Un plan de reprise d’activité (PRA) est à la fois une opération très sensible et qui demande une grande réactivité. Le basculer dans le cloud ? Les DSI sont partagés…

La nouvelle formule du magazine 01 Business introduit un nouveau rendez-vous : « La polémique des DSI ». La rédaction recueille ainsi l’opinion des membres du Club 01 DSI sur des questions liées aux grandes tendances du marché informatique. Les deux DSI ayant livré les avis les plus argumentés seront publiés dans le magazine. Mais pour ne rien perdre de la richesse des propos récoltés, les meilleures réponses à nos questions feront l’objet d’un article diffusé sur 01business.com.

Pour cette première polémique, la rédaction a soumis la question suivante aux DSI : « Seriez-vous prêt à basculer votre plan de secours informatique dans le cloud ? » Un plan de reprise d’activité (PRA) est à la fois une opération très sensible et qui demande une grande réactivité. Alors forcément les avis sont partagés…

– Didier Pawlak, DSI, Quintess (photo).
Un plan de reprise d’activité (PRA) en mode cloud peut constituer une excellente alternative pour la rapidité de mise en œuvre et pour limiter les investissements. L’infrastructure et les logiciels sont déjà opérationnels chez l’hébergeur. Les gains financiers sont immédiats. De plus, au fil du temps, vous pouvez optimiser ce PRA et ainsi réduire les coûts. Mais attention, toutes les applications ne sont pas susceptibles de bénéficier d’un PRA en mode hébergé ! Les applications critiques, elles, devront  bénéficier d’un PRA plus solide et plus sécurisé. Pour ce type d’application, mieux vaut demander au fournisseur de service de leur allouer un espace dédié, plutôt que de les mutualiser avec celles d’autres clients. La virtualisation d’un maximum de serveurs est un facteur de succès pour un tel plan dans le cloud. Autre point à surveiller, la bande passante nécessaire pour des conditions ohttps://bo.01net.com/index.php?p=articleFiche&option=modifier&id=589617&rs=11&preview=1#onglet-redactionptimales de réplication. Cela, sans omettre de redonder la ligne d’accès au datacenter de l’hébergeur. Globalement, je suis très ouvert au mode hébergé. Et avant de lancer un nouveau projet, j’évalue systématiquement l’option du cloud.

– François Charpe, Group CIO, Altran.
Oui, nous étudions ce type d’approche depuis plus d’un an. En effet, en termes de mise en œuvre, c’est une des solutions qui semble offrir le meilleur rapport coût/efficacité. L’avantage serait de nous éviter d’investir lourdement en vue de dédoubler physiquement notre datacenter actuel.

– Jamel Chaabane, DSI, Institut national du cancer.
C’est une solution que nous envisageons avec d’autant plus d’intérêt que nous n’avons pas de PRA et qu’il est donc a priori plus facile d’y avoir recours sans s’inquiéter d’une migration de l’existant. […]

– Laurent Bérenguier, DSI, université d’Auvergne.
Multiplier les coûts pour acquérir des infrastructures dormantes est peu raisonnable, quelle meilleure solution pour réaliser des économies que de recourir à la mutualisation ?

– Laurent Chauvet, DSI, Korus.
Oui, et le plus vite sera le mieux. Nous allons brancher notre site principal sur la fibre optique. Aussi, nous pouvons maintenant voir l’avenir différemment, avec non seulement un PRA dans le cloud, mais aussi le déport d’applications dans le cloud. […]

– Guillaume Ors, directeur informatique et nouvelles technologies, ville de Clichy-la-Garenne (photo).
En aucune manière ! Un PRA est extrêmement sensible et nécessite une attention particulière. Au vu de la complexité de notre infrastructure, un PRA externalisé pourrait nous être préjudiciable en termes de délai de rétablissement de nos systèmes en cas de sinistre. Et cela, puisqu’il nous serait impossible de reconnecter un équipement matériel qui n’aurait subi aucun dommage et qui renfermerait pourtant des données plus à jour que celle du PRA. De surcroît, un certain nombre de nos applicatifs, comme l’état-civil, seraient impossibles à externaliser. Ils ne fonctionnent pas en mode Saas et nécessitent une bonne bande passante, rendant ainsi inadéquate l’utilisation d’un client zéro sur serveur externalisé. Pour finir, la maîtrise des moyens humains est l’une des clés d’un plan de reprise d’activité et de sa réversibilité. Aussi, nous préférons le garder en interne afin d’intervenir physiquement sur l’infrastructure à toute heure du jour comme de la nuit, s’il le faut. Certes, cette internalisation coûte plus cher, mais payer ce prix, c’est l’assurance d’une bonne qualité de service de notre PRA.

– Yann Jouveneaux, DSI, Sakata EMEA.
Absolument pas. Un PRA doit être considéré comme une situation d’urgence. Il nécessite que l’environnement de repli soit totalement maîtrisé, et je ne suis pas sûr du tout que ce soit, à ce jour, ce qui caractérise le cloud. […]

– Hélène Sol, DSI, centre hospitalier d’Avignon.
Non. Nous disposons d’un cloud privé et avons mis en place un plan dans deux salles serveurs géographiquement séparées. Nous n’avons aucun avantage à migrer ses données dans un cloud public. Au niveau financier, les coûts sont aujourd’hui nettement plus élevés. De plus, en termes de sécurité, les données de santé subissent une réglementation très stricte.

– Denis Ktorza, DSI, ACIP.
Le PRA dans le cloud est une idée séduisante, mais les outils et les prestataires ne représentent pas encore une offre assez mature pour encourager les entreprises à franchir le pas. […]

– Hubert Tournier, adjoint Dosi, Groupement des Mousquetaires.
Non, et ce n’est pas possible techniquement. Nos serveurs les plus critiques ne sont pas des PC sous Windows ou Linux, mais des grands systèmes IBM ou des moyens systèmes Unix. C’est-à-dire des ressources que l’on peut trouver en infogérance, mais pas dans le cloud.