La dernière assemblée générale de l’association French Women CIO se tenait mi-juin à deux pas de l’Arc de Triomphe dans les locaux du cabinet Pearl Executive Search. Objectif : rendre les femmes du numérique plus visibles.

Créée en mai 2018 par Malika Mir, Christine Debray et Caroline Raveton, French Women CIO compte 45 membres, toutes basées en Île de France et travaillant dans le secteur privé pour l’immense majorité.

Une trentaine sont DSI ou CDO, les autres « N-1 » et prêtes à sauter le pas. L’association les aident d’ailleurs dans cette démarche : « Nous avons fait bénéficier huit d’entre elles d’un programme de mentoring pour les préparer à prendre un poste de DSI », détaille Malika Mir, présidente fraîchement réélue pour trois ans. Elle se réjouit également que, depuis le début de l’année, 31 offres de poste (DSI, digital ou data) aient été partagées au sein du réseau.

D’ailleurs, au moins deux membres, parmi la trentaine présentes ce soir-là, venaient de prendre leurs nouvelles fonctions : Armelle Lavoisy, chez Damart, et Christine Robinne, chez Danone.

Une autre habituée de l’association vient en revanche de quitter son poste : les restrictions budgétaires de l’entreprise l’ont conduite à devoir se passer du rôle de pilotage de la transformation numérique…

Au total, on dénombre ce soir-là, pas moins de cinq femmes DSI déjà récompensées d’un trophée des DSIN de l’année, dont la récipiendaire du Grand Prix en 2020, Alice Guéhennec, DSI de Saur.

Un rôle-modèle pour susciter des vocations

MALIKA MIR, présidente de French Women CIO

MALIKA MIR,
présidente de French Women CIO
« Les hommes n’hésitent pas à se mettre en valeur, à être candidats dans tous les concours. Nous ne devons pas nous empêcher d’en faire autant. »

Si ces DSI ont pris à un moment le risque de se mettre, elles et leurs équipes, en avant, la démarche n’allait pas forcément de soi. Une autre DSI de l’assemblée avoue ainsi : « Les femmes se brident un peu plus, au niveau leadership et visibilité. Un homme au même niveau que moi accepterait tout de suite l’idée d’être candidat ». Un réflexe qui date souvent du plus jeune âge.

Un biais auquel French Women CIO, tout comme les associations membres par exemple de Femmes@Numérique, veut s’attaquer. Ses adhérentes partagent ainsi la volonté de se rendre plus visibles en présentant leur métier dans les écoles, en intervenant lors de conférences, au sein de jurys, voire en représentant leur entreprise dans des événements organisés par les fournisseurs… ou par IT for Business.

Et, à la différence, souvent, de la gent masculine, c’est plus pour défendre une idée qu’elles acceptent cette visibilité, et moins pour se mettre elles-mêmes en valeur. L’association les aide à « se dépasser » grâce à des ateliers de développement personnel qui s’intercalent avec des retours d’expériences croisés, au rythme d’un rendez-vous par mois.

LE NOUVEAU BUREAU DE FRENCH WOMEN CIO

   Présidente-fondatrice : Malika Mir, DSI de Bel
              Trésorière : Christine Robinne, DSI de Danone pour la région Europe, CIS, Turquie
Chargée de communication : Sandrine Ledru, DSI de la division Intelligent Exterior Systems de Plastic Omnium
              Secrétaire : Céline Vianès, head of asset management partners integration chez Generali Investments