L’adoption de l’IA dans les entreprises s’accélère encore, portée par la pandémie comme le dévoile une nouvelle étude conduite par Morning Consult pour IBM.

Certes, seulement 27% des entreprises européennes reconnaissent avoir effectivement déployé en production de l’IA sous une forme ou une autre. Mais elles sont 44% à indiquer explorer activement le potentiel de l’IA pour leurs activités. Au total, 71% des entreprises françaises s’interesseraient donc d’une manière ou d’une autre aux usages et aux atouts de l’intelligence artificielle.

Et la pandémie n’est pas sans effet dans cette recherche accrue des applications de l’IA sur le business. Si 36% des professionnels français de l’informatique déclarent que le COVID-19 n’a pas eu d’impact sur leur déploiement de l’IA, un autre tiers (30%) déclare au contraire que leur entreprise a accéléré le déploiement de l’IA en raison de la pandémie. Notamment en matière d’utilisation de l’IA pour le service client (29% des répondants) et sur la sécurité et la lutte contre les menaces (27%).

Et l’application de l’IA la plus en vogue n’est autre que le NLP, autrement dit le traitement du langage naturel que ce soit pour alimenter des chatbots, classifier des documents, analyser des enquêtes, réaliser des traductions automatiques ou analyser des flux et messages afin de déterminer les « sentiments » ou « tendances ». Ainsi, 36% des professionnels français de l’informatique déclarent que leur entreprise utilise actuellement des applications de traitement du langage naturel, et 24% indiquent que leur entreprise prévoit d’adopter l’utilisation d’applications de traitement du langage naturel dans les 12 prochains mois.

Les spécialistes ont longtemps considéré que le développement de ses propres IA avait un impact plus disruptif que l’exploitation d’IA prêtes à l’emploi. Néanmoins, cette perception tend à évoluer. Les bénéfices de l’IA sur les business sont de mieux en mieux perçus et certaines entreprises la considèrent désormais comme essentielle à leur transformation numérique sans pour autant chercher à en faire un avantage compétitif ou disruptif. Ainsi, 40% des entreprises qui déploient actuellement l’IA prévoient d’investir dans des applications d’IA prêtes à l’emploi.

Si la perception de l’IA évolue, les freins à son adoption de l’IA évoluent en revanche peu. Ce sont toujours les mêmes et quatre professionnels français de l’informatique sur dix (42%) déclarent que l’introduction de l’IA dans leur business est la plus grande difficulté à laquelle leurs entreprises sont confrontées dans leur parcours d’IA. Ce pourcentage grimpe même à 55% dans les entreprises qui déploient actuellement l’IA !

Le manque de qualification en interne reste un des grands freins à l’adoption de l’IA : 44% des professionnels de l’informatique français déclarent que leurs entreprises prévoient d’investir au cours des 12 prochains mois, dans la requalification et le développement de la main-d’œuvre pour l’adoption de l’IA.

Autre frein, celui de la confiance en l’IA. 56% des professionnels de l’informatique en France et 83% de ceux des entreprises qui déploient l’IA déclarent qu’il est essentiel ou très important pour leur entreprise de pouvoir compter sur le fait que les résultats de l’IA sont justes, sûrs et fiables. 82% des répondants français pensent que la capacité d’expliquer comment l’IA est parvenue à une décision est importante pour leur entreprise.

Enfin, l’absence de gouvernance des données est un autre frein important, la donnée étant le carburant qui fait fonctionner les moteurs IA. Ainsi bien que 73% des professionnels français de l’informatique déclarent qu’il est très ou assez important pour leur entreprise de pouvoir construire et exécuter leurs projets d’IA où que se trouvent les données, seulement un tiers (35%) d’entre eux déclarent que leur entreprise utilise une plateforme qui fournit une vue unique, unifiée et complète de toutes les données de leur organisation.

« Les entreprises européennes sont de plus en plus conscientes qu’introduire de l’IA et de l’automatisation dans leurs processus métier peut rendre leur organisation plus résiliente, ce qui stimule l’acceptation de l’IA. Cependant, les réserves en termes de confiance et de complexité potentielle de l’adoption restent des obstacles, explique Jean-Philippe Desbiolles, Vice-président Data, Cognitive & AI, IBM. « Il faut s’attaquer aux problèmes de confiance et surmonter les obstacles liés aux compétences, car toute hésitation risque de donner un avantage commercial à des concurrents qui ont déjà entamé leur parcours dans l’IA. »