Microsoft relance sa célèbre et abandonnée franchise « Flight Simulator »… Une véritable claque visuelle et une spectaculaire démonstration du potentiel du cloud, orchestrées par des développeurs français !

Flight Simulator… Sans en avoir l’air, cette franchise est aussi la plus ancienne de Microsoft encore active. Plus ancienne que Windows ou Office. Ses premières ébauches datent de 1976 et ont été conçues sur Altair 8800 avant de se concrétiser sur Apple II puis sur Commodore 64, Atari 800…

Pourtant, sa dernière version « Flight Simulator X » date de 2006 ! Depuis plus rien… Si ce n’est un joli mais peu réaliste « Microsoft Flight » en 2012 qui n’avait pas grand-chose en commun avec le mythique simulateur.
Treize ans de silence… Avant que Microsoft ne se décide à lui redonner vie avec un Flight Simulator 2020 époustouflant de réalisme et disponible depuis la semaine dernière. De l’IA, des graphismes photo réalistes, des pétaoctets de données géographiques et satellitaires, et l’élasticité du cloud pour assembler le tout, mais aussi le talent des développeurs du studio français Asobo donnent vie à un logiciel qui marque un nouveau tournant dans l’univers de la simulation.

On le dit souvent, le jeu vidéo est l’un des grands moteurs de l’innovation informatique et les DSI ont beaucoup à apprendre en surveillant ce qui se passe dans cet univers. Flight Simulator 2020 en est une nouvelle preuve.

Une démonstration visuelle

Dès le lancement, le joueur/spectateur en prend plein la vue… Quelle claque visuelle ! Quel réalisme ! À lui seul, Flight Simulator 2020 est l’une des plus impressionnantes démonstrations du potentiel graphique 3D temps réel des dernières cartes graphiques. C’est aussi probablement l’une des plus belles expériences 4K du moment… Et même 8K (33 millions de pixels) comme certains joueurs ont pu l’expérimenter avec le mode « Ultra » et une carte graphique Nvidia RTX Titan embarquant 24 Go de VRAM dédiée, mais en se contentant de 10 images par seconde !

Le rendu est spectaculaire et définit une nouvelle norme en matière de réalisme visuel. Désormais, toute application graphique sera comparée, en la matière, à Flight Simulator 2020. Il y a matière à amélioration d’ailleurs, puisque le moteur n’exploite pas encore les fonctionnalités Ray Tracing des nouvelles cartes.

Une cartographie tirée du cloud

Flight Simulator 2020 permet de survoler n’importe quel endroit sur terre. Il s’appuie pour cela sur la cartographie de Bing Maps convertie en 3D grâce à la photogrammétrie, des données de terrain issues d’OpenStreetMap et pas mal d’IA (voire plus loin).
Au final, Flight Simulator 2020 s’appuie sur plus de 2,5 pétaoctets de données géographiques stockées et streamées depuis le cloud Azure de Microsoft.
Le jeu de Microsoft est ainsi l’une des plus belles démonstrations de l’utilisation possible des données de Bing et Bing Maps pour enrichir un univers qu’il soit statistique ou visuel.

Un jumeau digital de la terre

Bien évidemment, le rendu graphique ne se contente pas des images satellitaires qui alimentent Bing Maps ou des produits comme Google Earth.
Flight Simulator 2020 recrée un véritable jumeau numérique de la Terre en créant un monde simulé avec plus de 2 milliards de milliards (2 trillions) d’arbres, 1,5 millions de bâtiments, 37 000 aéroports mais aussi des voitures, des routes, des avions, des personnes, et des éléments naturels comme les nuages (voir plus loin) ou les vagues des océans.
Un jumeau numérique bâtit à l’aide de données géographiques mais aussi d’intelligence artificielle et de moteurs physiques algorithmiques.
C’est sans aucun doute le jumeau numérique de notre planète le plus complet créé à ce jour et les technologies utilisées pour la réalité ont de quoi inspirer développeurs et DSI.

De l’IA à tous les étages…

Ce jumeau numérique est en très large partie créé et animé par des technologies IA embarquées dans le cloud. Feus et illuminations des pistes des aéroports, animaux sauvages des jungles africaines, voitures et autres véhicules de transport, bateaux, le monde numérique de Flight Simulator 2020 est un monde vivant.
L’essentiel de l’IA convertissant l’imagerie satellitaire en une représentation 3D réaliste est le fruit d’une entreprise autrichienne, « Blackshark.ai ». Celle-ci a reconstruit en 3D les 1,5 milliard de bâtiments et les 30 millions de kilomètres carrés de végétation du Digital Twin 3D de la Terre simulé dans Flight Simulator 2020.
Bien évidemment, l’IA qui convertit l’imagerie en éléments 3D présente parfois des inexactitudes ou des éléments invraisemblables mais ces derniers s’effaceront peu à peu avec le temps et l’enrichissement des données et des algorithmes. D’autant qu’en utilisant des centaines de VM en parallèle dans le cloud, l’IA de Blackshark peut analyser et traiter la planète entière en moins de 72 heures.

Une météo en temps réel

Du cloud et de l’IA permettent également à Flight Simulator 2020 d’offrir un environnement météorologique précis et réel. Un partenariat avec le spécialiste Meteoblue a été signé pour insuffler au jeu des modèles météorologiques basés sur leurs archives et leurs prédictions. Température, vitesse du vent, humidité, pression et d’autres données comme l’aérodynamisme des terrains naturels sont pris en compte.
La représentation des masses nuageuses est étonnamment réaliste mais elle est aussi exacte dans le sens où c’est bien la météo mondiale du jour qui est utilisée. Au point que certains joueurs s’amusent d’ailleurs à explorer en avion l’actuel ouragan Laura qui affecte la côte atlantique américaine.

Un simulateur de vol hébergé dans l’Azure…

Comme nous l’avons déjà vu, Flight Simulator doit beaucoup de son réalisme au cloud. Rendus visuels, fidélité des modèles physiques, stockage des téra-octets de textures… sans Azure, des centaines de VM, et une élasticité à toute épreuve pour permettre aux centaines de milliers de joueurs de voler dans un même univers rien de tout cela n’aurait été possible.
Le cloud permet aussi à Flight Simulator d’afficher un digital twin vivant de la terre et de faire évoluer les algorithmes, les IA et les simulations régulièrement et en douceur pour affiner au fil des mois les expériences des pilotes aux commandes du jeu.

Flight Simulator 2020 marque ainsi un tournant important aussi bien par son usage intensif du cloud, par l’omniprésence de l’intelligence artificielle que par le réalisme de son rendu graphique. Un tournant qui mérite que les DSI aussi s’y intéressent… et pas uniquement ceux amateurs de simulation de vol… Le logiciel est disponible dans Windows Store, dans Steam et via le site officiel.