances est celui de la maîtrise opérationnelle. Où sont les points de dépendance critiques ? Quels fournisseurs concentrent trop de pouvoir dans l’architecture ? Quels choix techniques rendent l’organisation agile, et lesquels l’enferment ? Pour un RSSI, la question est encore plus frontale : comment sécuriser un système d’information dont la valeur repose de plus en plus sur des couches externes, sur des interconnexions, sur des API, sur du SaaS, sur du cloud et désormais sur des briques d’IA ?
C’est pour obtenir des réponses éclairées et pratiques à ces questions que DSI, RSSI et experts Cyber se rendront dès demain sur le Forum InCyber. C’est pour les mêmes raisons qu’IT For Business sera présent au cœur du Forum et partira à la rencontre des experts, témoins et politiques pour explorer ces questions. Nous allons en effet vous proposer 5 émissions thématiques Live au cours desquelles nous partirons à la rencontre des personnalités et des acteurs qui font la cybersécurité en France. Cinq angles, cinq portes d’entrée, cinq façons de prendre le pouls du moment : Dépendances technologiques, Cyber résilience, IA et cyber, Innovations & Startups, Talents & Formation.
Une manière de rappeler qu’au fond, la cybersécurité n’est plus une discipline isolée. Elle est devenue une question d’architecture, de gouvernance, de compétences, de chaîne de valeur et, plus que jamais, de lucidité. Avec, au final, une promesse de ce Forum InCyber 2026 : celle de ne pas seulement parler de menaces, mais aussi des marges de manœuvre. Et dans un paysage numérique saturé de dépendances invisibles, c’est probablement le bon sujet, au bon moment.
À LIRE AUSSI :
À LIRE AUSSI :
