RH
Quelles compétences acquérir et exiger en 2026 ?
Par Xavier Biseul, publié le 13 février 2026
La montée en puissance de l’IA générative bouleverse les compétences techniques demandées par les entreprises, et surtout les attentes comportementales. Elle rend aussi obsolètes des savoir-faire métiers exposés à l’automatisation.
La transformation numérique avait déjà initié cette dynamique, l’IA générative enfonce le clou. Alors que jusqu’à présent, les employeurs accordaient davantage d’importance aux compétences techniques qu’aux compétences comportementales, la répartition s’équilibre en 2026 entre hard skills et soft skills. L’intelligence artificielle automatisant un nombre croissant de tâches routinières, des qualités humaines comme l’adaptabilité, l’intelligence émotionnelle ou la pensée créative deviennent les facteurs de différenciation professionnelle.
Ce rééquilibrage est le principal enseignement tiré du rapport annuel Global State of the Skills Economy Report de Cornerstone OnDemand. Pour établir le classement des compétences les plus demandées en 2026, l’éditeur de solutions RH a analysé plus de 28 To de données compilant des offres d’emploi, des CV, des données publiques, des parcours de formation ou des rapports d’entreprises. En tout, plus de 50 000 compétences ont été passées au crible dans différents secteurs, fonctions et pays.
Il reste tout de même des attentes en termes de hard skills : ainsi, la demande en IA et en machine learning a explosé de 245 % en un an et devient la compétence la plus demandée. Viennent ensuite la cybersécurité (+31 %), les technologies green IT (+156 %), la data analytics (+22 %) et le cloud computing (+85 %). La blockchain (+175 %) et la robotique (+125 %) font également des percées remarquables.
« La demande de compétences liées à l’IA a explosé dans tous les secteurs, bien au-delà d’une simple compétence informatique de niche, avance l’étude de Cornerstone OnDemand. La maîtrise de l’IA, c’est-à-dire la capacité à la comprendre, à s’y adapter et à collaborer avec elle, devient une exigence fondamentale pour la réalisation des tâches professionnelles. » Une exigence qui dépasse de loin le seul périmètre des experts de la data science et des développeurs spécialisés.

A contrario, des compétences de bases comme la saisie de données (-75 %) ou la maîtrise de Microsoft Office (-52 %) semblent démonétisées. L’IA donne également un coup de vieux à des expertises métiers comme le service client (-45 %), les ventes et le marketing (-22 %) et le support administratif (-38 %), des domaines fortement exposés aux capacités d’automatisation de l’IA.
Et cette dernière ne se contente pas de redéfinir les compétences techniques, elle valorise des compétences comportementales comme l’intelligence émotionnelle (+95 %), la pensée créative (+18 %), la résilience et la flexibilité (+42 %), le leadership et l’influence sociale (+28 %). Des qualités humaines clés pour résoudre des problèmes complexes dans un contexte de bouleversements permanents.
La capacité de travailler en autonomie (+850 %), la rigueur (+780 %) et la collaboration virtuelle (+220 %) connaissent également de fortes progressions. De son côté, le World Economic Forum place également la pensée analytique, la curiosité, l’empathie ou l’écoute active dans son top 10 des compétences clés.
Alors que les compétences techniques deviennent rapidement obsolètes, au gré des évolutions technologiques, les organisations privilégient les collaborateurs démontrant un engagement à tout épreuve et une capacité à apprendre en continu.
Selon le rapport de Cornerstone OnDemand, elles recherchent également des rôles hybrides, « combinant des compétences techniques et des compétences humaines de façon beaucoup plus harmonisée. »
Soit le meilleur des deux mondes.
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