De retour en mode présentiel, la convention 2021 de l’USF s’est déroulée sous les meilleurs auspices, dans un climat relationnel apaisé, même si de nombre points restent toujours sensibles et non résolus, de l’IoT au portage des licences en passant par les audits…

En octobre, quelque 1 410 participants, utilisateurs et plus largement tout l’écosystème, ont pris part aux 70 ateliers-retours d’expérience, aux plénières et présentations de solutions SAP. Cette année, le sujet phare portait sur l’hybridation du SI.

L’ambiance était bonne. Outre le sentiment de sortie de crise attesté par le nombre de visiteurs, « nous avons eu la même fréquentation qu’en 2017, s’est réjoui Gianmaria Perancin, président de l’USF. La nouvelle organisation mise en place par SAP, en France et au niveau du groupe, ouvre une ère de dialogue constructive. Il est aujourd’hui plus facile d’échanger avec SAP ». Pour les adhérents de l’USF, les grands axes de travail à venir sont clairs : « Le cloud, oui ! Mais à quel prix ? » ; « Les nouvelles solutions SAP, oui ! Mais pour quelles valeurs ? » ; « L’hybridation, oui ! Mais avec quelles compétences ? ».
Pour le président de l’USF, « ce serait bien de disposer plus souvent d’une licence de type “entreprise” ».

RESTE À TRANSFORMER L’ESSAI…

Si les relations, tendues depuis quelques années notamment à cause des audits, sont (re)parties du bon pied, il reste à transformer l’essai. Les pierres d’achoppement sont, pour la plupart, toujours bien présentes. Pour assurer que les compétences seront au rendez-vous, SAP a annoncé un plan de recrutement de 3  000 experts sur les trois années à venir. Si l’éditeur assurera la formation, « ce sont tout de même les partenaires qui embaucheront », a souligné Gianmaria Perancin.

Autre point très sensible, la question de l’IoT reste toujours en suspens. Si l’on souscrit un contrat Digital Access, qui prévoit un paiement à la consommation, seuls les documents externes, en d’autres mots non issus de solutions SAP, sont payants.
SAP précise contractuellement à ce jour dix types de documents. « Que se passera-t-il si l’éditeur ajoute une 11e définition demain ? Plus globalement, combien coûte un passage sous Digital Access ? », questionne Gianmaria Perancin, qui milite également pour une tarification par utilisateur ou par document ‒ mais pas les deux conjointement.

La prise en compte des licences perpétuelles on-premise lors du passage sur le cloud pose aussi question. Si l’éditeur convertit leur maintenance en souscription, il refuse de prendre en compte leur valeur au-delà de la période d’amortissement classique de cinq ans, « alors qu’elles ont encore une valeur certaine pour les entreprises clientes », atteste Gianmaria Perancin.

Dernier grand point sensible, les audits posent toujours question. Si l’éditeur a, comme promis, séparé ces activités des équipes commerciales, ces dernières restent dans la boucle. Au final, « Pourquoi faire des audits ? Peut-on imaginer dans un futur proche un modèle de licensing qui ne nécessite plus d’audits, consommateurs de temps et de ressources ? Je commence à me dire que oui, cela doit être possible», conclut Gianmaria Perancin.

Les grandes manœuvres sont lancées et, peut-être encore plus que par le passé, la pression des utilisateurs (en témoigne la proximité accrue entre l’USF et le Cigref) pourrait amener l’éditeur à proposer des offres plus adaptées à la demande sur le plan commercial. Le prolongation du support sur ECC 6.0 en est une illustration parlante