En sortant de l’École Polytechnique Féminine en 1990, Aline Bourdin avait un objectif bien précis… dont elle admet qu’il puisse étonner aujourd’hui : « Je n’étais pas obsédée par l’idée de faire une carrière. Je voulais surtout fonder une famille. C’est pour cela que mes premiers postes m’ont emmenée dans l’industrie plutôt que dans des SSII, réputées très exigeantes à l’époque en termes d’horaires et de disponibilités ».

D’abord chez Shell, puis chez Total, elle acquiert une solide expérience sur les technologies Microsoft, qui vont lui permettre de rejoindre le groupe Bouygues quelques années plus tard. « Bouygues Construction IT (Structis) était la société de services du groupe, en mode GIE comme cela commençait à peine à se faire à l’époque. C’était très moderne et je me suis vraiment épanouie dans cette culture d’entreprise ».

Une vraie seconde famille, après avoir fondé la sienne ! Au point qu’elle y restera près de 25 ans, d’abord dans un rôle technique d’ingénieur,
responsable de la production, puis de directrice de projet, et ensuite, en devenant DSI de l’entité Bouygues Énergie & Services en 2006.
« Cette période a été marquée par de grands projets applicatifs et un travail de plus en plus étroit avec les directions métiers, sur des sujets comme la GMAO, l’IA, etc. J’avais mis en place, dans mon équipe, des correspondants dédiés à l’écoute des besoins sur le terrain, ce qui a notamment permis de développer de nombreuses apps en réponse », se souvient-elle.

Son arrivée chez Vinci Construction, en 2019, également comme DSI, mais cette fois d’une DSI très internationale, a clos ce chapitre important de sa carrière – car elle en fait bel et bien une, finalement ! « Il a fallu tourner la page après avoir constaté que les opportunités étaient ailleurs », explique-t-elle. Son nouvel employeur est venu la chercher, sans doute convaincu par sa capacité à diriger une équipe répartie dans les filiales. « C’est amusant de constater que la boucle se boucle avec ce poste très tourné vers l’international, pour moi qui avait tellement apprécié, lors de mes études et alors que ce n’était vraiment pas à la mode, de faire un long stage aux USA ».

L’heure est donc aujourd’hui au moins autant à la digitalisation et à la modernisation des infrastructures, qu’à la mise en place d’une véritable communauté d’experts au sein de sa DSI, partageant les mêmes objectifs de par le monde et ouverte à l’échange avec les métiers. Une belle famille en somme…

Propos recueillis par François Jeanne.

CE QUI ME PASSIONNE AUJOURD’HUI > Construire une vision commune dans la DSI, sur tous les continents où nous sommes présents, en répondant aux attentes locales des métiers tout en restant cohérents dans nos pratiques.

LE CASSE-TÊTE DU MOMENT > La sécurisation des données, afin de les rendre utiles et exploitables et d’en faire ainsi de véritables ressources pour nos managers.

MON CHEVAL DE BATAILLE > Avec l’expérience, je me sens légitime pour échanger avec de jeunes femmes managers et notamment partager avec elles sur les équilibres à trouver entre la carrière et la famille, sans renoncer à aucune des deux.

MA VEILLE TECHNOLOGIQUE > Même si dans mon rôle de DSI je me suis un peu éloignée des projets « techniques », je reste très attentive, et depuis toujours, aux offres proposées par un éditeur comme Microsoft.

MES INDICATEURS > Nous mettons aujourd’hui en place la plateforme Yammer qui nous permet, entre autres, d’informer nos clients internes des initiatives de ma direction. Je suis attentive à l’accueil que notre démarche reçoit, pour vérifier que nous agissons dans la bonne direction.

Parcours de Aline Bourdin

Depuis 2019 : DSI, Vinci Construction International Network
  2006-2019 : DSI, Bouygues Énergie & Services
  1995-2006 : Ingénieur IT, administrateur datacenter et manager de projet, Bouygues Construction
1990 – 1995 : Ingénieur (infrastructures réseau), Total puis Shell

FORMATION
École Polytechnique Féminine (1990)