L’IA n’est plus une innovation possible parmi d’autres, mais une réalité qui a dépassé le stade expérimental, la preuve par les exemples.

L’intelligence artificielle remonte aux années 90, rappelle Stéphane Roder, CEO d’AI Builders en ouverture de la conférence « Au-delà des idées, l’IA en pratique ». L’IA est pourtant révolutionnaire, par sa capacité à augmenter la performance par la donnée, à devenir une nouvelle révolution dans l’informatique en entreprise. L’IA en entreprise c‘est quoi ? « Tout simplement, une couche de performance et d’automatisation supplémentaire dans tous les process de l’entreprise ». Un exemple, celui d’une voiture accidentée. Avec du computer vision, elle est photographiée sous tous les angles, les points à réparer sont identifiés, le diagnostic et le remboursement en découlent automatiquement en quelques minutes. Donc, à partir de l’IA et du computer vision on met plusieurs algorithmes bout à bout, les informations transitent par des pipelines d’information, qui complètent les process de l’entreprise. C’est toute la valeur de l’IA en entreprise.

Stéphane Roder, CEO d’AI Builders

Les 4 projets de la RATP

 Plusieurs témoignages ont confirmé ce sentiment. Celui de Yohan Amsterdamer, responsable du programme IA de la RATP. Pour le groupe, l’IA s’appuie sur un ensemble de disciplines mathématiques variées dont une partie a déjà été industrialisée depuis plusieurs décennies. Le métro automatique s’avère être l’un des exemples les plus marquants. Par exemple, la ligne 14 du métro parisien accueille plus de 550 000 voyages par jour et le ligne 1 plus de 750 000, soit + de 50% en 20 ans. Ce programme, qui a été entamé il y a deux ans a fait émerger quatre axes d’exploration : l’exploitation, l maintenance, l’expérience client et la sûreté. Dès la deuxième année, quatre projets structurants sont en cours et sont sur le point de délivrer leurs premiers résultats concrets.

 

 Le secteur public

 Un acteur de la conformité en entreprise comme BureauVeritas se sert de l’IA pour collecter des données de manière sûre, éthique et efficace et les confronter aux normes. Un outil d’aide à la décision pour les contrôles qualité dans le monde industriel ou de gestion des risques par exemple dans la pharmacie pour contrôler des échantillons. Beaucoup d’aide à la décision également dans le secteur public. L’institut national de l’informatique géographique et forestière travaille sur les annotations manuelles placées sur les photos aériennes des paysages français. La Poste, elle, se concentre sur les rapports entre les datascientists et les postiers du terrain pour s’assurer et partager une exacte et univoque compréhension des besoins, « je suis une interprète entre deux mondes », glisse Amandine Prou, responsable business transformation au pôle Data et IA chez La Poste.

                                          Amandine Prou, responsable business transformation au pôle Data et IA chez La Poste

 

La preuve que l’IA en entreprise, à différents stades de maturité, permet effectivement de franchir de nouvelles étapes dans la transformation et dans l’évolution des technologies. Et s’il manque une brique, les start-ups ne manquent pas. Comme Buildrz.io où l’IA permet de scruter le foncier disponible sur une ville, par un mélange de CRM et de cartographie. Les emplacements de possibles constructions sont identifiés, celles-ci sont ensuite dessinées par le logiciel avec différentes options. Quant à Anamnese, elle sélectionne tout ce qu’un médecin doit savoir sur tel ou tel cas et facilite le parcours client.