Avec cinq millions d’utilisateurs, cette start up californienne veut devenir leader de la gestion de contenu en mode Saas. Et, si possible, dégommer Microsoft Sharepoint par la même occasion. Visite dans les locaux de Palo Alto.

Lorsqu’on arrive chez Box.net, l’esprit start up saute aux yeux. Installée dans un hangar de Palo Alto, la société compte à ce jour plus de 150 personnes, d’une moyenne d’âge de 25 à 35 ans. Un grand open space, un café-bar, un lounge pour se décontracter, des pistolets à eau qui traînent sur les bureaux… Tous les stéréotypes de la start up web américaine sont respectés dans cette société, dont l’objectif est de devenir le leader de la gestion de contenu en mode Saas (Software as a Service).

 

L’avantage de Box.net, c’est que son marché cible est constitué de personnes comme ses salariés : jeunes, citadines, adeptes des réseaux sociaux et des applications mobiles. Bref : la génération Y qui, tôt ou tard, prendra les rênes dans les entreprises. « La manière dont les gens travaillent change totalement, explique Dan Levin, directeur opérationnel. Les collaborateurs sont mobiles et disposent de plusieurs terminaux de connexion. Ils veulent pouvoir accéder à leurs données professionnelles et les partager de manière simple, quel que soit l’endroit où ils se trouvent. »

Box.net répond à leur attente, et de manière gratuite, afin de créer une accoutumance : cinq gigaoctets de stockage, des liens de partage et l’accès mobile. Pour ceux qui veulent accéder à la recherche plein texte et aux fonctions de collaboration (versioning, intégration Google Apps, statistiques d’accès, etc.), il leur en coûte 15 dollars par personne et par mois. La version complète du service se fait sur devis, avec une intégration sur Salesforce, stockage chiffré, contrôle d’accès basé sur des rôles, et support dédié.

Un module pour intégrer les solutions ECM existantes

Et ça marche. Box.net compte plus de cinq millions d’utilisateurs parmi lesquels se trouvent, surtout, de plus en plus d’entreprises. A ce jour, 60 000 ont pris à ce jour des abonnements, des PME mais aussi des grands comptes. « 73 % des entreprises entrant dans le classement Fortune 500 sont nos clients. Nous comptons aussi beaucoup d’utilisateurs travaillant dans de grands groupes français », souligne Dan Levin. Evidemment, dans les grandes structures, Box.net ne remplace pas les systèmes de gestion de contenu existants (ECM, Enterprise Content Management). Le service vient généralement en complément, pour résoudre un problème particulier, comme l’accès à des données commerciales sur iPad en situation de mobilité. D’ailleurs, la société vient de publier, il y a une semaine, un module qui permet d’intégrer Box.net à une quarantaine de logiciels de gestion de contenu traditionnels, dont EMC Documentum et Microsoft Sharepoint. Ce module a été développé par le Français Entropysoft, spécialisé dans les connecteurs logiciels pour la gestion de contenu.

Mais intégrer ne veut pas dire soutenir. Au contraire, Box.net défie ouvertement les mastodontes du secteur, et en premier lieu Microsoft. Partout dans les locaux de l’entreprise, on trouve des autocollants « No Sharepoint ». Le restaurant d’entreprise est même décoré d’un bandeau géant « Box.net vs Sharepoint » (voir diaporama photo). Et quand on mentionne l’arrivée de Microsoft dans le cloud avec BPOS et Sharepoint Online, on récolte un sourire. « Avec BPOS, il faut presque deux heures pour comprendre comment partager un document et seulement quinze minutes sur Box.net », assure le directeur opérationnel.

Antoine Boulanger, 25 ans, polytechnicien, embauché chez Box.net

Plusieurs Français travaillent chez Box.net. L’un d’entre eux est Antoine Boulanger, 25 ans, polytechnicien. Ayant déjà travaillé pour deux start up à Paris, il a contacté Box.net en 2010, au travers d’un autre ingénieur français. Depuis trois mois, il a rejoint l’équipe à Palo Alto, en tant qu’ingénieur logiciel (Backend Engineer). Il travaille dans le domaine de l’infrastructure de stockage. « J’avais envie de voir comment cela se passait dans la Silicon Valley et, surtout, d’apprendre. Les challenges techniques sont beaucoup plus élevés », explique-t-il. Et l’ambiance de travail ? « Impressionnante. Tout se fait de manière très rapide et dans un très grand optimisme. »