Intelligence artificielle, capteurs en tout genre, et des PC d’un genre vraiment nouveau ont animé l’édition 2020 de l’incontournable CES de Las Vegas. De ce foisonnement d’idées plus ou moins loufoques et de délires visuels provoqués par une surabondance d’écrans, les DSI pouvaient y pêcher quelques enseignements sur les tendances à venir.

Le CES (Consumer Electronic Show) est un événement majeur dont le nom masque assez mal la variété des domaines qui le fréquentent. Ce gigantesque salon regroupe grandes entreprises, startups, et autres inventeurs venus de tous les horizons et de tous les pays. C’est à la fois une exposition dédiée à la technologie, un laboratoire d’expérimentations parfois totalement farfelues et un bon moyen de prendre le pouls des tendances technologiques d’aujourd’hui et de demain mais aussi celui des évolutions des usages et de la consommation des biens électroniques.

L’édition 2020 n’aura pas échappé à la règle et les DSI ont beaucoup de choses à retirer du foisonnement technologique qui y est présenté. Voici l’essentiel à retenir de cette édition…

Une nouvelle forme de PC

Dell Concept Duet

L’ensemble des acteurs du marché semble convaincu que l’avenir du PC réside dans un nouveau format de machines ultraportables dotées de deux écrans ou d’un seul écran pliable. La première formule permet de bien séparer les actions multitâches entreprises. La seconde formule facilite tout autant ce multitâche tout en laissant la possibilité de profiter d’un écran étendu pour les contenus multimédias, à commencer par les films. Mais la résistance au temps de tels écrans est encore à démontrer. Intel a pensé ses nouvelles générations de processeurs mobiles (Comet Lake H et Lakefield) pour ces appareils. Et Microsoft – qui a popularisé l’idée en annonçant dès octobre dernier ses Surface Neo (qui n’arriveront qu’en fin d’année 2020) – développe une nouvelle mouture de Windows à l’ergonomie spécialement ajustée pour ces formats : Windows 10X.

Dell dévoilait ainsi deux prototypes : Concept Duet et Concept Ori. Le premier est un portable 13,4 pouces où le clavier physique est entièrement remplacé par un second écran tactile. Un clavier physique aimanté peut être placé partiellement au-dessus de cet écran entraînant une reconfiguration à la volée des espaces d’affichage. Il est aussi possible d’utiliser le clavier tactile de Windows ou la saisie au stylet. La charnière 360° qui relie les deux écrans est similaire à celle du XPS « 2 en 1 » et permet plein de position et de scénarios.
Le Concept Ori est plus compact avec son écran pliable d’une taille de 13 pouces une fois déplié.

Lenovo Thinkpad X1 FOLD

Lenovo a déjà dépassé le stade des prototypes et compte bien lancer son Thinkpad X1 Fold dès cet été. Ce PC de moins d’1Kg dispose d’un écran pliable de 13,3 pouces. Il est conçu pour être utilisé soit comme un livre, soit comme une tablette, soit comme un PC ultracompact en utilisant la partie basse de l’écran comme un clavier tactile ou en activant le clavier physique Bluetooth livré qui s’intercale entre les deux écrans lorsque l’on ferme l’appareil pour se déplacer. L’appareil fonctionnera sous Windows 10 grâce à des accessoires ergonomiques développés par Lenovo en attendant la disponibilité de Windows 10X que l’on devrait découvrir lors de la conférence Build 2020 en mai.
Notre confrère InformatiqueNews revient plus en détail sur ces « PC nouveaux formats ».

Un marché PC qui renait et continue d’innover

Lenovo ThinkBook Plus

L’idée d’ajouter un deuxième écran est également explorée autrement par certains acteurs. C’est le cas d’Asus qui, depuis quelques années, cherche à intégrer des écrans au clavier voir juste au-dessus. Le constructeur n’a pas abandonné son écran tout en largeur ScreenPad introduit l’an dernier sur son Zenbook Duo Pro. C’est une sorte de Touch Bar façon Apple mais surdimensionnée de sorte à pouvoir afficher des Widgets contextuels, des applications en tâche de fond ou des zones de saisie au stylet. Asus le décline désormais sur des modèles plus accessibles, les Zenbook Duo 14 et 15 pouces.
Lenovo a choisi de placer un grand écran e-Ink sur le capot de son ordinateur. Ces écrans monochromes ne consommant quasiment rien tout en étant très lisibles au soleil, ils peuvent en permanence afficher des informations ou permettre la saisie de notes sans même allumer le PC. Malin.
Notre confrère InformatiqueNews a dédié un compte-rendu complet sur ces PC qui sortent de l’ordinaire.

Autres stars du salon, les mini-PC font leur grand retour, portés par les performances des derniers processeurs AMD et Intel mais aussi par le nouveau concept Compute Card d’Intel.

