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French Tech Tour : s’installer (ou pas) dans la Silicon Valley

Par La rédaction, publié le 05 juillet 2011

Quinze entrepreneurs français viennent de participer au French Tech Tour : un séminaire en immersion dans la Silicon Valley organisé par Ubifrance. Qu’en ont-ils retiré ?

L’an dernier, six sociétés participantes du French Tech Tour sur quinze se sont finalement installées dans la Silicon Valley. Cette année, Caps et Ateme ont déjà une filiale aux Etats-Unis et six autres entrepreneurs devraient très probablement franchir le pas dans les six mois à venir. Une chose est sûre : tous ont avancé dans leur réflexion et se sont surtout posé les bonnes questions. « Le voyage a accéléré l’envie d’aller plus vite. En plus des contacts clients, j’ai établi des ponts avec des entreprises partenaires qui peuvent représenter un relais local pour nos solutions. Je joue toujours un rôle d’évangélisation pour que, le moment venu, on dispose des bons contacts », affirme Francis Melemedjian, vice-président des ventes et de la stratégie de NTX Research, qui souhaite s’installer dans la Silicon Valley d’ici un an ou deux.

De son côté, Hadrien Gremillet, le cofondateur d’Appoke, est partagé. L’aventure lui semble encore risquée étant donné les budgets d’implantation très élevés. Mais il estime toutefois qu’une migration dans la Silicon Valley pourrait s’avérer très pertinente en raison de la proximité avec l’écosystème high-tech, précieuse au démarrage. Il retient aussi le principe du « bouton marche-arrêt », évoqué par l’un des intervenants du French Tech Tour. « Dès qu’on prend l’avion et qu’on quitte San Francisco, tout s’arrête et il est très difficile de conserver le contact avec des personnes qu’on a rencontrées ou des partenaires potentiels. Il faut donc se fixer une ligne de conduite pour essayer de maintenir une relation minimale, et venir souvent », complète-t-il

Des coûts d’implantation élevés

Toutefois, pour de nombreux participants, le principal frein reste le coût. Avant de partir, Matthieu Hug, le président de Runmyprocess, espérait que le French Tech Tour serait un « premier pas vers une implantation au sein du marché nord-américain ». Après l’événement, l’idée fait son chemin, mais il reste quelques réticences à lever.  « Les leaders sont là-bas, l’environnement y est plus ” accueillant ” pour les start up innovantes et le marché y est plus dynamique. C’est donc probablement l’endroit où il faut être pour se développer significativement. Mais c’est un énorme pari car l’environnement y est évidemment très concurrentiel. Développer une activité aux Etats-Unis représente un investissement financier et personnel important… » Même son de cloche chez Alexi Agahi, président de Gingersquid et gagnant du French  Tech Tour. « Même si notre démarrage se fait sur Paris, il faudra revenir dans la Silicon Valley à un moment donné. San Francisco et Los Angeles sont les villes où il y a le plus d’acteurs dans le domaine du jeu vidéo en ligne. J’ai aussi pu me rendre compte que les incubateurs sont prêts à investir à condition que je me déplace ! Mais l’investissement financier pour venir dans la Silicon Valley est tel que si je viens, je viens pour de bon ! La question du visa reste aussi une barrière importante… »

Enfin, le problème des ressources rares et des tensions qui existent sur le marché de l’emploi pour recruter certains profils d’informaticiens freinent les ardeurs de certains participants. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs profité du voyage pour commencer à établir des contacts en parallèle avec des candidats potentiels…

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