Les changements d’habitude de consommation des Français impactent la conduite des Business et par voie de conséquence les technologies numériques mises à disposition et donc d’une manière ou d’une autre les DSI. D’autant que la mutation digitale des achats continue de se poursuivre.

Selon la nouvelle enquête de l’Observatoire de la Tech menée par Odoxa et Oracle, la crise sanitaire a entraîné une rupture notable dans la consommation des Français. Les réflexions que celle-ci impose à tous sur le « bien-être » et le « bien-vivre » ont engendré des prises de conscience sur le rôle du travail, sur l’habitat mais aussi sur les produits consommés. Ces derniers veulent se montrer désormais plus engagés et plus sélectifs sur les produits qu’ils achètent. « La volonté de « déconsommation » ou de rupture avec le consumérisme que l’on retrouve aujourd’hui dans de nombreuses études d’opinion est donc forte dans la population nationale. Et le souhait de veiller à ce que nos modes de vie soient compatibles avec les ressources de la planète se retrouve dans de multiples nouvelles tendances actuelles de la consommation des Français : acheter via des réseaux de seconde main, manger moins de viande, réduire le chauffage de son logement, n’utiliser l’avion que lorsque c’est indispensable, privilégier le vrac… » analyse Erwan Lestrohan, directeur d’études d’Odoxa.

Ainsi, selon l’étude 57% ont décidé de consommer moins mais mieux et 49% achètent plus de produits responsables

Acheter des produits éthiques et respectueux de l’environnement est devenu une préoccupation d’une majorité de Français. Les « ambassadeurs » de ces achats plus responsables dans la population sont aujourd’hui les 25-34 ans qui sont 57% à acheter plus de produits éthiques et respectueux de l’environnement (8 points de plus que la moyenne nationale) ou encore les cadres (54%), les retraités (52%) et les femmes (52%). Aujourd’hui, deux-tiers des Français (65%) seraient prêts à payer un produit plus cher s’ils ont la garantie qu’il est produit éthiquement et dans le respect de l’environnement.

Cette transformation des aspirations des consommateurs doit aussi interpeler les DSI. Car ce réalignement de la consommation se fait parallèlement à une mutation toujours plus marquée de leurs canaux d’achats : 40% des Français interrogés déclarent faire plus d’achats en ligne depuis le début de la crise sanitaire. C’est logique : le numérique limite les interactions sociales et les déplacements et s’aligne donc sur les recommandations sanitaires.

On notera au passage que la réparabilité des produits est de loin le premier critère mis en avant par les consommateurs très loin devant l’origine et les labels de certification. Seuls 25% des français semblent sensibiliser aux effets climatiques et environnementaux de la production des produits alors que, notamment sur le numérique, c’est probablement là qu’il faut agir pour avoir le plus d’impact sur l’urgence climatique.

Première conséquence, les Français se montrent de plus en plus exigeants en matière d’expériences clients.

Deuxième conséquence, alignée sur une consommation plus responsable, les Français portent un regard plus critique sur les opérations promotionnelles comme le « Black Friday » ou le « Cyber Monday ». L’étude montre que ces journées les intéressent moins depuis le début de la crise sanitaire (53% des Français se disent moins attirés par ces journées) notamment parce qu’elles poussent à la surconsommation (pour 83% des Français) et ont un impact négatif sur l’environnement (pour 64% des Français). De fait, l’édition 2021 du « Black Friday » était en France en baisse de 9,5% par rapport à 2019 (année avant la pandémie) selon l’Alliance du Commerce.

C’est une nouvelle la question du pouvoir d’achat qui vient contrebalancer ces déclarations. 53% des Français interrogés reconnaissent que les journées comme le « Black Friday » permettent d’accéder à des promotions exceptionnelles (70% chez les moins de 35 ans) et qu’elles permettent d’améliorer leur pouvoir d’achat (pour 41% des Français en moyenne, avec 61% chez les 18-24 ans, 54% chez les 25-34 ans et 45% chez les membres de foyers à bas revenus).
Mais pour Erwan Lestrohann « dans le détail, les populations qui sont les plus favorables à payer plus cher des produits responsables sont aussi celles disposant potentiellement d’un pouvoir d’achat plus élevé, les cadres (78% contre 56% des ouvriers) et les membres de foyers à hauts revenus (75%) mais on trouve également plus de personnes favorables chez les 18-24 ans (72%) et les femmes (68% contre 62% chez les hommes), témoignant ici d’une conviction idéologique probablement moins dépendante du niveau de vie ».

« Pour répondre à ces bouleversements, les marques vont devoir travailler l’optimisation de toute leur chaîne de valeur afin d’en réduire l’impact carbone, mais devoir également offrir toujours plus de transparence à leurs consommateurs sur leurs modes de production, de livraison,… explique de son côté Christophe Négrier, Vice-President Technology Leader chez Oracle France. Et nous pouvons aller encore plus loin avec le développement et la démocratisation des technologies émergentes telles que l’Internet des objets, le Big Data et la Blockchain qui offrent des opportunités sans précédent pour modifier fondamentalement la manière dont les organisations, les entreprises impactent l’environnement dans le cadre de leurs activités. »