L’Intel NUC 9 PRO

Avec ses « NUC 9 Pro » et « NUC 9 Extreme », Intel réinvente le NUC et le rend bien plus modulaire. L’appareil possède un fond de panier à 3 slots. Le premier slot accueille l’un des Compute Element d’Intel embarquant processeur, mémoire et stockage SSD. Le second slot reçoit la carte graphique PCIe x16 de votre choix tant qu’elle reste au format compact 8’’ (double largeur). Le dernier slot est plus universel avec son format PCIe x4 et peut accueillir du stockage supplémentaire, du réseau ou des extensions spéciales. Un concept qui a inspiré d’autres constructeurs dont Razer (Tomahawk), CyberPower (Nox) ou encore XPG (Gaia).

Intel a aussi présenté sa nouvelle génération de NUCs plus classiques, les nouveaux « NUC 10 » basés sur ses Intel Core i de 10e génération. Des processeurs que l’on retrouve dans les clones de NUC produits par Zotac (qui renouvelle toute sa gamme Edge et Nano et introduit un ZBox surpuissant dédié au créatif, le Inspire Studio) ou encore ECS avec son Liva Z3E Plus.

Dell intègre, lui, un mini PC tout en finesse et tout en longueur dans le pied du moniteur avec son concept OptiPlex 7070 Ultra.

Là encore, si vous souhaitez en savoir plus, nous vous invitons à consulter le compte rendu détaillé de notre confrère InformatiqueNews sur « ces mini PC qui ont fait le show »…

L’IA envahit tous les domaines

Les avatars NEON de Samsung

Sans surprise, on voyait des applications de l’IA un peu partout sur ce CES. La bataille se joue notamment sur le marché des composants et des processeurs spécialisés, mais aussi dans le cloud et dans un Edge à la connectivité parfois intermittente.
Objectif, apporté de l’intelligence à tous les objets qu’ils appartiennent à notre quotidien (comme le robinet Kohler a qui l’on peut demander de verser une quantité bien précise d’eau) ou qu’ils servent l’univers de la santé, de l’optimisation des processus ou du marketing. Concernant ce dernier point, Samsung a capté l’attention des médias avec ces nouveaux avatars NEON principalement conçus pour animer des points de vente ou d’accueil du public. Entièrement générés en infographie 3D temps réel, ils ont des expressions faciales et corporelles criantes de vérité et sont animés par une intelligence conversationnelle dont on ne sait pas trop encore ce qu’elle vaut.

Le quantique étend sa présence

IBM Q Systems

L’an dernier, IBM avait surpris la communauté informatique en introduisant son premier ordinateur quantique commercial, l’IBM Q System One, durant le CES. Cette année, Big Blue affichait une nouvelle machine 53 Qubits (qui a déjà rejoint son IBM Cloud et son service Q Experience) et annonçait avoir doublé en un an son indice « Quantum Volume » sorte de benchmark maison pour qualifier à la fois la performance et la stabilité des calculs quantiques. IBM annonçait surtout travailler avec plus de 100 entreprises et organisations aux premières applications pratiques de ces machines quantiques.
Mais au-delà des calculs, on a aussi beaucoup parlé communications quantiques avec différents prototypes pour transférer des informations quantiques au sein de réseau ou jusqu’à des satellites ou encore chiffrement quantique. La startup canadienne Isara démontrait ses technologies de chiffrement « post-quantique » en les intégrant dans Karma Revero GT afin de protéger les communications entre le système embarqué du véhicule et le cloud qui l’alimente en mises à jour des firmwares et en informations routières notamment.

La multiplication des capteurs s’accentue encore

Le capteur d’ondes cérébrales de NextMind

L’IoT est toujours aussi présent sur le CES avec des usages toujours plus variés portés par des capteurs pour mesurer à peu près n’importe quoi. Mais c’est surtout dans le domaine de la santé que les progrès sont les plus remarquables. Capteurs pour analyser le sang, les urines, la peau, le cœur, on trouve un peu de tout.
Withings a présenté sa nouvelle montre ScanWatch dont le capteur analyse le taux d’oxygène dans le sang et repère les apnées du sommeil.
Aktiia présente un nouveau bracelet de surveillance de la pression artérielle dont la fiabilité des mesures serait d’une étonnante précision.
Quant à la startup française Next-Mind, elle présentait son capteur d’ondes cérébrales et le kit de développement qui l’accompagne. Placé sur la tête, l’appareil exploite 9 capteurs EEG et une bonne dose de deep learning pour comprendre des commandes ordonnées simplement par la pensée. Pour l’instant les applications sont plutôt vidéoludiques mais pourraient aussi permettre de contrôler des appareils quand les mains sont occupées ou encore de contourner des handicaps moteurs.
Autre innovation, la lampe de la startup française Lexilife émet des lumières pulsées pour limiter les effets de la dyslexie.