Fortement consommatrice de ressources, l’IT a une empreinte environnementale non négligeable. Pour y remédier, le courant Low Tech prend le contre-pied de la course en avant technologique en prônant des usages plus responsables.

Sobriété, frugalité, durabilité… bienvenus dans l’âge des « basses technologies » ou Low Tech ! Véritable courant qui prône l’innovation frugale, la Low Tech se définit par des techniques qui se veulent simples, accessibles et durables et qui sont développées à échelle locale pour répondre à des problématiques vitales, économiques ou environnementales. Objectif : avoir le moins possible d’impact sur l’environnement.

Appliqué à l’IT, le courant se traduit par des démarches d’écoconception, de réémploi matériel ou encore de de sobriété logicielle. « En technicolor ou en noir et blanc, en morse ou en JSON, peu importe la techno tant que nous sommes capables de stocker et diffuser des informations vitales pour la survie de notre espèce. Exit le superflu, le gras informationnel et numérique, les fake news, etc. », revendique Frédéric Bordage, fondateur de GreenIT.fr.

D’autant que cette sobriété IT ne serait pas l’ennemi de la performance comme le rappelle Thomas Cubel, consultant SEO à notre confère Plume Interactive : « Penser les sites web de manière évolutive, bien les développer, utiliser des systèmes qui vont rendre le plus léger possible le code, les images, les vidéos, les ressources, les applications… est essentiel, et pourrait déjà permettre de réduire de manière drastique notre demande énergétique si tout projet était fait de la sorte ».

Au-delà de la réduction de l’empreinte environnementale numérique, cette approche Low Tech se traduit aussi par une meilleure attractivité de l’entreprise, avec une communication qui valorise un nouveau modèle économique où croissance et développement durable ne sont plus antinomiques.

Appliqué à l’IOT par Atelier Z, un FabLab rural du Finistère, le courant donne aussi naissance des objets simples et réparables, élaborés au sein d’une communauté pilotée par le Low Tech Lab de Concarneau qui repère, test et organise le partage les connaissances autour des outils « low tech ». Et, au-delà des valeurs philosophiques ou philanthropiques, la Low tech pourrait être un levier d’optimisation de la performance économique selon Frédéric Bordage en contribuant à « une augmentation significative de la marge de l’entreprise via la réduction de la dette applicative, et moins d’exclusion tant en terme d’accessibilité que de fracture numérique, donc… plus de clients potentiels ».