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Cette génération qui ne veut pas manager

Par La rédaction, publié le 28 août 2013

Pourquoi ces cadres de 30-35 ans, brillants et qualifiés, font profil bas par crainte d’être promus ? Echaudée par les errements des générations précédentes, la génération Y sait ce qu’elle veut et, surtout, ce qu’elle ne veut pas.

C’est un sujet que l’on évoque à mots couverts… Celui de ces cadres de 30-35 ans, brillants et qualifiés, qui font profil bas par crainte d’être promus. Ou de ces jeunes à haut potentiel refusant un avancement pour partir en province, vers un poste moins prestigieux mais une meilleure qualité de vie.

Il y a quelque temps, Kristi Hedges, coach spécialisée, évoquait dans Forbes le refus, assumé, de telles responsabilités. Comment ce qui était considéré, il y a encore quelques années, comme un poste enviable a pu devenir pour certains un véritable repoussoir ?

Kristi Hedges évoque la charge de travail et pointe le manque de formation et de préparation des futurs cadres. Elle détaille aussi le poids d’un management de plus en plus virtuel, complexe et impersonnel, alors que les déplacements professionnels, qui autorisent les contacts réels, se réduisent de plus en plus.

“Faut-il redéfinir ce que doit être un cadre ?”

Mais la vraie explication résiderait dans les attentes irréalistes et la pression inhérente à cette fonction. D’ailleurs, une étude interne du cabinet Heidrick and Struggles révèle que 40 % des managers ne tiennent pas plus de dix-huit mois dans leur rôle…

Ainsi, de nombreux directeurs, cadres confirmés quadras et quinquas, évoquent sous couvert d’anonymat la perte de sens de la fonction au fil des revirements continus des stratégies et de la dictature du court terme. D’autres n’hésitent pas à parler de l’appauvrissement considérable des responsabilités… Le manager 2013 deviendrait-il un nouveau bureaucrate ?

Cette situation problématique risque de déboucher, à terme, sur un vrai problème pour les postes de Senior Management. Mieux informés, échaudés par les errements des générations précédentes, les membres les plus talentueux de la génération Y (18-30 ans) savent ce qu’ils veulent et, surtout, ce qu’ils ne veulent pas de la part de leurs employeurs.

Et ils sont de plus en plus nombreux à choisir le métier d’entrepreneur. Doit-on redéfinir pour autant la fonction des managers, comme le pense Gary Hamel, président du cabinet de conseil Stratego ? Ou changer radicalement un modèle hérité du siècle précédent, peu adapté aux nouveaux défis, ou encore réinventer leur formation ? Le débat est ouvert.

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