Compacte, économique et polyvalente, la petite machine de Raspberry Pi Foundation n’est pas uniquement destinée aux hobbyistes. Bien des entreprises en ont trouvé de multiples usages.

Le Raspberry Pi est un ordinateur minuscule à très bas prix qui a très vite séduit les « makers », ces fans de bidouillage de tous âges parfois nostalgiques des années 80, qui l’utilisent pour contrôler toutes sortes d’inventions, découvrir la programmation, succomber à la mode du « Do It Yourself », etc.
Mais limité le Raspberry Pi à un appareil uniquement de loisirs serait une erreur. Nombre de laboratoires de recherches, d’universités et d’entreprises ont également adopté l’appareil pour élaborer et prototypes leurs propres projets IoT (Internet of Things) et IIoT (Industrial IoT). La plateforme s’y prête. C’est sans aucun doute l’un des dispositifs informatiques les plus polyvalents et les plus économiques du marché. Conséquence, on le retrouve dans toutes sortes d’appliances plus ou moins faites « à la main » : des micro-serveurs Google Print ou SNMP, des appliances de surveillance de réseau, des systèmes de contrôle du trafic routier, des systèmes multimédias embarqués, etc. Un récent article du Forbes dévoilait d’autres usages professionnels du module et comment Sony l’utilise pour surveiller les équipements de ses usines. Une visite sur les forums de la fondation Raspberry Pi donne un aperçu plus complet de la variété des usages en entreprise de la plateforme.
Nier les usages « entreprises » du petit module informatique peut d’ailleurs conduire à la catastrophe. Car son accessibilité n’est pas sans rappeler celle des services SaaS (Software as a Service) et conduit éventuellement à une adoption sans en informer l’IT dans la pure mouvance du Shadow IT. Pour l’anecdote, on a appris la semaine dernière que le réseau du Jet Propulsion Laboratory de la NASA avait été piraté par le biais d’un Raspberry Pi qui n’était nullement censé être connecté au réseau.

Même s’il existe un système d’exploitation officiel, le Raspbian (déclinaison de Debian 10 Buster), le Raspberry Pi fonctionne sous une vaste déclinaison d’OS, majoritairement des Linux mais aussi Windows IoT. Et leurs failles peuvent bien évidemment être exploitées pour attaquer l’entreprise comme pour tout « endpoint » connecté au réseau.

La fondation vient d’annoncer la quatrième génération de son micro-PC qui démarre une nouvelle fois à 35$ pièce. La petite carte mère diffère sensiblement de son prédécesseur. Elle est animée par un SoC Broadcom« BCM2711 » intégrant un CPU quadri-cœur ARM Cortex-A72 à 1,5 GHz et un GPU intégré VideoCore VI. Pour rappel, le Pi 3 était animé par un simple ARM Cortex-A53 à 1,2 GHz trois fois moins performant que le nouveau SoC du Pi 4.
On y trouve également tout ce qu’il faut pour une connectivité complète avec le support du Wi-Fi AC, le Bluetooth 5.0, deux ports micro-HDMI (supportant des affichages 4K), un port Ethernet gigabit, 2 ports USB 3.0 et 2 ports USB 2.0.
Selon les versions, l’appareil embarque 1 Go, 2 Go ou 4 Go de RAM. Elle s’alimente par un port USB-C (comme un smartphone).