La pandémie a remis en avant plan la supervision des infrastructures IT, notamment en matière de gestion à distance. Une nouvelle étude fait le point sur la pression subie par les DSI et les administrateurs IT depuis plus d’un an.

Pandémie oblige, les entreprises ont considérablement accéléré leur transformation numérique pour instaurer plus de télétravail, proposer de nouveaux services aux clients et supporter la charge d’un monde qui s’est virtualisé à défaut de pouvoir vivre normalement dans l’univers physique. Selon l’étude « Les agents de transformation en 2021 : La montée en puissance de l’observabilité full-stack » réalisée par AppDynamics, le rythme de mise en œuvre des projets aurait été accéléré par trois en 2020. Menés tambour battant, ces projets ont engendré une nouvelle complexité, notamment dans le domaine de la supervision, et fait subir une pression aux décideurs IT qu’ils ont aujourd’hui du mal à gérer selon l’étude réalisée entre décembre 2020 et janvier 2021.

Des décideurs IT épuisés

Selon l’étude, plus des 89% des décideurs IT ont en effet senti une pression énorme au travail et 84% d’entre eux avouent avoir eu du mal à s’arrêter, autrement dit à établir des frontières pour protéger leur vie personnelle.
Résultat, 81% se disent frustrés et les conflits n’ont pas tardé à augmenter selon 63% des 1050 professionnels IT interrogés dans le cadre de cette étude menée dans 11 pays (Allemagne, Australie, Canada, Émirats Arabes Unis, États-Unis, France, Inde, Japon, Royaume-Uni, Russie et Singapour).

Trop de projets menés dans l’urgence

Pas étonnant dès lors de constater que 75 % des décideurs IT au niveau mondial déclarent que la pandémie a créé une complexité informatique sans précédent.

Parmi les facteurs qui ont engendré ce stress, les décideurs IT citent en tout premier lieu l’évolution des priorités (80%), suivie par une hybridation galopante des technologies cloud et internes (78%) et 77% d’entre eux estiment aussi que l’accélération de la migration vers le cloud enregistrée en 2020 a contribué aux difficultés qu’ils rencontrent actuellement.

Dans un SI qui bouge vite avec une multiplication des technologies, l’absence de solution unifiée pour superviser les performances IT constitue également un facteur supplémentaire de complexité pour 74% des décideurs IT. Or, le rythme soutenu des projets va perdurer en 2021 et une grande majorité d’entre eux s’inquiète désormais de leur capacité à non seulement superviser les performances de l’IT mais, et surtout, à les mettre en relation avec les enjeux métier.

Des outils de supervision trop déconnectés

En pratique, cette problématique de la supervision soulevée par l’étude n’est pas foncièrement nouvelle. La transformation numérique a engendré de nouveaux besoins : au-delà de la supervision du réseau, de la sécurité ou encore de l’infrastructure, les DSI ont désormais besoin de pouvoir superviser la performance du point de vue de l’utilisateur, collaborateur ou un client. Dans cette perspective, on a vu apparaitre des solutions de Digital Experience Monitoring (DEM) – ou monitoring de la performance – qui permettent de superviser les systèmes IT à partir de scénarios d’usage.

Parallèlement, l’hybridation et la multiplication des technologies dans un système étendu signent aussi la fin des systèmes de supervision hétéroclites qui cohabitaient sans aucune coordination. Les décideurs IT ont besoin d’une donnée rationalisée, uniformisée et centralisée avec des indicateurs accessibles, compréhensibles et adaptés à la mesure de la performance métier.

Au vu des résultats de l’étude, force est de constater que cette nouvelle approche de la supervision n’est pas encore effective en entreprise. Noyés par des volumes de données remontés par les différents outils, 75% des décideurs ont du mal à faire les rapprochements pour identifier les causes profondes d’un problème. Plus des deux tiers (85%) estiment que la réduction du « bruit » constituera un des grands défis de l’année 2021.
Parallèlement, une écrasante majorité (92%) déclare que pour atteindre les objectifs d’innovation qu’ils se sont fixés, ils devront être en mesure de faire la corrélation entre performance IT et performance métier.

Prioriser la supervision en fonction des enjeux métier

Dès lors, on comprend aisément le changement de paradigme auquel ces mêmes décideurs IT se préparent. « Plutôt que de chercher dans de vastes quantités d’informations de monitoring comme dans les approches standard d’observabilité, les décideurs IT reconnaissent qu’ils doivent se focaliser sur ce qui impacte le plus en priorisant sur les dimensions utilisateurs et métier. Ce contexte métier leur permettra de prioriser leurs actions », stipule l’étude. Certes, mais plus de la moitié des décideurs (66%) ne disposent pas des ressources pour le faire et 96% signalent au moins un obstacle que leur organisation doit franchir pour adopter cette nouvelle approche.

« L’observabilité de l’ensemble de la pile IT est la seule façon pour les décideurs IT de faire face à l’expansion des technologies IT et à la complexité accrue générée par des cadences d’innovation aussi rapides. Mais en soi, ce n’est pas suffisant », souligne Linda Tong, vice-présidente et directrice générale chez Cisco AppDynamics. « Les décideurs IT ont reconnu que, sans contexte métier, ils se retrouveront rapidement noyés dans la complexité et le bruit des données. En tant que partie intégrante de Cisco, AppDynamics est particulièrement bien placé pour tirer parti de l’étendue de l’expertise de Cisco dans le domaine des réseaux, des infrastructures et de la sécurité, tout en fournissant le contexte métier pour lequel ils sont connus. La plate-forme Business Observability d’AppDynamics permettra aux décideurs IT de mieux définir les priorités et d’avoir le plus grand impact possible sur leurs activités ».


Source : Agents of Transformation 2021: The rise of full-stack observability