Green IT

Sobriété numérique – Pour Bouygues, la mesure est essentielle

Par Marie Varandat, publié le 13 juillet 2023

Pour le groupe Bouygues, la compréhension du sujet ou l’absence d’indicateurs de suivi ne doivent pas freiner l’action, car les leviers de réduction de l’empreinte du numérique sont connus.

Le groupe Bouygues espère réduire la totalité de son empreinte environnementale de 30 % à 50 % d’ici 2030. Bien que la part de l’empreinte numérique varie fortement entre les activités de construction, Equans, TF1 et Bouygues Telecom, le groupe a adopté la même ligne de conduite partout : comprendre, mesurer, agir. Sensibiliser pour aider chaque collaborateur à comprendre les enjeux. Mesurer pour avoir des ordres de grandeur et décider des actions à entreprendre. Agir, enfin, « en gardant à l’esprit qu’il ne s’agit pas uniquement de réduire les émissions de carbone. L’eau et les ressources abiotiques font partie de l’équation. Trop de gens ont tendance à l’oublier », souligne Olivier Hoberdon, DSI de Bouygues SA, la holding du groupe.

Des collaborateurs “conscients des enjeux”

« Pour s’emparer du sujet, il faut des collaborateurs conscients des enjeux, ajoute Marie-Luce Godinot, directrice générale adjointe Innovation, Développement durable, et Systèmes d’Information du groupe BouyguesC’est pourquoi nous attachons autant d’importance à la phase “comprendre”. Réduire le nombre de mails, c’est bien. Ne pas changer de téléphone tous les deux ans, c’est mieux, parce que l’impact prédominant vient de la fabrication. Nos collaborateurs ont besoin d’avoir ces ordres de grandeur pour réagir efficacement. » Le groupe s’est appuyé sur les outils pédagogiques Fresque du Climat et Fresque du Numérique, formant un premier lot de 250 collaborateurs, qui sont ensuite devenus des ambassadeurs internes. À date, Bouygues estime avoir formé 12 000 collaborateurs.

12 000 collaborateurs formés à la Fresque du Climat et, à date, 400 collaborateurs animateurs de la Fresque du Climat.

63 % des 16 500 équipements informatiques collectés ont été reconditionnés (soit 17 000 m3 d’eau épargnés)

Côté mesure, Bouygues s’appuie sur des cabinets externes qui utilisent les bases de Boavizta (groupe de travail inter-organisations dédié à l’évaluation des impacts environnementaux du numérique des organisations) et de l’Ademe. « Nous utilisons aussi les données des fabricants de matériel et éditeurs de logiciel, l’idée étant de s’appuyer sur différents référentiels pour arriver à une mesure aussi cohérente que possible. Malgré tout, il faut rester humble et savoir se contenter d’approximations », précise Olivier Hoberdon. « Ce qui ne doit pas nous empêcher d’agir, ajoute Marie-Luce Godinot. D’un point de vue rationnel, il faudrait traiter nos trois axes – comprendre, mesurer et agir – dans la succession. Mais la vraie bonne pratique est de les lancer en parallèle car on sait déjà globalement sur quels leviers agir pour réduire l’empreinte du numérique. »

Chez Bouygues, deuxième vie pour les équipements

Fort de ces principes, Bouygues mène de nombreuses actions : prolongation de la durée de vie du matériel, reconditionnement, sensibilisation des collaborateurs au poids carbone des équipements choisis dans le catalogue interne, diffusion de bonnes pratiques pour réduire la consommation énergétique… En 2022, 63 % des 16 500 équipements informatiques récupérés au sein du groupe ont bénéficié d’une deuxième vie. Côté applicatif, Olivier Hoberdon reconnaît avoir encore des progrès à faire : « L’éco-conception soulève des problèmes de compétences car elle influe sur les outils utilisés par les développeurs. Or, on ne peut simplement pas leur demander d’abandonner leurs technologies habituelles du jour au lendemain pour en utiliser des plus économes. » En effet, c’est au début de l’histoire d’un service numérique que l’on peut influer sur son empreinte future. Toutes les applications n’ont pas besoin de redondance ou de haute disponibilité. Autre point d’achoppement, les smartphones reconditionnés ne font pas l’unanimité. Marie-Luce Godinot estime toutefois que « avec la généralisation de la sensibilisation, la demande sera de plus en plus présente. Reste que le marché du reconditionné n’est pas encore suffisamment développé pour répondre à cette demande ».

Marie-Luce Godinot, DGA Innovation, Développement durable Groupe Bouygues : « Il faut agir sans tarder. Au fur et à mesure que la compréhension se généralise et que la mesure s’affine, l’action s’intensifiera. »
Marie-Luce Godinot, DGA Innovation, Développement durable : «Il faut agir sans tarder. Au fur et à mesure que la compréhension se généralise et que la mesure s’affine, l’action s’intensifiera.»

L’ENTREPRISE

Activité : Construction, énergies et services, média, télécoms
Budget de fonctionnement informatique : 44,3 Md€ (consolidation d’Equans, 4e trimestre 2022)
Effectif : 196 154 collaborateurs répartis dans plus de 80 pays

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