Si la mobilité est le levier technologique et économique de ces dernières années, les fabricants européens n’en ont guère profité. En passant sous le pavillon de Redmond, l’Europe perd son dernier porte-drapeau dans la téléphonie cellulaire.

Siemens, Alcatel, Sagem, Philips, Ericsson et maintenant Nokia. L’Europe, qui a bâti l’industrie de la téléphonie mobile dans les années 90 et 2000 n’est même plus un figurant de ce marché. Avec le rachat du Finlandais Nokia par l’Américain Microsoft, c’est le dernier pan de cette industrie en Europe qui s’effondre dans un paradoxe fatal sur le continent ou est né le GSM.

Avec l’émergence des smartphones en 2007, le numéro un historique du marché des téléphones portables s’est rapidement fait distancer sur les nouveaux secteurs. Pour le second trimestre 2013, Gartner notait que Samsung est loin devant avec 107 millions de terminaux vendus. Nokia occupe la seconde place avec 60 millions d’unités vendues. Mais, si l’on regarde les ventes mondiales de smartphones (225 millions au 2e trimestre 2013), un marché sur lequel Nokia est présent avec les Lumia (Windows Phone), la part du suédois est inférieure à 4%.

Alors même que la mobilité et tout ce qui s’y rapporte sont en progression en Asie et aux États-Unis, l’actualité montre que les acteurs européens n’ont pas su tirer leur épingle du jeu. Il n’est pas question de malchance. Il s’agit plutôt d’un manque de vision. Les fabricants n’ont pas réussi à s’imposer dans le monde des OS et sont devenus de simples vendeurs de périphériques mobiles liés aux nouveaux leaders du marché que sont Google et Apple.

En passant sous le pavillon de Microsoft, le dernier européen jette l’éponge. La seule différence est que le Finlandais conserve un potentiel contrairement à ceux qui sont tombés avant lui. L’entreprise a prouvé qu’avec un OS puissant et la force marketing de son allié, en l’occurrence Microsoft, ces modèles ont réussi à faire une percée qui permet au géant de Redmond de revenir sur le devant de la scène face à Google et Apple. Rappelons que face à ces deux géants, le Lumia 920 a été reconnu comme le plus innovant de l’année 2013 face à l’iPhone 5 et au Galaxy S4.

Ce succès n’aura pas été suffisant pour redonner au groupe finlandais un espoir de reprise. Comme Microsoft, il ne peut lutter seul face aux puissantes stratégies d’Apple et Google. Cette nouvelle alliance peut néanmoins redistribuer les cartes. En effet, à la différence des autres européens rachetés ces dernières années, la stratégie de Microsoft ne vise pas à éliminer un concurrent, mais à s’allier plus fortement à un partenaire. Ce duo peut faire penser à l’alliance qui unit Samsung et Google avec l’avantage de ne pas en voir un concurrencer l’autre comme Samsung semble vouloir le faire.

Retrouvez notre dossier complet sur le rachat de Nokia par Microsoft.