Frédéric Pierresteguy
Directeur général France et Europe du Sud, Landesk

La vitesse d’adoption du BYOD est aisément comparable à un phénomène que les entreprises avaient à gérer il y a quelques années : voiture de fonction ou allocation de voiture ?
Toutes celles et ceux qui sont sur le marché du travail depuis un certain temps ont certainement connu les glorieuses années où, en tant que commercial, l’on choisissait son employeur pour le salaire et les avantages offerts plutôt que pour le poste lui-même, ou la qualité des produits ou de la technologie de l’entreprise en question.
À l’époque, l’un des principaux avantages offert au nouvel arrivant était la voiture de fonction. La question était : « Est-ce qu’on va m’en fournir une ou pas ? » On ne s’inquiétait pas du type de voiture, mais du fait d’en avoir une ou pas. Une fois que vous aviez votre voiture, la question suivante était la flexibilité de l’entreprise pour l’utilisation du véhicule : est-ce que vous pourriez utiliser la voiture de fonction pour votre usage personnel, le week-end par exemple ? À une époque, seul l’usage pendant les heures de bureau était autorisé. En bref, vous alliez au bureau le lundi, vous utilisiez la voiture pour votre activité professionnelle et vous la laissiez au bureau le vendredi pour rentrer chez vous par vos propres moyens. Par la suite, les entreprises ont commencé à comprendre qu’autoriser les collaborateurs à utiliser leur voiture de fonction pour leur propre usage constituait un vrai avantage pour l’entreprise. Cela attirait davantage de candidats par rapport à la concurrence. L’avantage pour l’employé étant bien entendu de s’alléger de la gestion de deux véhicules.
Un premier pas en avant a été fait : en tant qu’entreprise, je fournis à mes collaborateurs un bien d’entreprise tout en autorisant l’utilisation de ce bien pour un usage personnel, pendant la semaine ou hors des horaires de bureau.

DE L’ALLOCATION AU CHOIX PILOTÉ

Ensuite, est venue l’avancée logique. Comme tous les collaborateurs de l’entreprise n’ont pas nécessairement le même poste, vous ne pouvez pas leur fournir à tous le même bien. Les collaborateurs ont alors pu choisir parmi différents véhicules, généralement d’après leur profil. Pour un même profil, plusieurs véhicules étaient également proposés. À cette époque, on utilisait les véhicules en mode CYOC (Choose Your Own Car). C’était vraiment intéressant, car on était réellement libre d’utiliser la voiture pour ses activités professionnelles comme pour ses activités personnelles. Toutefois, le système avait ses limites. Que faire si le véhicule proposé dans la liste ne répond pas à mes besoins ? Parfois, je pouvais passer à un meilleur véhicule, mais en payant de ma propre poche le coût supplémentaire. Et le jour où je quittais l’entreprise, le prix payé pour passer à un véhicule de catégorie supérieure était perdu, puisque je ne pouvais pas prendre la voiture avec moi et qu’elle restait dans l’entreprise. Quelle frustration !
Le CYOC était une avancée logique intéressante et, malgré une certaine frustration, les collaborateurs y étaient très favorables. C’était mieux que rien, n’est-ce pas ? Cependant, pour les entreprises, c’était vraiment un casse-tête et un centre de coûts sans aucune chance de dégager des profits. L’entreprise devait investir dans le véhicule et devait l’amortir sur une certaine durée ; lorsque le collaborateur quittait l’entreprise, le véhicule restait inutilisé, voire inutilisable par une autre personne. Les candidats potentiels à l’embauche risquaient de refuser une offre à cause de la voiture. Oui, à l’époque, c’était un élément clé dans le choix d’un futur employeur !

LA LIBERTÉ DE CHOIX

Aujourd’hui, toutes les entreprises intelligentes sont passées à l’étape finale : le BYOC (Bring Your Own Car) ! Pour que les collaborateurs soient contents et utilisent les meilleures technologies, demandez- leur de venir avec leur propre véhicule et attribuez-leur une allocation voiture pour qu’ils utilisent ce véhicule pour leur activité professionnelle. En procédant ainsi, vos collaborateurs sont toujours dans une meilleure situation que la concurrence, parce qu’ils conduisent le véhicule qu’ils ont choisi. Adieu frustration. De plus, ils reçoivent une indemnité de l’entreprise pour conduire leur propre voiture, même le week-end. Tout le monde est content et gagne de l’argent !
Le BYOD, c’est le même principe, mais avec les smartphones et les tablettes. Si vous voulez que votre entreprise utilise les meilleures technologies, demandez à vos utilisateurs d’apporter leurs propres périphériques, tout en vous assurant que cela ne menace pas la sécurité des données d’entreprise. Il est fortement recommandé de mettre cela en place sans frustrer l’utilisateur et en lui garantissant la meilleure expérience. La façon la plus appropriée de procéder est de s’assurer qu’aucune donnée d’entreprise ne réside sur le périphérique, si bien que la création de conteneurs n’est pas une solution adaptée ; en effet, cela dégrade l’expérience de l’utilisateur. Par exemple, pour la messagerie, l’utilisateur serait contraint d’utiliser deux applications : l’application native pour les e-mails personnels et une autre pour les e-mails professionnels. Avec iOS8, Apple a fortement amélioré les fonctionnalités de son application native e-mail, qui en fait un outil de communication incontournable. L’utilisateur devrait utiliser deux applications différentes pour la même opération ? Pas très pratique, n’est-ce pas ? La solution idéale consiste à utiliser une passerelle, où toutes les données d’entreprise sont gérées hors du périphérique BYOD. Le système diffuse alors ces données en continu vers le périphérique, sans rien stocker sur le périphérique proprement dit. En procédant ainsi, les entreprises assurent la sécurité des données à tout moment, sans perturber l’expérience de l’utilisateur final. Et financièrement, tout le monde est gagnant !