L’IA pédagogique, antidote à l’illusion de savoir

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L’IA pédagogue, au service de la transmission du savoir

Par Xavier Biseul, publié le 26 mai 2026

L’essor de l’IA dans la formation oppose deux visions : l’assistance immédiate, qui peut créer une illusion de savoir, et l’accompagnement pédagogique, conçu pour faire monter en compétences. En s’appuyant sur l’adaptive learning et les bases de connaissances internes, l’IA pédagogique transforme la transmission du savoir en enjeu stratégique.

Parmi les arguments des détracteurs de l’IA, celui-ci : ChatGPT, Claude ou Gemini n’augmenteraient pas l’humain en lui permettant d’explorer tout son potentiel créatif, mais au contraire l’abêtiraient. En « raisonnant » à notre place et en nous livrant des résultats prémâchés, ces outils flatteraient nos penchants naturels à la paresse intellectuelle. Et si nous cessons de penser par nous-mêmes, ils présenteraient, à terme, un risque d’atrophie de nos capacités cognitives et créatives. Une thèse défendue par le philosophe Éric Sadin dans son dernier livre Le désert de nous-mêmes.

Plus mesuré, Nicolas Bourgerie, CEO de Teach Up, estime que l’IA générative, en produisant et répondant à notre place, installe chez son utilisateur une illusion de savoir, « une compréhension supposée qui ne s’appuie plus sur un véritable apprentissage. Le vrai risque des IA génératives n’est pas qu’elles nous remplacent, mais qu’elles nous fassent renoncer à apprendre. »

À cette IA générative, il oppose l’IA pédagogique, qui n’assiste pas, mais nous aide à développer de nouvelles compétences en adoptant une approche pas-à-pas pour résoudre un problème complexe. Une sorte de professeur particulier qui, avec une patience infinie, nous réexpliquerait inlassablement les points non maîtrisés d’un cours.

L’IA pédagogique répond également au principe d’« adaptative learning ». C’est-à-dire une adaptation automatique des exercices au niveau et au rythme de chaque apprenant, en évaluant sa progression. Un changement de paradigme par rapport au catalogue de formations génériques proposé de manière uniforme à l’ensemble des collaborateurs. Il s’agit, par ailleurs, de favoriser l’ancrage mémoriel par des mises en situations au plus proche du quotidien du métier.

Plusieurs edtechs comme Century, Domoscio, Edtake ou 360Learning se positionnent sur ce terrain. Et à l’image de Teach Up, qui a pour références clients Renault, BPCE, Beaumanoir ou BioMérieux, certaines de ces start-up spécialisées proposent de transformer les contenus propres à une entreprise en parcours pédagogiques personnalisés. Parcours d’intégration (onboarding), formations dédiées à la technique, au commercial, à la relation client ou à la conformité réglementaire, les cas d’usage sont nombreux.

Nicolas Bourgerie

Président fondateur de Teach Up

« Là où certains salariés craignaient que l’IA les remplace, ils observent désormais qu’elle peut les aider à trouver leur place dans l’entreprise. »

L’IA pédagogique s’entraîne sur les bases de connaissances d’une organisation et à partir du savoir-faire de ses experts métiers et des supports qu’ils ont développés (documents, blogs, vidéos, webinaires…). Les contenus de formation générés par l’IA peuvent être validés par un formateur. Nicolas Bourgerie voit dans ces assistants pédagogiques un levier d’adoption de l’IA en milieu professionnel. « Là où certains salariés craignaient que l’IA les remplace, ils observent désormais qu’elle peut les aider à trouver leur place dans l’entreprise. »

Le dirigeant présente, enfin, l’IA pédagogique comme un moyen de captation, de rétention et de transmission des connaissances. En France, avec l’effet du papy-boom, de 175 000 à 200 000 nouvelles personnes environ font valoir leurs droits à la retraite chaque année. Avec eux partent parfois des décennies d’expertise, de mémoire opérationnelle et de compétences clés, souvent peu formalisées et documentées.

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